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Crève, Covid-19 !

Par D. William

0 2 mars 2020. Une date qu’il sera difficile d’enter- rer dans la trappe de l’his- toire du Maroc. C’est le jour où le coronavirus a été détecté pour la première fois sur le territoire national. La date du début de notre calvaire, de change- ments économiques, politiques et sociaux profonds dans le monde, de questionnements intimes sur le sens de notre vie sur terre. Tout cela à cause d’un intrus infinitési- mal, qui a décidé de nous pourrir la vie jusqu'à l’os et qui a remis en

teurs de la montée en flèche des C as C onfirmés.

cependant qu’il a la trouille ! Même pas peur ! Il a défié tout le monde : armées, scientifiques réputés, éco- nomistes éprouvés… Et face à cette témérité légendaire, les Marocains ont eu les C hocottes. Ils ont alors déserté le travail, les night clubs, les bars, les hammams et même ces lieux de rencontre privilégiés que l’on apprécie tant : les C afés. Il a triomphé de leur intelligence et de leur insouciance, pour les faire revenir à une vie presque primitive en les contraignant à abandonner la rue aux animaux pour vivre en C age. Il a rompu les liens sociaux, pris leurs libertés individuelles et les a privés de tout ce qui, jusqu’à pré- sent, les différenciait des animaux: les Marocains avancent masqués, ne se serrent plus la main et, dans ce pays où les gens sont très tac- tiles, s’interdisent même les petits C âlins. Les voilà presque réduits, comme pratiquement tous les habitants de la planète terre, à une curiosité pré- historique par la faute d’un mysté- rieux étranger qui a pris le pouvoir : le C oronavirus. Un virus narquois, vicieux et assas- sin qui, malgré son circumnaviga- tion qui l’a conduit dans des cen- taines de pays du globe, n’a jamais renié ses origines C hinoises. Il est devenu le variant anglais. Il a pris la nationalité brésilienne. Il s’est même débrouillé un pas- seport sud-africain. Mais il reste fidèle et attaché à ses racines, ce pays où l’on tripatouille sans cesse les animaux : la C hine. L’Empire du Milieu a longtemps exporté partout dans le monde du toc. Et cette fois, il a fourgué au Maroc, en plus, un C ynique C asse- tête C hinois. Une énigme sur laquelle tous les brillants scientifiques du Royaume et de ce monde ont buté, se rési- gnant, finalement, à être specta-

question nos croyances, dogmes, convictions et certitudes. Il y a presque 365 jours, ce Maroc si ouvert, si prompt à offrir son hos- pitalité aux étrangers, découvrait, parmi sa population, un étrange C landestin. Il a traversé maintes frontières, par- couru des milliers de kilomètres, pour venir s’installer durablement au pays du chaï et du C ouscous. Il s’est incrusté alors dans notre quotidien, s’invitant de force jusque dans nos C haumières. S’il est invisible, n’allez pas croire

Du confinement au cimetière Au Maroc comme ailleurs, les gouvernants ont voulu limiter les C ontaminations. L’on s’est alors résolu à prendre une décision radicale : instauration de l’état d’urgence sanitaire, assor- ti d’un strict C onfinement. Cette riposte sèche des autorités marocaines s’est accompagnée de l’obligation du port du C ouvre- visage. Que devient alors un pays mis sous C loche ? L’on s’en doute, le Maroc s’est figé et l’économie est entrée en C rise. Mais ce sursis sanitaire de trois mois, le coronavirus s’en est adap- té pour rependre, au lendemain du déconfinement, sa dynamique de C ontagion. On a testé massivement et pisté les C as C ontacts. On a sorti des tiroirs une autre mesure de privation des libertés individuelles : le C ouvre-feu. Pourtant, un an après, cet hôte indésirable est toujours là, chahu- tant les systèmes de santé et bra- vant la C olchicine et la C hloroquine. Il poursuit encore son périple meur- trier et nous contraint, malheureu- sement, à voir quotidiennement des processions funèbres pas comme les autres et à nous accommo- der des va-et-vient incessants des C orbillards. Il a même réussi, dans son par- cours macabre, à banaliser la mort dans la C onscience C ollective. Au 24 février, ce sont au total 8.592 personnes au Maroc qui ont regagné prématurément, à cause de lui, leur dernière demeure : le C imetière. Alors, pour ton année de présence dans le Royaume, je ne peux te souhaiter autre chose que de C rever, C ovid-19 ! ◆

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