FNH N° 1248 ok

L'UNIVERS DES TPME

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FINANCES NEWS HEBDO MERCREDI 30 SEPTEMBRE 2026

Dashy «Le commerce a déjà investi WhatsApp, le prochain enjeu est d’y faire entrer le paiement»

relle. Au début, nous entendions les mêmes objections : «mes clients paient en cash», «ils ne cliqueront jamais sur un lien de paiement». Ce sont des craintes légitimes. On n'y répond pas avec une présentation, on y répond sur le terrain, com- merçant par commerçant, en mon- trant que ses propres clients paient quand l'expérience est simple. La deuxième difficulté est propre au paiement, il s’agit de la confiance. Dans ce métier, on ne peut pas se permettre l'approximation. Il faut un cadre réglementaire, des parte- naires solides et une sécurité irré- prochable. J'ai aussi appris l'importance de la priorisation. Dans la fintech, la tentation est grande de vouloir tout faire à la fois : paiement, finance- ment, logistique, marketing. Nous avons fait le choix inverse. Un pro- blème précis, bien résolu, pour un type de commerçant précis. Cela demande de la patience, mais c'est ce qui construit une base solide. Aujourd'hui, une centaine de com- merçants nous font confiance et ce n'est qu'un début. F.N.H. : Comment qualifiez- vous aujourd'hui l'écosys- tème marocain de la fintech et du paiement digital ? Quelles opportunités offre-t- il aux startups ? I. M. : C'est un écosystème en pleine maturation. Le cadre régle- mentaire s'est considérablement structuré sous l'impulsion de Bank Al-Maghrib, et autres régulateurs. L'inclusion financière est devenue une priorité nationale, et la stratégie «Maroc Digital 2030» fixe un cap en matière de transformation numé- rique. On voit aussi émerger des programmes d'accompagnement et des fonds dédiés aux startups, ce qui n'était pas le cas il y a encore quelques années. Le marché marocain présente un paradoxe intéressant. Le cash reste dominant, mais les usages digitaux sont déjà là. Le smart- phone est omniprésent, la messa- gerie fait partie du quotidien, et les Marocains achètent de plus en plus en ligne. Pour une startup, l'oppor- tunité est donc moins de créer de nouveaux comportements que de

Au Maroc, WhatsApp est devenu bien plus qu’un outil de messagerie. Pour de nombreux commerçants, la conversation est déjà un point de vente. Mais le parcours s’interrompt encore souvent au moment du paiement. L’ANRT estime que plus de huit acheteurs en ligne sur dix déclarent encore payer à la livraison. C’est sur cette étape que Dashy entend agir, en permettant au client de régler son achat sans quitter la conversation. Entretien avec Imad Moujahid, fondateur et CEO de Dashy.

Propos recueillis par Ibtissam Z.

Finances News Hebdo : Quel besoin avez-vous voulu résoudre en lançant Dashy et quelle est aujourd'hui sa proposition de valeur ? Imad Moujahid : Le point de départ est une scène que tout le monde connaît. Une cliente fidèle écrit sur WhatsApp à sa boutique de cosmétiques pour comman- der ses produits habituels. Tout se passe dans la conversation, jusqu'au paiement. Là, elle a deux options. Soit elle paie à la livraison, et le livreur n'a souvent pas de monnaie à rendre. Soit la boutique lui envoie son RIB : elle fait un vire- ment, envoie une capture d'écran, et la gérante vérifie que l'argent est arrivé. Dans les deux cas, c'est une friction, pour la cliente comme pour le commerçant. Le même scé- nario se retrouve dans le retail, l'e- commerce, la restauration et bien d'autres secteurs. Nous avons observé ce rituel des

centaines de fois. La commande est déjà dans WhatsApp, mais le paiement n'y est pas. Les chiffres confirment cette intuition. Selon l'ANRT, plus de huit acheteurs en ligne sur dix déclarent encore payer à la livraison. Pourtant, Bank Al-Maghrib relève une progression d'environ 20% des paiements par carte en e-commerce en 2024. Le client est prêt, c'est l'outil qui man- quait au commerçant. Dashy permet aux commerçants de se faire payer directement dans la conversation WhatsApp, en quelques clics, sans que le client ait à quitter l'échange. Le commerçant est encaissé avant de préparer la commande. Il peut lancer une pro- motion ou une vente flash auprès de ses clients fidèles et encaisser immédiatement. Surtout, il garde la relation avec sa clientèle, sans

intermédiaire. Nous ciblons en priorité deux familles de commerces. D'abord, le retail et l'e-commerce qui ont une clientèle récurrente. Ensuite, l'hos- pitalité (riads, maisons d'hôtes, hôtels), où WhatsApp est devenu un véritable outil de réservation, avec une expérience conversation- nelle. Pour les uns comme pour les autres, WhatsApp est souvent déjà le premier canal de vente, bien avant leur site Internet. F.N.H. : Quel regard por- tez-vous sur votre parcours entrepreneurial et sur les principales difficultés ren- contrées lors du développe- ment de Dashy ? I. M. : Avec le recul, je dirais que la difficulté principale n'a pas été technologique. Elle a été cultu-

AVEC LA PARTICIPATION DE TAMWILCOM

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