T OURISME
Waldorf Astoria «Pour le groupe Hilton, le Maroc est bien plus qu’un marché d’entrée, c’est un territoire d’avenir»
L’ouverture du Waldorf Astoria Rabat-Salé, au cœur de la Tour Mohammed VI, s’inscrit dans une vision stratégique de long terme. Le groupe Hilton n’est pas venu tester le marché marocain, mais pour s’y installer durablement. Entretien avec Guy Bertaud, Directeur général de l’établissement.
classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les médinas, les musées tels que le Musée Mohammed VI d’art moderne, le mausolée Mohammed V, la Tour Hassan et la Kasbah des Oudayas font que Rabat est une capitale culturelle qui n’a rien à envier à d’autres des- tinations. Nous sommes convaincus qu’elle deviendra, dans les années à venir, une véri- table destination touristique de premier plan. F. N. H. : Pourquoi Hilton et la marque Waldorf Astoria ont choisi de s’implanter dans la Tour Mohammed VI ? Et qu’est-ce que cela dit du positionnement voulu pour cet hôtel ? G. B. : La Tour Mohammed VI n’est pas simple- ment une adresse premium, elle est le sym- bole architectural de l’ambition du Maroc à l’échelle mondiale. Conçue pour inscrire le Royaume dans la carte des grandes métro- poles du XXI ème siècle, elle représente un projet de vision royale que nous portons avec une profonde fierté. Être le premier hôtel ultra-luxe de Rabat-Salé au sein de cet édi- fice, c’est assumer une responsabilité, celle d’être à la hauteur d’un symbole national. Pour le groupe Hilton, le Maroc est bien plus qu’un marché d’entrée, c’est un territoire d’avenir. Nous avons d’ores et déjà 15 pro- jets signés dans le Royaume, à Casablanca, Tanger, Marrakech... Dans les cinq années à venir, le Royaume est une priorité absolue de développement pour l’ensemble de notre portefeuille de marques. Rabat-Salé en est la tête de pont stratégique. F. N. H. : Concrètement, comment une marque aussi établie mesure-t-elle le risque d’ouvrir dans un marché encore émergent sur le luxe ? G. B. : Nous ne considérons pas cela comme un risque, mais comme une opportunité historique. Le marché rbati est en pleine transformation : la demande pour une hôtel- lerie de standing international existe, elle est même croissante, mais l’offre n’était tout simplement pas au rendez-vous. Nous avons choisi d’être les premiers. C’est précisément ce qu’a fait le Waldorf Astoria depuis 1893, définir les standards avant que le marché ne les formule. Ouvrir à Rabat-Salé à quelques mois d’inter- valle avec celles de New York et Osaka, c’est adresser au monde un message clair que
Rabat est une capitale à la hauteur des plus grandes métropoles mondiales. Cela posi- tionne simultanément notre établissement et le Royaume sur la carte de l’ultra-luxe global. F. N. H. : Alain Ducasse à Rabat, un restaurant signé par un chef triplement étoilé, c’est un signal fort et un investissement considérable. Comment évaluez-vous le retour sur cet investissement ? G. B. : La signature Alain Ducasse est bien plus qu’un investissement gastronomique, c’est un signal envoyé au monde entier sur les ambitions du Waldorf Astoria Rabat-Salé. Faire venir l’un des plus grands chefs vivants dans la capitale marocaine, c’est affirmer que Rabat est une destination gastronomique de référence, non pas demain, mais aujourd’hui. Le Maroc est un pays où la culture culinaire est d’une richesse exceptionnelle. La restau- ration étoilée y trouve un terreau fertile, et notre ambition est d’en être les pionniers et les ambassadeurs. Nous espérons contribuer activement à l’arrivée du Guide Michelin au Maroc, une reconnaissance internationale que le Royaume mérite pleinement, et être, ce jour-là, parmi les premiers établissements récompensés. F. N. H. : Quelle proportion de votre chiffre d’affaires espérez-vous tirer des événements d’entreprises et congrès par rapport à l’hébergement pur ? G. B. : Notre ballroom est l’un des espaces événementiels les plus remarquables du Maroc. 1.400 m² modulables, une capacité de 1.000 personnes, un soin extrême apporté à l’acoustique, à la lumière et aux équi- pements techniques, tout est conçu pour accueillir ce que la diplomatique, le monde des affaires et l’événementiel de prestige exigent de meilleur. La dimension événe- mentielle représente une part stratégique de notre activité, et Rabat, capitale où se tiennent des sommets d’État, des confé- rences internationales, des cérémonies officielles, est l’adresse idéale pour ce type d’événements. Nous souhaitons être le lieu de référence pour les grandes cérémonies : mariages de prestige, conférences interna- tionales, galas diplomatiques. L’hôtel dis- pose également d’espaces de réunion plus intimes, idéaux pour les séminaires résiden- tiels à haute valeur.
Finances News Hebdo : Comment définissez-vous le profil type du client que vous ciblez à Rabat, et en quoi est-il fondamentalement différent du client d’un palace marrakchi ? Guy Bertaud : Rabat n’est pas seulement une capitale administrative : c’est l’une des villes les plus diplomatiquement actives du conti- nent africain. Près de 110 ambassades et représentations étrangères y sont accréditées, des sommets régionaux et internationaux s’y tiennent régulièrement, et cette dimension fait de Rabat un marché naturel pour une clientèle d’affaires à haute valeur ajoutée telle que les décideurs, les chefs d’État, les diplo- mates, et les investisseurs internationaux. C’est un profil client qui exige le meilleur, et le Waldorf Astoria est précisément conçu pour lui. Mais Rabat est aussi une ville qui révèle ses beautés à qui prend le temps de la décou- vrir. Depuis notre hôtel, la vue panoramique sur les deux rives (Rabat et Salé) offre une perspective unique sur ce paysage historique
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