Finances News Hebdo 1250

ECONOMIE

24

FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026

Nouveau gouvernement Les attentes des consommateurs sur le pouvoir d’achat

doit être proportionnellement lié à l’évolution du coût de la vie. Notre fédération propose de l’indexer sur la variation des prix des hydrocar- bures. Le Maroc ne dispose pas de beau- coup de richesses. Il tire essen- tiellement ses recettes fiscales des consommateurs sous forme d’imports indirects (TVA et TIC) et d’impôts directs (IR et IS). Une augmentation de salaire agit sur l’inflation. Il est donc préférable d’améliorer les conditions de vie des consommateurs à travers de meilleurs services de santé et d’enseignement et d’autres pres- tations. F. N. H. : Que proposez-vous pour maîtriser la hausse des prix des carburants. Etes- vous pour le plafonnement des prix ? B. Kh. : Nous avons tiré la son- nette d’alarme à plusieurs reprises sur ce sujet et appelé le gouverne- ment à intervenir pour mettre en place un mécanisme permettant d’atténuer l’effet de cette hausse. Sur les carburants, l’Etat perçoit 3,60 DH de TIC sur un litre de diesel et 3,74 DH sur un litre d’es- sence, il peut jouer sur ce volet et baisser les prix. On avance souvent le plafonne- ment des prix pour maîtriser la hausse des prix, mais cela n’a pas de sens dans la mesure où le Maroc est un pays libéral. Nous proposons d’instaurer un orga- nisme de régulation du secteur comme ce qui a été fait pour les télécoms à travers l’ANRT, ou pour l’audiovisuel avec la HACA. F. N. H. : Avez-vous des pro- positions réglementaires ou fiscales pour amélio- rer le pouvoir d’achat des Marocains ? B. Kh. : Nous pensons à des amendements du PLF 2027 por- tant sur la diminution de la TIC sur les carburants. C’est la voie la plus simple pour alléger le coût du panier de la ménagère et, de façon indirecte, pour améliorer le pou- voir d’achat des Marocains. Il faut développer l’investissement en vue de créer des emplois, augmenter les revenus des acteurs écono- miques et les recettes de l’Etat. ◆

La Fédération marocaine des droits du consommateur appelle le nouveau gouvernement à prendre des mesures concrètes pour contenir la hausse des prix. Son président, Bouazza Kherrati, préconise notamment une réduction de la taxe intérieure de consommation (TIC) sur les carburants dans le cadre du PLF 2027. Une mesure qui, selon lui, permettrait de limiter les répercussions du renchérissement des carburants sur les prix des produits de consommation.

Propos recueillis par C. Jaidani

qui figure dans les programmes électoraux de l’ensemble des partis politiques, devra occuper une place centrale dans l’action gouvernementale. Il s’agit d’une responsabilité transversale qui engage plusieurs départements ministériels. La Cheffe du gou- vernement devra donc opérer les arbitrages nécessaires et assu- rer une coordination efficace pour obtenir des résultats concrets. Au-delà des engagements, c’est une véritable volonté politique qui devra se traduire dans les faits, notamment face à la flambée des prix de certains produits de pre- mière nécessité, comme la viande. Le consommateur marocain doit être placé au cœur des priorités gouvernementales et devenir l’un des principaux bénéficiaires des politiques de développement. Car l’amélioration durable du pouvoir d’achat ne relève pas seulement d'un impératif économique : elle

constitue également un facteur déterminant de cohésion et de paix sociale. F. N. H. : Lors de la cam- pagne électorale, il a été évoqué un SMIG à 5.000 DH, une prime sociale de 1.000 DH minimum. Quel est votre avis ? B. Kh. : Un SMIG à 5.000 DH et une prime sociale à 1.000 DH sont une bonne initiative, mais les entreprises marocaines ont-elles la capacité d’appliquer un tel enga- gement ? L’Etat a-t-il assez de res- sources pour financer les aides ? Il faut rappeler que certains inves- tisseurs étrangers ont lancé leurs projets au Maroc sur la base d’une main-d’œuvre à moindre coût. D’ailleurs, c’est l’argument avancé par le Maroc pour attirer les porteurs de projets étrangers, notamment dans certaines filières comme l’automobile. Le SMIG

Finances News Hebdo : Quelles sont vos attentes par rapport au prochain gou- vernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri ? Bouazza Kherrati : Les gouver- nements précédents ont accusé des manquements dont les consé- quences continuent de peser sur le pouvoir d’achat des Marocains. Combler les lacunes accumulées et corriger les dysfonctionne- ments qui ont fragilisé la capa- cité des ménages à faire face à la hausse du coût de la vie nécessi- tera plusieurs années. Nous espé- rons que le gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri saura relever ce défi et répondre aux attentes des citoyens. L’amélioration du pouvoir d’achat,

Certains investisseurs étrangers ont lancé leurs projets au Maroc sur la base d’une main-d’œuvre à moindre coût.

www.fnh.ma

Made with FlippingBook flipbook maker