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ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 10 SEPTEMBRE 2026

Rentrée scolaire Une facture hors de contrôle

fou» : «je ne comprends pas pour- quoi ils ne plafonnent pas au moins les frais de scolarité qui augmen- tent chaque année. La seule solu- tion, c'est de s'endetter !». Faute d'alternative, une partie des ménages se tourne effectivement vers les banques. Mehdi et Alia ont dû y recourir : « on n'avait pas anti- cipé la hausse des frais de scolarité, qui augmentent d'ailleurs d'année en année, donc il va falloir se pré- parer pour la suite». Une tendance que confirme Bouazza Kharrati : «des crédits pour couvrir les frais de scolarité sont proposés par des établissements financiers, et les parents y trouvent une opportu- nité pour se soulager du joug des charges imposées par cette rentrée scolaire». En effet, chaque été, plusieurs banques sortent leur «crédit ren- trée» à taux préférentiel, entre 6,5 et 8%. Vers un encadrement légal ? Sur les pratiques des établisse- ments qui imposent directement l'achat de manuels, du transport ou de l'assurance scolaire, la Fédération marocaine des droits du consommateur appelle à un sursaut des deux côtés. «La Fédération res- ponsabilise le consommateur, qui reste passif, et les professionnels, qui troquent leur civisme pour le gain rapide» , insiste Bouazza Kharrati. «Elle recommande la créa- tion d'une instance de défense du consommateur pour servir d'épou- vantail vis-à-vis des professionnels récalcitrants», ajoute-t-il. Fin juin, le ministère de l'Education nationale a bien tenté de calmer le jeu : interdiction d'imposer des fournitures non essentielles, listes communiquées en amont, manuels garantis disponibles dès le premier jour, gratuité de certains cahiers dans les écoles pionnières. Une note signée du ministre Mohamed Saad Berrada, adressée aux aca- démies régionales. Sur le papier, ça rassure. Dans les faits, ça ne touche presque pas le secteur privé, là où la facture explose vraiment et où la régulation reste à inventer. Chaque rentrée, en attendant, ce sont les familles qui arbitrent entre crédit, changement d'établissement et calcul serré du budget. ◆

Le 7 septembre, plus de 8,2 millions d'élèves ont repris le chemin de l'école. Mais derrière les cartables tout neufs se cache une équation que de plus en plus de familles marocaines n'arrivent plus à résoudre. Inscription, fournitures, cantine, transport… chaque rentrée, la note grimpe. Par L . C.

 Selon une étude du HCP menée en 2019-2020 et publiée en 2022, une rentrée scolaire se chiffre à 20,4% du budget mensuel moyen d'un ménage marocain.

C

ombien, exactement ? Personne, en réalité, n'est en mesure de le dire avec certitude. Le dernier chiffre officiel disponible, 1.556 dirhams par enfant en moyenne, est tiré d'une enquête du HCP (haut- commissariat au Plan) menée en 2019-2020 et publiée en 2022 : une rentrée scolaire à 20,4% du bud- get mensuel moyen d'un ménage marocain. Un cinquième du mois, rien que pour envoyer un enfant à l'école. En ville, la moyenne montait à 1.926 dirhams, contre 760 en zone rurale. Des ordres de grandeur qui datent. Les plus récents, en 2026, se trouvent ailleurs : sur le terrain, auprès des familles et des profes- sionnels du secteur. «Le coût varie en fonction du sta- tut social, du type d'établissement scolaire et de la région», résume Bouazza Kharrati, président de la Fédération marocaine des droits du consommateur. «Entre l'éta- tique et les missions, la différence est énorme. Certains établisse- ments à Rabat ont opté pour une tablette à 4.000 dirhams, d'autres pour le support papier», poursuit-il. Son estimation : 7.000 dirhams en moyenne pour un collégien dans

le privé, contre 2.000 dirhams dans le public. « D'une manière générale, le tsunami de la hausse des prix a ravagé le pouvoir d'achat» , ajoute- t-il. Mehdi et Alia, jeunes cadres sup casablancais, parents d'une fille de 6 ans et d'un garçon de 3 ans, ont mesuré cet écart à leurs dépens. « On savait que scolariser ses enfants représentait un budget fou ici, et on se disait qu'avec nos deux salaires, la note ne serait pas aussi salée. Mais le diable se cache dans les détails», sourit Alia. Leur fille rentre en CP dans le privé cette année : frais d'inscription, transport, cantine, activités extrascolaires, fournitures, vêtements. «Rien que pour notre fille, cette rentrée nous a coûté plus de 12.000 dirhams, hors frais de scolarité. Et notre fils rentre en première section de maternelle, ce n'est pas autant, mais ce sont aussi des frais qui s'ajoutent» , pré- cisent-ils. La mécanique du «prix d'appel» Un autre phénomène inquiète la Fédération : celui des établisse- ments qui pratiquent des tarifs attractifs au moment de l'inscrip-

tion, avant de les faire grimper une fois l'enfant scolarisé. «Ce phéno- mène ‘d'appâtisation’ des parents est devenu monnaie courante», note Bouazza Kharrati. «Les prix de la première année du primaire sont alléchants. Mais dès que l'enfant s'habitue aux enseignants et aux relations amicales créées, les parents deviennent otages et subissent chaque année une aug- mentation des prix» , note-t-il. Une comparaison, pour donner la mesure : «à Malaga, en Espagne, une crèche coûte 7.000 dirhams maximum. À Casablanca, c'est 10.000 dirhams». Maria, mère divorcée à Marrakech, a fait les frais de cette dérive. Elle a dû, cette année, changer son fils d'école faute de pouvoir suivre financièrement. «Ça lui a brisé le cœur parce qu'il avait tous ses copains dans son ancienne école, mais ce n'était plus tenable finan- cièrement» , confie-t-elle. «Ça a toujours été un stress, la rentrée. Comme tous les parents, j'ai une pression financière, mais ces der- nières années, avec l'inflation, je ne m'en sors plus», ajoute-t-elle. Sa colère vise l'absence de «garde-

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