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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 10 SEPTEMBRE 2026
types d’événements, parce qu’un système qui fonctionne seul ne réagit pas forcément de la même manière une fois que toute la pro- duction tourne en même temps. F.N.H. : Malgré tout, vous ne pouvez pas tout prévoir ? F. E. K. : Non, évidemment. Aucun événement n’est complètement à l’abri d’un problème. La différence se fait surtout dans la capacité à réagir rapidement et à éviter qu’un incident technique finisse par per- turber la compétition. F.N.H. : Vous travaillez éga- lement sur la eBotola avec les clubs marocains. Quelle place l’esport occupe-t-il réellement chez eux ? M. E. K. : Les situations restent assez différentes d’un club à l’autre. Certains ont commencé à comprendre qu’on ne parle plus simplement d’une opération de communication autour du gaming. Il y a des joueurs, des résultats, une saison, une communauté qui suit la compétition. Cela demande donc un minimum de continuité. D’autres sont encore dans une approche plus ponctuelle. Ils parti- cipent, ils communiquent autour du joueur, mais la section esport n’est pas encore structurée comme une véritable activité sportive. Cela dit, on voit clairement une évolution. Il y a quelques années, il fallait encore expliquer pourquoi un club de football pouvait avoir intérêt à entrer dans l’esport. Ce débat existe beaucoup moins aujourd’hui. F. E. K. : La manière dont les joueurs abordent la compétition a changé aussi. Ils sont plus atten- tifs à leur préparation, à leur pro- gression, aux compétitions inter- nationales auxquelles ils peuvent accéder. Certains raisonnent déjà en termes de carrière. Cela pousse forcément les clubs à prendre le sujet plus au sérieux. F.N.H. : Le nombre d’évé- nements gaming augmente au Maroc. Est-ce qu’un véri- table marché est en train de se constituer derrière cette dynamique ? M. E. K. : Il y a un marché, oui,
F.N.H. : Vous êtes frères et associés. Dans le feu d’un événement, quand vous n’êtes pas d’accord sur une décision, comment cela se règle-t-il ? M. E. K. : Il n’y a pas vraiment de règle écrite. Sur le terrain, chacun a ses sujets et, quand il faut prendre une décision rapidement, celui qui est directement dessus tranche. On ne peut pas arrêter une produc- tion pour discuter vingt minutes. Après, évidemment, il arrive qu’on revienne sur certaines décisions et qu’on ne soit pas toujours d’accord. F. E. K. : Le fait d’être frères simplifie certaines choses. On se connaît suffisamment pour pouvoir se dire directement qu’on pense que l’autre se trompe. On n’a pas besoin de beaucoup de précau- tions. Ça peut être assez vif sur le moment, mais ça ne reste pas. F.N.H. : Si vous comparez avec vos débuts, quel type d’événement seriez-vous prêts à produire au Maroc aujourd’hui que vous auriez hésité à accepter il y a quatre ou cinq ans ? F. E. K. : Une compétition comme le FIFAe en fait partie. Pas parce qu’elle aurait été matérielle- ment impossible à organiser il y a quelques années, mais parce qu’on n’avait pas encore accumulé suffisamment d’expérience sur ce niveau de production. On a désor- mais connu plusieurs configura- tions, plusieurs types de compé- titions et des cahiers des charges très différents. Cela permet d’abor- der des projets plus lourds avec beaucoup plus de recul. M. E. K. : Ce qui nous intéresse maintenant, ce n’est pas unique- ment de recevoir des événements conçus ailleurs. Le Maroc a montré qu’il pouvait accueillir des com- pétitions internationales. La suite, pour nous, serait aussi de déve- lopper des formats ici, de les ins- taller, puis éventuellement de les produire dans d’autres pays. Il y a un marché africain qui se structure. Si demain un concept imaginé et produit au Maroc peut être décliné à Dakar, Abidjan ou ailleurs sur le continent, ce sera une étape supplémentaire. ◆
Longtemps considéré comme un simple loisir, l’esport se structure au Maroc et ambitionne de devenir une véritable industrie.
puisqu’il y a des commandes, des compétitions, des marques qui investissent, des institutions qui s’y intéressent et des acteurs internationaux qui viennent au Maroc. Mais il faut rester mesuré sur sa profondeur. Le sujet, pour une entreprise comme la nôtre, est moins de savoir s’il existe un gros événe- ment à produire que de savoir ce qu’il y aura derrière. Quand on investit dans des équipements, qu’on forme des techniciens ou qu’on construit une équipe spé- cialisée, on a besoin d’une activi- té qui ne repose pas uniquement sur quelques dates fortes dans l’année. C’est encore une différence importante avec des marchés plus avancés, où les compéti- tions, les ligues, les activations de marques et les événements s’enchaînent suffisamment pour faire travailler tout un secteur de manière régulière. F.N.H. : Vous estimez donc que le marché marocain reste encore trop irrégulier ? M. E. K. : C’est surtout ce qui lui manque pour grandir davan- tage. Il y a une demande réelle, mais elle doit encore devenir plus régulière et plus diversifiée. Plus il y aura de formats différents
et de rendez-vous répartis dans l’année, plus les acteurs pourront investir et se spécialiser. F.N.H. : Parmi les limites que vous rencontrez encore, laquelle vous paraît la plus difficile à dépasser ? F. E. K. : Je parlerais d’abord des compétences très spécialisées. Le Maroc dispose de très bons profils dans l’événementiel et de gens qui connaissent très bien le gaming, mais le croisement entre les deux reste relativement rare. Produire une compétition esport demande de comprendre ce qui se passe dans le jeu, les attentes des joueurs, la logique de la diffusion, tout en maîtri- sant les contraintes classiques d’une grosse production audio- visuelle. Ce sont des métiers qui se construisent avec l’expérience. M. E. K. : De mon côté, je met- trais aussi la régularité des com- pétitions. On peut organiser un très bel événement et avoir beau- coup de visibilité pendant trois jours, mais pour les joueurs, la question commence presque après. Quelles compétitions vont- ils jouer ensuite ? Avec quelle structure ? Dans quelles condi- tions vont-ils continuer à s’entraî- ner ? Si on veut faire émerger davan- tage de joueurs de haut niveau, il faut qu’ils puissent jouer régu- lièrement contre de bons adver- saires et avoir un parcours plus lisible. Un grand tournoi, à lui seul, ne suffit pas.
Plus il y aura de formats différents et de rendez-vous répartis dans l’année, plus les acteurs pourront investir et se spécialiser.
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