BOURSE & FINANCES
6
FINANCES NEWS HEBDO MERCREDI 30 SEPTEMBRE 2026
Croissance Un coup de frein temporaire, selon Bank Al-Maghrib
un caractère transitoire». La Banque s’attend ainsi à une remontée de l’infla- tion à 1,5% en 2027, tandis que sa composante sous- jacente atteindrait 2,2%. Elle explique cette évolution par «la dissipation de ces fac- teurs et […] la persistance de l’inflation importée à un niveau relativement élevé». Les anticipations restent par ailleurs bien ancrées, selon BAM : les experts du sec- teur financier tablent sur une inflation moyenne de 2,1% à l’horizon de huit trimestres et de 2,2% à celui de douze trimestres. Malgré la faiblesse de l’in- flation prévue cette année, le Conseil demeure atten- tif au risque d’une nouvelle hausse des coûts énergé- tiques. «La balance des risques demeure orientée à la hausse pour l’inflation», souligne BAM. Un enlise- ment des tensions géopo- litiques au Moyen-Orient pourrait entraîner un renché- rissement de l’énergie supé- rieur aux hypothèses rete- nues, puis sa diffusion aux différentes composantes des prix à la consommation. Concernant la croissance, BAM attribue la révision de 5,2% à 4,4% «entièrement […] à la performance de certaines activités non agri- coles, notamment les indus- tries extractives et manu- facturières, affectées par les perturbations de l’ap- provisionnement en intrants importés» . Elle y voit, là encore, un choc d’offre qui devrait être temporaire. Par ailleurs, la demande intérieure conserve en revanche sa vigueur. Elle reste « portée par la dyna- mique de l’investissement liée aux grands projets d’in- frastructure et par la conso- lidation de la consommation des ménages», indique la Banque centrale. À l’appui de cette appréciation, BAM relève une progression de
Bank Al-Maghrib revient pour Finances News Hebdo sur le maintien de son taux directeur à 2,25% et sur les difficultés qui freinent les activités non agricoles, tout en soulignant la bonne tenue de la demande intérieure. Par Y . Seddik
Bank Al-Maghrib attribue la dégrada- tion de ses prévisions à des perturbations temporaires de l’offre.
P
our la troisième réunion monétaire de cette année, le statu quo était largement attendu. L’ampleur des révi- sions de Bank Al-Maghrib mérite davantage qu’on s’y arrête, puisqu’en trois mois, la Banque centrale a abaissé de 0,8 point ses prévisions de croissance et d’inflation pour 2026, désormais fixées à 4,4% et 0,7%. Dans ses réponses à Finances News Hebdo, elle en précise les ressorts et défend une lec-
ture moins dégradée de la conjoncture que ces cor- rections pourraient le laisser penser. Celles-ci «ne tra- duisent ni un affaiblissement de la demande intérieure ni un risque de désancrage de l’inflation à la baisse», sou- ligne BAM, qui a maintenu son taux directeur à 2,25%. La Banque centrale précise que les révisions apportées depuis juin « ne traduisent ni un affaiblissement de la demande intérieure ni un
risque de désancrage de l’inflation à la baisse». La baisse de la prévision d’inflation, auparavant fixée à 1,5%, provient principale- ment du recul plus marqué qu’attendu des prix des pro- duits alimentaires volatils et de l’huile d’olive. Cette dernière a également pesé sur l’inflation sous-jacente, désormais estimée à −0,2% sur l’ensemble de l’année. Pour BAM, «ces facteurs relèvent de l’offre et revêtent
www.fnh.ma
Made with FlippingBook flipbook maker