BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 10 SEPTEMBRE 2026
lorsque les cours et les volumes reculent simultanément, cela peut annoncer l’essoufflement de la pression vendeuse et préparer une phase de consolidation ou de reprise. F. N. H. : Sur le marché obligataire, les taux restent globalement stables mal- gré quelques tensions récentes. Comment analy- sez-vous cette évolution ? T. A. : L’environnement reste effectivement assez stable. On observe toutefois récemment une petite tension haussière, qui peut notamment s’expliquer par des besoins plus importants du Trésor. On le voit, entre autres, à travers la diminution de ses placements sur le marché moné- taire. Mais le marché reste surtout dans l’attente de la prochaine décision de politique monétaire de Bank Al-Maghrib, prévue le 22 septembre. Cette décision devrait donner davantage de visi- bilité sur l’orientation des taux au quatrième trimestre et peut, à ce titre, jouer un rôle de catalyseur pour le marché. F. N. H. : Justement, quels sont selon vous les princi- paux catalyseurs à surveil- ler d’ici la fin de l’année ? T. A. : Le contexte international reste évidemment déterminant, notamment pour la prochaine décision de Bank Al-Maghrib. C’est aussi pour cette raison que le statu quo est aujourd’hui le scénario globalement attendu. La situation géopolitique reste toutefois très volatile et, sur- tout, imprévisible. À l’inverse, au niveau national, nous avons des catalyseurs fondamentaux plus solides, en particulier les réalisa- tions des sociétés cotées. Sur les chiffres actuellement disponibles, les revenus du pre- mier semestre 2026 affichent une croissance de près de 11% sur un an. Pour remettre cette pro- gression en perspective, nous étions autour de 7% au premier semestre 2025 et de 4% au pre- mier semestre 2024. En 2025, la croissance annuelle
F. N. H. : Et du côté des valorisations ? J. B. : Le PER prospectif à douze mois se situe actuellement autour de 16 fois les bénéfices attendus. Il évolue donc près de la borne basse de son enveloppe histo- rique récente de volatilité. Concrètement, cela signifie que le marché apparaît en moyenne relativement attractif par rapport à ses niveaux récents de valori- sation. Notre indicateur d’appé- tit ou d’aversion pour le risque montre également que les inves- tisseurs restent très prudents vis-à-vis des actions marocaines. L’aversion au risque est devenue particulièrement élevée. D’un point de vue contrarien, ce pessimisme peut devenir intéres- sant, puisqu’il signifie qu’une part importante des risques est déjà intégrée dans les cours. Je dirais donc qu’aujourd’hui, le MASI se situe probablement davantage dans une zone d’op- portunité que dans une zone de risque. F. N. H. : Pour terminer, que vous dit l’analyse technique du pétrole dans un contexte géopolitique qui reste très incertain ? J. B. : Les prix du pétrole ont connu des mouvements très importants. Sur le Brent, nous étions montés autour de 120 dol- lars le baril avant de revenir vers 70 dollars. Aujourd’hui, les cours se rapprochent de nouveau des 100 dollars. Nous pourrions revenir vers les précédents sommets, mais je ne pense pas que les prix puissent aller beaucoup plus haut de manière durable. À plus long terme, j’imagine plutôt un pétrole évoluant dans une large zone comprise entre 80 et 110 dollars le baril. Il faudra donc probablement s’habituer à des prix de l’éner- gie plus élevés qu’auparavant. Mais les entreprises s’adaptent et beaucoup ont déjà montré leur capacité de résilience face à ce nouvel environnement. À court terme, je ne m’attends pas non plus à revoir facilement des cours sous les 65 dollars le baril. ◆
Après trois années de forte hausse, la Bourse de Casablanca aborde la rentrée 2026 dans une phase de consolidation, selon Tarik Amiar et Jérôme Boumengel.
des chiffres d’affaires avait été proche de 10%, avec une progression des résultats nets proche de 40%. En 2024, les revenus avaient augmenté d’en- viron 5 à 6% et les résultats nets de plus de 10%. L’environnement fondamental des émetteurs reste donc globalement favorable. Il faut également rappeler les per- formances du marché : +12,8% en 2023, +22,2% en 2024, puis +27,6% en 2025. Sur trois ans, la hausse cumulée est donc très importante et reflète déjà en par- tie l’amélioration des fondamen- taux. La prochaine étape sera surtout d’analyser la confirmation de ces réalisations avec les publications détaillées. Il faudra regarder les marges, les résultats nets et les agrégats propres à chaque sec- teur et à chaque société. C’est là que nous pourrons réellement identifier les catalyseurs les plus importants. F. N. H. : Vos indicateurs prospectifs sur le MASI 20 commencent-ils à faire apparaître des signaux de reprise ? J. B. : Oui. Le scénario favorable que donne aujourd’hui l’analyse technique est renforcé par plu- sieurs indicateurs prospectifs. Le premier concerne les béné- fices attendus à douze mois, qui constituent en quelque sorte le moteur d’un marché actions. Leur croissance est actuellement estimée autour de 18% en glisse-
ment annuel. C’est moins qu’en début d’année et nous observons effectivement un ralentissement du momentum bénéficiaire. Mais une croissance de 18% reste très supérieure à la moyenne des dix dernières années. On ne peut donc pas parler de contraction attendue des résultats. Nous sommes davantage dans une phase de normalisation après une période de très forte croissance. Les perspectives bénéficiaires restent favorables. Un deuxième élément intéressant est la diver- gence entre la dynamique des bénéfices et celle des cours. Le momentum bénéficiaire se situe autour de +18%, tandis que celui du MASI est autour de -17%, soit un écart de près de 35 points. Cela signifie que la correc- tion boursière a été beaucoup plus forte que la dégradation des perspectives bénéficiaires. Historiquement, ce type de diver- gence peut créer un potentiel de rattrapage. Deux scénarios sont possibles : soit les cours remontent pour rejoindre la dyna- mique des bénéfices, ce qui est le scénario que je privilégie, soit les estimations bénéficiaires sont à nouveau révisées à la baisse.
Le momentum bénéficiaire se situe autour de +18%, tandis que celui du MASI est autour de -17%, soit un écart de près de 35 points.
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