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POLITIQUE

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FINANCES NEWS HEBDO MERCREDI 30 SEPTEMBRE 2026

nationale, aux côtés notamment de Mehdi Bensaïd et de Fatima Saadi. Le 31 janvier dernier, au Conseil national du parti à Salé, on l'interrogeait sur sa capacité à diriger le gouvernement. Sa réponse : «Si ç'avait été un homme devant vous, auriez-vous osé poser cette question ?» . Une victoire, des chantiers Le 23 septembre, le PAM obtient 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants, devant le RNI et l'Istiqlal, soit dix de plus qu'en 2021. Le retrait d'Aziz Akhannouch, remplacé à la tête du RNI par Mohamed Chouki, candidat unique du congrès extraor- dinaire du 7 février et peu connu du grand public, avait modifié le rapport de force. Au sein de la majorité sortante, la concurrence s'était durcie: en août, le RNI accusait le PAM de débaucher certains de ses élus, ce que ce dernier a démenti. Au lendemain du scrutin, Fatima Zahra Mansouri avait rendu hommage à Fouzi Lekjaa, dont elle avait salué « son engage- ment au travail, pas seulement par sérieux, mais avec cœur». Elle assurait qu'il n'y avait «aucune compétition» entre eux et lui lançait devant la salle : «nous étions ensemble, on se le disait déjà». Sur la Primature, elle citait plusieurs noms du parti, « le frère Fouzi», «la sœur Fatima» , et concluait : «nous sommes avec celui qui réussit». Elle écartait l'idée de pousser l'un à se retirer au profit d'un autre : «on ne peut pas dire à quelqu'un de se retirer pour faire entrer un autre en concurrence avec lui lorsqu'on est du même bord» . Puis elle renvoyait à la suite : «attendons la réunion du bureau politique». Sur le front des chiffres de la participation, l'abstention a dépassé 60%, et la dirigeante du PAM s'était dite consciente de son ampleur. Interrogée sur la vie chère, les manifestations de la génération Z et la crise de Ceuta, elle répondait : « nous étions sur le terrain, donc nous sommes bien informés et conscients des dossiers, notamment des dossiers brûlants». Et d'ajouter que «certains, hélas, veulent lais- ser penser que les politiques sont déconnec- tés de la réalité. Je suis moi-même une élue locale, et les résultats de cette proximité, c'est mon succès aujourd'hui dans ma cir- conscription et dans ma ville» . Ces dossiers brûlants sont désormais les siens. À 50 ans, Fatima Zahra Mansouri devient la première femme à diriger le gouvernement marocain, et la troisième dans le monde arabe après les Tunisiennes Najla Bouden et Sara Zaafarani. Jusqu'au bout, face aux rumeurs, elle avait temporisé, assurant qu'elle travaillerait avec loyauté aux côtés de celui ou celle qui serait choisi. Le choix est fait, reste à former l'équipe. L'épreuve de la coalition commence. ◆

 En 2008, Fatima Ezzahra El Mansouri rejoint le PAM, tout juste créé, dont elle devient l'un des premiers visages féminins.

Fatima Ezzahra El Mansouri

Elle l’a fait !

Coordinatrice du PAM arrivé en tête des législatives avec 97 sièges, la maire de Marrakech vient d’être nommée cheffe du gouvernement. C’est la première femme à occuper ce poste au Maroc. Par L . Ch.

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e mardi 29 septembre, au Palais royal de Rabat, le Roi Mohammed VI a reçu Fatima Zahra Mansouri. Il l'a nommée, en vertu de l'ar- ticle 47 de la Constitution, cheffe du gouverne- ment et l'a chargée de former le nouveau gou- vernement, selon le communiqué du ministère de la Maison royale. La nomination intervient six jours après le scrutin du 23 septembre. Au lendemain du vote, au siège du PAM à Rabat, elle n'avait pas éludé la question. «Si Sa Majesté le Roi me confiait la responsabilité de cheffe de gouvernement, ce serait pour moi un grand honneur» , avait-elle déclaré devant la presse. Pendant la campagne, elle assurait pourtant ne pas chercher «un poste en soi». Le suspense aura duré six jours : l'article 47 dispose que le Roi doit choisir le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête, mais lui laisse la liberté de désigner la personne de son choix. Depuis la publication des résultats, celle qui coordonne la direction collégiale du PAM n'était plus regardée seulement comme une figure du parti, mais comme une cheffe de gouvernement potentielle. Né en 2008 avec l'ambition de gouverner, le parti avait été devancé par le PJD en 2011 et 2016, puis

relégué en 2021 à la deuxième place de la coalition, derrière le RNI. Cette fois, c'est l'une des siennes qui prend la Primature. De la robe d'avocate à la mairie Née en 1976 à Marrakech, elle grandit dans le système de la mission française, puis fait son droit, comme son père. Licence à l'Univer- sité Mohammed V, DEA en droit des contrats d'affaires à Montpellier, complément en droit anglo-saxon aux États-Unis. Elle exerce comme avocate avant de s'engager en poli- tique. En 2008, elle rejoint le PAM, tout juste créé, dont elle devient l'un des premiers visages féminins. En 2009, elle est élue à la présidence du Conseil communal de Marrakech. C'est la première femme à diriger la ville. Députée en 2011, réélue en 2016, elle prend cette année- là la présidence du Conseil national du parti, où elle est reconduite en 2020. En 2021, elle retrouve la mairie et entre au gouvernement à la tête du ministère XXL de l'Aménagement du territoire national, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville. En février 2024, le PAM adopte une direction collégiale et lui en confie la coordination

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