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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 17 SEPTEMBRE 2026
Flambée du pétrole
Chaud devant !
avant de passer à des versements par quin- zaine. Une réponse plus souple à un marché pétrolier devenu extrêmement volatil. Sur le butane, l’Etat a carrément sorti le por- tefeuille. Lorsque les cours internationaux se sont envolés au printemps, le prix de la bou- teille n’a pas suivi. Début avril, l’effort public atteignait environ 78 DH pour une bouteille de 12 kg contre une trentaine de dirhams avant la crise. Même logique pour l’électricité. Pas de hausse des tarifs malgré le renchérissement des combustibles. Coût annoncé début avril: environ 400 millions de DH par mois. Enfin, le gouvernement a installé une com- mission ministérielle de suivi de la crise et le Conseil de la concurrence a renforcé sa surveillance de la transmission des cours internationaux aux prix des carburants. Sur le papier, l’architecture se tient. Mais à 107 dollars le baril, une question commence sérieusement à se poser : com- bien de temps les digues tiendront-elles ? Car aucune de ces mesures ne fait dispa- raître la facture. Elles la déplacent. Lorsque l’Etat protège le prix du butane, le budget paie. Lorsqu’il maintient les tarifs de l’électricité malgré l’augmentation des coûts de production, quelqu’un doit absorber la différence. Lorsqu’il soutient les transpor- teurs pour éviter une hausse des tarifs, les finances publiques sont encore sollicitées. Et lorsque l’Etat ne paie pas, ce sont les ménages et les entreprises qui finissent par payer. C’est toute l’équation. Le retour du pétrole au-dessus de 100 dol-
lars remet ainsi le Maroc face à une vieille vulnérabilité que les crises successives rap- pellent avec une régularité presque cruelle: l’économie nationale reste extrêmement sensible aux chocs énergétiques venus de l’extérieur. La difficulté est d’autant plus grande qu’une hausse du gasoil ne reste jamais longtemps confinée aux stations-service. Elle monte dans les camions, prend l’autoroute, arrive dans les marchés de gros, passe dans les commerces et termine sa course sur les tic- kets de caisse. Le carburant cher devient transport cher. Le transport cher devient marchandise chère. Et la marchandise chère devient pouvoir d’achat en moins. C’est pourquoi l’enjeu ne se limite donc plus aux prix à la pompe. Il est désormais d’éviter que la flambée pétrolière ne se propage à l’ensemble des prix et ne ravive l’inflation. Mais il faudra également surveiller l’autre front : celui des finances publiques. Car si le baril reste durablement autour de 100 dollars, voire poursuit son ascension, le gou- vernement devra choisir. Augmenter encore les aides ? Laisser davantage les prix inter- nationaux se transmettre à l'économie ? Ou accepter une détérioration budgétaire pour protéger temporairement ménages et entre- prises ? Aucune option n’est gratuite. Pour autant, la réponse immédiate doit évi- demment être sociale et économique, en ce sens qu’il faut protéger les ménages les plus vulnérables, éviter l’emballement des coûts de transport, surveiller les marges et empê- cher que la crise internationale ne serve de prétexte à des hausses injustifiées. Cela dit, il serait dommage de s’arrêter une nouvelle fois à l’urgence. Car cette flambée de l’or noir suscite une question autrement plus importante : com- bien de crises pétrolières faudra-t-il encore pour que la réduction de la dépendance énergétique soit traitée comme une priorité économique autant qu’énergétique ? Le Maroc a énormément investi dans le solaire, l’éolien et les infrastructures éner- gétiques. Il devra accélérer encore. Parce que chaque mégawatt produit localement, chaque gain d’efficacité énergétique et chaque diversification supplémentaire de l’approvisionnement constituent aussi une assurance contre les prochains chocs géo- politiques. ◆
L
Par D. William
e Brent a atteint 107,63 dollars le 10 sep- tembre, après un bond de 6,34% en une seule séance. Et la tension ne retombe guère : le 15 septembre, il évoluait encore autour de 107 dollars. Il faut dire que les attaques contre les pétroliers, les perturba- tions dans le détroit d’Ormuz et l’extension du conflit aux infrastructures énergétiques saoudiennes ont changé la nature du risque. Cette situation a des conséquences directes sur le Maroc qui importe l’essentiel de ses besoins énergétiques. Chaque poussée du baril finit, en effet, par coûter cher à l’éco- nomie nationale, avec une hausse des prix des carburants, du transport, des coûts de production, des prix des marchandises et, au bout de la chaîne, du pouvoir d’achat des ménages. En cela, depuis mars, le gouvernement a choisi une ligne relativement claire : tenter de couper les différents canaux de transmis- sion de la hausse pétrolière vers l’économie. Ainsi, le soutien exceptionnel aux profes- sionnels du transport routier a été réactivé dès le 15 mars. Taxis, autocars, transpor- teurs de marchandises, autobus, transport scolaire ou touristique ont été ciblés avec un objectif : aider ceux qui consomment beaucoup de carburant pour les empêcher de répercuter intégralement la hausse sur leurs clients. Le gouvernement a même relevé le soutien de 25% durant la seconde moitié d’avril,
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