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T OURISME

Hôtellerie Le luxe s’impose, le milieu de gamme sous pression

Le Maroc confirme son attractivité sur le segment du luxe et de l’ultra-luxe, devenu l’un des principaux moteurs de croissance de l’hôtellerie.

P

orté par l’arrivée de grandes chaînes inter- nationales, la montée en gamme de la desti- nation et l’évolution des

standards de consommation touristique, le secteur connaît une transformation rapide. Mais cette dynamique s’accom- pagne également d’une forte polarisation du marché et de nouveaux déséquilibres. De ce fait, le secteur connaît une recom- position profonde qui fragilise les modèles intermédiaires. Pour les groupes hôteliers internationaux, le Maroc reste un marché stratégique où cohabitent dif- férentes catégories d’offres, du 4 étoiles au luxe iconique. Chez Radisson Hôtel Group, le positionnement repose sur un portefeuille de marques adaptées aux différents segments du marché. «Sur le segment entrée de gamme du luxe, c’est Radisson Collection, avec des hôtels emblématiques et iconiques. Ensuite, Radisson Blue reste notre marque la plus forte, avec une présence mondiale très structurée, notamment à Casablanca et Marrakech, ainsi que d’autres pro- jets en développement» , explique Ramssay Rankoussen, Regional Chief Development Officer. Le groupe développe également des marques lifestyle et mid-scale, avec Radisson Red et Radisson Hôtel, ce der- nier étant appelé à jouer un rôle primor- dial dans l’expansion au Maroc. «La croissance la plus importante se fera sur le 4 étoiles Radisson Hôtel. C’est une marque très forte en développement, économiquement plus accessible et plus simple à structurer. C’est aujourd’hui notre principal levier d’expansion», pré- cise-t-il. Le groupe explore également de nouveaux formats, notamment l’appart- hôtel, encore peu développé au Maroc mais jugé prometteur. Le luxe, lui, reste concentré sur des destinations spéci- fiques.

accélérer la montée en gamme et structu- rer les standards, cette ouverture n’a de sens que si elle s’inscrit dans une logique de maîtrise locale de la valeur, avec des actifs détenus, financés ou opérés par des acteurs marocains, des emplois qualifiés créés sur place et une chaîne d’approvi- sionnement bénéficiant réellement à l’éco- nomie nationale. Le luxe et l’ultra- luxe performent fortement, le milieu de gamme est sous pression et l’entrée de gamme souffre de la concurrence d’Airbnb et des plateformes digitales », analyse-t-il. Le développement des locations de courte durée, notamment à Marrakech, accentue cette pression. Avec un taux d’occupation d’environ 48%, Airbnb attire une clientèle internationale et des MRE sensibles aux prix, tout en exerçant une pression sur les tarifs des établisse- ments traditionnels. La question de la régulation et de la struc- turation du secteur demeure au cœur du débat. La réponse réglementaire est en cours, mais tarde encore à se concrétiser. «En 2025, des arrêtés d’application de la loi 80-14 ont été publiés au Bulletin officiel, introduisant une harmonisation du classement étoilé pour tous les types d’hébergement, tels que les riads, les mai- sons d’hôtes et les appart-hôtels, alignés sur les standards internationaux. Mais seule une volonté politique forte permettra d’enclencher le changement, et l’échéance de la Coupe du monde 2030 pourrait jouer un rôle décisif» , conclut Tahiri.

«Sur certains projets balnéaires ou ico- niques, nous visons Radisson Collection ou Radisson Blue. Sur les zones écono- miques ou urbaines, nous nous position- nons davantage sur du 4 étoiles» , ajoute- t-il. Une montée en puissance du luxe tirée par les performances du marché Cette dynamique s’inscrit dans un contexte globalement favorable au seg- ment haut de gamme. L’hôtellerie de luxe affiche des performances en nette amélioration. Selon les données du secteur, les hôtels de luxe ont enregistré, en 2025, une hausse de 7 points de leur taux d’occu- pation, tandis que le Revpar (Revenu par chambre disponible) a progressé de 21%, atteignant 131 dollars contre 108 dollars un an auparavant. Cette croissance attire de plus en plus de groupes internationaux. Accor, Hilton, Marriott, BWH ou encore Pestana ren- forcent leur présence au Maroc, dans un pipeline africain en hausse de 12,2% en 2026 par rapport à 2025, avec 675 hôtels et plus de 120.000 chambres attendues. Pour autant, Said Tahiri estime que «si la présence des chaînes internationales peut

Le segment du luxe et de l’ultra-luxe affiche les meilleures performances du marché, tandis que le milieu de gamme fait face à des pressions croissantes.

Avec +21% de Revpar et +7 points de taux d’occupation en 2025, le luxe s’impose comme le principal moteur de croissance de l’hôtellerie marocaine.

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 72

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