FNH 1036

35

ECONOMIE

FINANCES NEWS HEBDO

DU 23 & 24 SEPTEMBRE 2021

www.fnh.ma

• L’octroi du statut exportateur indirect aux sous-traitants; • La mise en place d’appuis diversifiés au profit des régions les moins favo- risées pour stimuler l’investissement industriel et favoriser un développe- ment territorial équilibré. De manière générale, la nouvelle charte devrait répondre au souci d’équité de

traitement, notamment au niveau territorial, en incitant à l’investis- sement dans les régions en marge des grands pôles économiques et industriels du pays. De même, il est dit que des mesures seront prises pour promouvoir l’entre- preneuriat et améliorer l’accom- pagnement des projets.

Le port Nador-West Med est en cours d’établisse- ment dans la Région. Ce grand port a l’ambition de s’ériger en complexe industriel complémentaire à Tanger-Med.

Un autre aspect qui me semble essen- tiel à la nouvelle charte est la prio- rité désormais accordée aux projets à caractère industriel et à l’harmonisa- tion avec les stratégies sectorielles. F.N.H. : Quels sont ses atouts pour assurer une relance de l’économie ? T. B. : Le retard pris à l’adoption de la nouvelle charte sera en quelque sorte «un mal pour un bien» pour tenir compte des nouvelles données et enjeux structurants de l’économie à ce moment précis de la vie du Royaume. Il y a un nouveau gouvernement qui va s’installer dans les prochains jours, s’appuyant sur une nouvelle majorité qui a fait beaucoup de promesses pendant la campagne électorale en matière économique et sociale. D’autre part, il y a les attentes en matière de «nouveau modèle de déve- loppement» où il est énoncé la néces- sité de rehausser la croissance écono- mique à un taux de 6% pour assurer le décollage économique et dégager les ressources nécessaires pour finan- cer les secteurs sociaux (protection sociale, éducation, santé, chômage…). Il y a donc là des nouveaux défis, et non des moindres, auxquels un outil comme la nouvelle charte de l’inves- tissement devra contribuer à faciliter les solutions par le biais d’une meil- leure attractivité de l’investissement international, national et régional, et son orientation vers l’investissement productif pour contrecarrer l’économie de rente. Cette économie de rente qui, par exemple, rend le coût du foncier

très cher et réduit la compétitivité des entreprises marocaines, comme elle rebute l’investissement étranger. A mon avis, le principal atout de la nou- velle charte, au-delà des détails de son contenu, est qu’elle tomberait à point pour s’adapter à ces nouveaux enjeux de la relance économique, ceux du «nouveau modèle de développement» ainsi que de l’impérieuse nécessité de la sortie de crise sanitaire. F.N.H. : Quel serait son impact sur la politique fiscale du Maroc ? T. B. : On entend parler d’une exo- nération fiscale pendant 5 années successives des entreprises nouvelle- ment créées. C’est une forte incitation fiscale. Elle sera également un outil fiscal pour attirer l’investissement qui s’alignerait sur les priorités définies dans le cadre des stratégies secto- rielles. Au plan fiscal, des incitations seront apportées, en outre, aux entreprises qui décident de contribuer au déve- loppement des territoires situés en dehors du «Mainstreaming», à savoir l’axe «Tanger-Rabat- Casablanca- Agadir». Par exemple, une région que je connais bien, comme l’Oriental, qui souffre d’attractivité en raison d’une frontière fermée à l’Est, pourrait être dotée de nouveaux outils fiscaux pour attirer des «locomotives industrielles» (automobile, aéronautique, énergies

renouvelables, numériques…). La région possède tous les atouts et les compétences pour cela, encore faut-il qu’elle puisse bénéficier, au plan fis- cal, d’une incitation à attirer le secteur privé national et international. D’autant plus que dans peu de temps, le port Nador-West Med, une infras- tructure de classe mondiale, va s’éta- blir dans la Région. Un grand port qui a l’ambition de s’ériger en complexe industriel complémentaire à Tanger- Med. Une fiscalité adaptée à ce territoire permettra de fructifier les nombreuses réalisations socioéconomiques de mise à niveau supervisées person- nellement par Sa Majesté le Roi, dans le cadre de l’initiative Royale pour le développement de l’Oriental énoncée lors d’un discours royal historique en 2004 à Oujda. Grâce à cette initiative (et une volonté royale), aujourd’hui, la région est parfaitement dotée d’in- frastructures d’accueil industrielles, touristiques et agricoles aux meilleurs standards internationaux. Il faudrait maintenant que le secteur privé puisse jouer son rôle. Pour cela, il faut espé- rer que la nouvelle charte donnera les moyens, notamment au plan fiscal qui reste un outil fondamental d’attracti- vité, pour que les responsables régio- naux prennent leur «bâton de pèlerin» et aillent convaincre les investisseurs de s’y implanter. ◆

Le princi- pal atout de la nouvelle charte, au- delà des détails de son contenu, est qu’elle tom- berait à point pour s’adap- ter à ces nou- veaux enjeux de la relance économique.

Made with FlippingBook flipbook maker