Finances News Hebdo 1250

Découvrez le numéro 981 de Finances News Hebdo, premier hebdomadaire de l'information financière au Maroc

Du 16 octobre 2026 - 8 DH - N° 1250

PREMIER HEBDOMADAIRE DE L'INFORMATION FINANCIÈRE AU MAROC

Directeur de la publication : Fatima Ouriaghli

Gouvernement El Mansouri Quatre partis autour du gâteau gouvernemental

Tarifs – Hôpitaux - Pharmacies Rahhou veut bousculer les règles établies  Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence

P. 36 à 39

P. 30/31

P. 3/7 à 9

Cannabis médical Le difficile passage du tabou à l’ordonnance

Rabat consolide ses acquis à l’ONU Sahara marocain  Omar Hilale, ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU

Décentralisation et déconcentration Le pouvoir peine à quitter Rabat

P.28/29

P. 16 à 18

P.35

Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massira El Khadra, Casablanca - Tél. : (0522) 98.41.64/66 - Fax : (0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma

SOMMAIRE

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026

4 ACTUALITÉ

Editorial

POLITIQUE

Voyons voir - RNI : Du fauteuil ministériel au banc des recalés

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Sahara marocain : A quelques jours du vote du 31 octobre, Rabat consolide ses acquis à l’ONU Gouvernement El Mansouri : Quatre partis autour du gâteau gouvernemental Entretien avec Abdelilah Eid Nizar : PAM, Un pacte à 50 milliards de DH pour l’insertion des jeunes

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Point Bourse Hebdo : Le rebond des actions à l’épreuve de la remontée des taux Dirham - Euro – Dollar : La bataille du change Salon de l’Épargne : Trois éditions pour rapprocher les Marocains de la finance Crédit bancaire : Les grands projets et l’investisse- ment dopent la croissance Assurance : Tarifs auto, santé, distribution… les réformes se précisent 6 7 10 12 14 BOURSE & FINANCES

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Fatima Ouriaghli Directeur général, Responsable de la publication

Dépréciation du Dirham

e Dirham poursuit son repli face aux principales devises interna- tionales. Selon Bank Al-Maghrib, la monnaie nationale s’est dépré- ciée de 1,4% face à l’Euro et de 2% vis-à-vis du Dollar entre août et septembre 2026. Une tendance prolongée début octobre, avec un recul respectif de 1,47% et 2,95% entre le 1 er et le 7 octobre. Le Dollar est ainsi passé de 9,682 à 9,977 DH, tandis que l’Euro franchissait le seuil symbolique des 11 DH. Cette dépréciation n’a certes rien d’alarmant à ce stade. Elle constitue néanmoins un signal à surveiller, dans un contexte où L Faut-il vraiment s’inquiéter ? les équilibres extérieurs restent sensibles aux fluctuations internationales. Car si le régime de change encadré du Dirham offre une certaine stabilité, il ne protège pas l’économie marocaine des tensions monétaires. Rappelons que le Maroc importe une grande partie de ses besoins énergé- tiques, biens d’équipement, matières premières et produits intermédiaires indispensables à son appareil productif. Chaque mouvement défavorable du taux de change peut donc alourdir la facture. Et lorsque le Dollar et l’Euro progressent simultanément face au Dirham, les répercussions se multiplient. Le contexte commercial n’est d’ailleurs guère rassurant. Selon l’Office des changes, le déficit commercial s’est creusé de 25,4% à fin août 2026, attei- gnant 282,6 milliards de dirhams, tandis que la facture énergétique augmen- tait de 32,6%. Ces chiffres ne permettent pas d’attribuer la dégradation des échanges au seul facteur monétaire. Ils montrent néanmoins que le recul du Dirham intervient dans un environnement déjà fragilisé. Et c’est précisément là que le sujet devient préoccupant. Une dépréciation peut rapidement se transformer en surcoût pour les entreprises importa- trices, contraintes de comprimer leurs marges ou d’augmenter leurs prix. Dans le second cas, c’est le consommateur qui règle l’addition, avec le risque de voir ressurgir des tensions inflationnistes. Il serait toutefois excessif d’y voir une menace immédiate. Tout dépendra de la durée de la dépréciation, des cours internationaux et de la capacité des entreprises à absorber les surcoûts. Parallèlement, un Dirham moins fort peut améliorer la compétitivité-prix des exportations et augmenter la contre-valeur des recettes touristiques et des transferts des Marocains résidant à l’étranger. Encore faut-il que ces avan- tages ne soient pas neutralisés par le renchérissement des intrants importés. C’est toute l’ambiguïté des dépréciations monétaires : elles peuvent stimuler certaines activités tout en fragilisant d’autres. Faut-il alors envisager une intervention de Bank Al-Maghrib ? La question appelle une réponse mesurée. La Banque centrale n’a pas vocation à neu- traliser chaque variation du taux de change. Défendre coûte que coûte un niveau donné du Dirham pourrait s’avérer contre-productif. En revanche, elle doit veiller à ce que les fluctuations ne dégénèrent pas en déséquilibres durables ou en anticipations excessivement défavorables. Autre élément rassurant : le Dirham s'affaiblit alors que les réserves de change se renforcent. Au 2 octobre, les avoirs officiels de réserve attei- gnaient 515,7 milliards de dirhams, en hausse de 23% sur un an. La Banque centrale n'a, par ailleurs, procédé à aucune adjudication sur le marché des changes entre le 1 er et le 7 octobre. Autrement dit, la dépréciation récente du Dirham ne s'accompagne pas d'un assèchement des réserves en devises. Une situation qui invite à relativiser les inquiétudes, sans pour autant minimiser les pressions exercées sur la monnaie nationale. u

SANTÉ

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Cannabis médical : Le difficile passage du tabou à l’ordonnance AMO : La généralisation de la couverture médicale face au mur des dépenses Tarifs – Hôpitaux – Pharmacies : Rahhou veut bous- culer les règles établies

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ECONOMIE

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Décentralisation et déconcentration : Le pouvoir peine à quitter Rabat Importations : L’énergie creuse la facture du Maroc Entretien avec Youssef Guerraoui Filali : Carburants en hausse, Le Maroc face à sa vulnérabilité énergétique Pénurie mondiale du diesel : Quel risque pour le Maroc ? Entretien avec Bouazza Kherrati : Nouveau gouvernement, Les attentes des consommateurs sur le pouvoir d’achat

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40 CULTURE

Galerie H by Holmarcom : Célébration de la dixième exposition avec «D.I.X»

25 Agents IA : Jusqu’où laisser agir la machine ? HIGH-TECH 26 L'UNIVERS DES TPME Entretien avec Zakaria Loulidy : Oldentic , «Notre ambition est de devenir une référence de l’expérience culturelle au Maroc»

42 TRIBUNE LIBRE

Politique industrielle : Transformer les turbulences internationales en opportunités de croissance

• Directeur des rédactions & Développement : David William • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Youssef Seddik, Khalid Aourmi, Ibtissam Zerrouk • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique & maquettiste : Abdelillah Chamseddine

• Administratif : Fatiha Aït Allah • Édition : JMA CONSEIL • Impression : Les imprimeries du Matin • Distribution : Sochpress • Tirage 5.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05 • S.A.R.L. au capital de 5.000.000,00 DH - C.N.S.S. 600 50 62 I.F. 1022303 - Patente 35770001 - ICE N° : 001526693000021

• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com

• Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri

VOYONS VOIR

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RNI

Du fauteuil ministériel au banc des recalés

même auquel le RNI avait succédé à la tête du gouvernement en 2021. Celui-là même dont la déroute électorale avait ouvert un boulevard à Aziz Akhannouch et à ses troupes. Cinq ans plus tard, les deux formations se retrouvent du même côté de l'hémicycle. L'ancien vainqueur et l'ancien vaincu, réunis par les facé- ties du suffrage universel et les subtilités des alliances politiques. Le RNI, encore imprégné des parfums du pou- voir, devra donc apprendre à troquer les notes ministérielles contre les questions orales et les arbitrages budgétaires contre les critiques du budget. Tout un programme de reconversion profession- nelle ! Il faudra surtout apprendre à dénoncer ce que l'on défendait hier. En effet, une politique éco- nomique que l'on présentait comme ambitieuse peut soudain devenir insuffisante. Une réforme

que l'on revendiquait courageuse peut se révéler mal calibrée. Quant aux difficultés sociales, hier expliquées par les contraintes internationales, elles pourraient désormais trouver leur origine dans les insuffisances gouvernementales. C’est dire qu’en tant qu’opposant, le RNI devra faire preuve d'une sacrée souplesse intellec- tuelle. Difficile, en effet, de se refaire une virginité politique quand on a passé cinq années à tenir le gouvernail. Les Marocains ont de la mémoire. Difficile de jouer les spectateurs indignés quand on a longtemps occupé les premiers rôles. Pour autant, le passage du RNI dans l'oppo- sition pourrait finalement lui être salutaire. En effet, le pouvoir use parfois davantage ceux qui l'exercent que ceux qui le contestent. Une cure d'opposition permet de retrouver le contact avec les réalités, de redécouvrir les vertus de la cri- tique et, accessoirement, de mesurer combien il est plus facile de promettre que de tenir. Reste quelques interrogations. Comment le RNI et le PJD vont-ils cohabiter dans cette nouvelle opposition ? Vont-ils unir leurs voix contre le gou- vernement El Mansouri ? Lequel des deux par- viendra à faire le plus de bruit dans l’opposition après avoir si longtemps savouré les douceurs du pouvoir ? Le spectacle promet quelques belles séances parlementaires. ◆ oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : ............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)

C est ce qu’on appelle un retour à l’envoyeur. Après avoir occupé les premières loges du pouvoir, distribué les portefeuilles, présidé les Conseils de gouvernement et savouré les délices de la majorité, le Rassemblement national des indé- pendants (RNI) vient d’apprendre à ses dépens qu’en politique, on n’est jamais propriétaire du pouvoir. On en est tout juste locataire. En effet, le verdict est tombé lundi 12 octobre. Le PAM, grand vainqueur des législatives du 23 septembre, a choisi ses compagnons de route. L’Istiqlal, l’USFP et le PPS embarquent dans le train gouvernemental conduit par Fatima Ezzahra El Mansouri. Deux cent sept sièges, une majorité absolue et, surtout, aucune place réservée au RNI. Même pas un strapontin. Par D. William ’

Il faut admettre que cette recomposition politique ne manque ni de piquant ni de rebondissements. Le PAM, qui partageait hier les responsabilités gouvernementales avec le RNI, a décidé de changer de partenaire. Sans grand fracas. Voilà donc le RNI condamné à rejoindre les bancs de l’opposition, où l’attend un voisin pour le moins encombrant : le Parti de la justice et du développement (PJD). Oui, le PJD ! Celui-là

Voilà le RNI condamné à rejoindre les bancs de l’opposition, où l’attend un voisin pour le moins encombrant : le Parti de la justice et du développement.

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Point Bourse Hebdo Le rebond des actions à l’épreuve de la remontée des taux

Evolution de l'indice Masi depuis début Octobre 2025

L Le retour du MASI au-dessus des 17.000 points redonne quelques arguments aux acheteurs, mais les volumes restent modestes et la dernière adjudication du Trésor rappelle que les tensions sur les taux n'ont pas disparu. es «soldes» commencent enfin à attirer quelques acheteurs à la Bourse de Casablanca. Après plu- sieurs semaines de correction et une perte de plus de 2.000 points depuis début septembre, le MASI a retrouvé un peu de vigueur. L'indice, qui avait terminé la semaine dernière à 16.797 points, s'est adjugé 0,94% lundi, puis 0,52% mardi, pour revenir à 17.041,91 points. chaque tentative de reprise était rapidement contrariée. Mercredi dernier, le MASI avait brièvement grimpé jusqu'à 17.235 points avant de rendre l'essentiel de ses gains. Dès le lendemain, il rechutait de 1,42%. Cette fois, les acheteurs ont réussi à prolonger le mouvement sur deux séances consécutives. Par Y . Seddik

TOP Performances

FLOP Performances

Oulmes Minière Touissit Involys

-2,94%

+6,75% +6,1%

S2M Sothema Holcim Maroc

-2,92%

Mais l'activité ne suit pas encore franchement. Après seulement 133,8 MDH échangés vendredi, les volumes ont atteint 195,6 MDH lundi, puis 186,1 MDH mardi. Une amélioration par rapport à la fin de semaine dernière, sans commune mesure avec les niveaux d'activité observés lors des périodes plus ani- mées. Sur le marché obligataire, les der- niers développements tranchent avec la relative détente observée précédemment. Après une levée symbolique de 100 MDH, puis une

-2,43%

+6,09%

En deux séances, le marché a rega- gné près de 245 points. Un rebond bienvenu après une semaine ache- vée sur une perte de 2,93%, mais encore insuffisant pour effacer les dégâts de la correction. Depuis jan- vier, le MASI accuse toujours un recul de 9,57%, tandis que le MASI 20 affiche une contre-performance de 17,22%. La séquence marque néan- moins une évolution par rapport à la semaine précédente, lorsque

adjudication entièrement rejetée malgré 4,88 milliards de dirhams de soumissions, le Trésor a finalement rouvert le robinet mardi 13 octobre. Et cette fois, les montants sont signi- ficatifs. La Direction du Trésor et des finances extérieures fait état de 6,9 milliards de dirhams retenus, face à une demande de 12,5 milliards. Le taux de satisfaction ressort à 55,2%. L'essentiel des financements a été concentré sur la maturité 5 ans, avec

5,05 milliards de dirhams levés à un taux moyen pondéré de 3,027%, en hausse de 12,1 points de base par rapport à la précédente référence. Sur le 52 semaines, le Trésor a mobilisé 1,3 milliard de dirhams à 2,355%, soit une progression de 11,3 points de base. Les 550 MDH restants ont été levés sur le 26 semaines, avec des ajus- tements de taux allant jusqu'à 13 points de base. ◆

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Dirham - Euro - Dollar La bataille du change

2,25% le 22 septembre, niveau auquel il avait été ramené en mars 2025. L’écart de rendement avec les États-Unis se resserre donc, ce qui n’incite pas les capitaux à rester en Dirhams. Le Dirham ne flotte pas librement, ce qui encadre le phénomène sans l’empêcher. Il est arrimé à un panier composé à 60% d’Euro et 40% de Dollar, avec une bande de fluctuation de ±5% autour d’un cours central. Bank Al-Maghrib distingue d’ailleurs l’effet panier, lié aux mouvements des deux devises de référence, de l’effet marché, propre au marché maro- cain. Quand l’Euro et le Dollar s’apprécient en même temps, la monnaie nationale recule sur les deux fronts, ce qui explique la double dépréciation actuelle. Après une appréciation de 2% en 2025, le taux de change effectif réel du Dirham devrait se dépré- cier de 4,1% cette année et de 2% en 2027, selon la Banque centrale. Un dispositif que Khalid Doumou juge à double tranchant : face aux secousses financières de l’au- tomne, il «montre toute son utilité, mais révèle également un équi- libre particulièrement précaire» . L’économiste identifie une double pression sur la monnaie. D’un côté, le Dollar s’est fortement ren- forcé sous l’effet des hausses de taux de la Fed et des tensions géopolitiques. De l’autre, la fac- ture énergétique du pays reste lourde. De quoi tester, dit-il, «les limites du marché des changes». Le coussin existe pourtant. Les avoirs officiels de réserve ont franchi un cap historique, à 515,7 milliards de dirhams début octobre, ce qui représente une couverture de 5 mois et 26 jours d’importations de biens et ser- vices. Une « puissance de feu non négligeable» pour Bank Al-Maghrib, souligne Khalid Doumou : si le Dirham s’approche de sa limite de dépréciation de 5%, la Banque centrale peut inter- venir massivement sur le marché des changes pour racheter des Dirhams et stabiliser son cours. Sans ce matelas de devises, ajoute-t-il, le Maroc aurait du mal à payer ses importations de pétrole et de gaz, libellées en Dollars,

Le Dirham recule face à l’Euro et au Dollar, sous l’effet du resserrement monétaire américain et des tensions sur les marchés internationaux. Une dépréciation qui renchérit les importations, alourdit la facture énergétique et menace de raviver l’inflation. Si les exportateurs, le tourisme et les MRE en tirent certains avantages, l’économie marocaine se retrouve confrontée à une équation délicate : contenir les pressions sur sa monnaie sans pénaliser davantage les entreprises et le pouvoir d’achat. Par L . B.

 Face au Dollar, le Dirham a cédé près de 7% depuis début août. L’Euro, lui, reste au-dessus de 10,90 DH.

P

our la première fois depuis long- temps, l’Euro a franchi le seuil symbolique des 11 dirhams le 2 octobre, pour revenir, au 14 octobre, à 10,94 DH contre 9,76 DH pour le Dollar. Et depuis début août, le Dirham a cédé environ 4% face à l’Euro et 6,7% face au Dollar. Cette glissade s’explique d’abord par la vigueur du Dollar. La Réserve fédérale a relevé ses taux d’un quart de point le 16 septembre, une première depuis l’été 2023, les portant entre 3,75% et 4%. La décision est allée à contre-courant des attentes de la Maison-Blanche : Donald Trump a réclamé une baisse rapide des taux, qu’il voudrait voir à 1% ou moins. La Banque centrale améri- caine, elle, reste focalisée sur une inflation qui dépasse son objectif de 2% depuis plus de cinq ans.

Pour l’économiste Khalid Doumou, cette fermeté n’a rien d’une sur- prise. «C’est pour préserver la valeur et la crédibilité du Dollar et de l’Euro que la Fed et la BCE mènent ces politiques restrictives, car une devise forte ne peut pas durablement coexister avec une inflation non maîtrisée. Celle-ci détruit le pouvoir d’achat interne et mine la confiance des investis- seurs internationaux» , explique- t-il Le plus important pour la suite tient dans les projections. Seize des dix-huit responsables ayant remis des prévisions s’attendent à une nouvelle hausse cette année. La médiane place le taux entre 4% et 4,25% fin 2026, et le comité reste partagé sur l’ampleur du resserrement. Selon Deutsche Bank, quatre présidents de Fed régionales penchent pour 75

points de base de hausse au total en 2026, alors que deux gouver- neurs n’en voient qu’une seule supplémentaire. Les minutes de la réunion de septembre, publiées le 7 octobre, indiquent que la plupart des participants jugent une nou- velle augmentation probablement appropriée d’ici la fin de l’année. Les marchés restent nuancés sur le calendrier. Au 8 octobre, ils tablent plutôt sur un statu quo le 28 octobre (81,2%), mais donnent 84,5% de probabilité à au moins une hausse d’ici le 9 décembre. La mécanique est classique. Des taux américains plus élevés rendent les placements en Dollars plus rémunérateurs et attirent les capitaux, ce qui renforce le bil- let vert au détriment des mon- naies des pays importateurs. Du côté marocain, Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur à

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sans voir sa monnaie s’effondrer.

pétrole se payant en Dollars, la devise américaine amplifie méca- niquement l’effet-prix. Les biens d’équipement, achetés surtout en Euros, suivent la même pente : leurs importations devraient pro- gresser de 15,6% en 2026, puis de 8,8% en 2027. Un Dirham plus faible renchérit donc le coût des machines et des équipements que les entreprises marocaines importent pour investir. Les intrants industriels sont aussi concernés. Les importa- tions de soufre, matière utilisée dans la fabrication des engrais, ont presque triplé pour atteindre 27,2 milliards de dirhams. Seule la campagne agricole a atténué le choc : grâce à l’amélioration de la récolte nationale, les importations de blé ont reculé de 18,4% à 9,3 milliards de dirhams. L’enjeu est d’autant plus sensible que les cours restent orientés à la hausse : en août, le blé tendre américain a atteint 263 Dollars la tonne en moyenne, en hausse de 31% sur un an. Une mau- vaise récolte future, combinée à un Dollar fort, serait un cocktail coûteux. Le risque ne se limite pas aux prix. Khalid Doumou rappelle que le pays reste fortement exposé à la hausse du pétrole, du gaz

cependant un coût budgétaire, avec un déficit projeté à 3,4% du PIB en 2026, et la Banque cen- trale ne cache pas que la pression pourrait s’installer. Elle évoque la persistance de l’inflation importée à un niveau relativement élevé, et son inflation sous-jacente devrait passer de -0,2% en 2026 à 2,2% en 2027. Un Dirham durablement plus faible rendrait ce maintien des prix plus coûteux, ou ferait remonter la facture à la pompe et dans les rayons. Le signal d’alerte vient d’en amont. L’Indice des prix à la production industrielle, publié mensuellement par le haut-commissariat au Plan, enregistre des hausses succes- sives, +0,1% en juillet puis +0,4% en août, alors que l’inflation per- çue par le consommateur reste très faible. «C’est le signal direct que les surcoûts d’importation et de transport sont absorbés tem- porairement par les marges des entreprises avant d’atteindre le marché» , analyse Khalid Doumou. Pour lui, le consommateur ressent surtout, dès à présent, le contre- coup de la hausse des produits de consommation courante et des carburants, tandis que les indus- triels et les gros opérateurs du commerce extérieur encaissent l’essentiel de l’inflation importée. Le rebond est d’ailleurs attendu : les prévisionnistes du FMI tablent sur une inflation de 1,4% à 1,5% en 2027 contre 0,9% en 2026. À l’autre bout de la chaîne, ceux qui perçoivent des devises en profitent. Les transferts des MRE ont atteint 89,2 milliards de dirhams à fin août, contre 81,8 milliards un an plus tôt, soit +9%. Un Euro envoyé de France ou un Dollar de New York achète plus de Dirhams : le pouvoir d’achat des familles bénéficiaires augmente, et investir ou acheter un bien au pays devient plus accessible pour la diaspora. Une réserve s’impose toutefois, car cette hausse est exprimée en Dirhams et inclut donc une part d’effet de change que les statistiques disponibles ne permettent pas d’isoler. Le tourisme suit la même logique. Les recettes voyages progressent de 9,7% à 97,9 milliards de dirhams, alors que les dépenses

La Fed relève ses taux, le Dirham décroche et les importateurs, industriels et consom- mateurs paient déjà davantage, tandis que la diaspora et le tourisme y gagnent.

Importations, énergie, inflation : la facture qui grossit C’est du côté des achats à l’étran- ger que la dépréciation fait le plus mal. À fin août, les importa- tions ont progressé de 15,8% à 617,5 milliards de dirhams contre +8,7% pour les exportations à 334,9 milliards. Le déficit commer- cial atteint ainsi 282,6 milliards, en hausse de 25,4%, et le taux de couverture des importations par les exportations recule à 54,2% contre 57,7% un an plus tôt. Il faut lire ces chiffres avec pru- dence : exprimés en Dirhams, ils mélangent l’effet des volumes, celui des prix mondiaux et, de plus en plus, celui du change. Tous les grands postes sont touchés. À fin juillet, les impor- tations avaient progressé de 15,9%, tirées par les produits finis d’équipement (+20,8%), les pro- duits énergétiques (+29,1%) et les produits finis de consommation (+12,3%). Pour l’énergie, la ten- dance devrait se confirmer sur l’année : Bank Al-Maghrib pré- voit une hausse de 28,4% de la facture énergétique en 2026, à 138,1 milliards de dirhams, dans un scénario de Brent nettement supérieur à celui de 2025. Le

et de certaines matières straté- giques, comme le soufre et l’am- moniac, dont dépend le Groupe OCP, pourtant grand pourvoyeur habituel de devises : les pays du Golfe représentent entre 40% et 48% de ses importations de ces deux intrants. Il en tire une consé- quence : certains grands groupes industriels «devront diversifier leur stratégie d’approvisionnement pour ne pas se trouver pris dans des goulots d’étranglement logis- tiques internationaux», dont les effets sur les coûts de production peuvent être «dévastateurs» pour des industriels très exposés aux risques géopolitiques, commer- ciaux et de change. Les industriels et décideurs éco- nomiques marocains font face, résume l’économiste, à «un véri- table effet de ciseau macroéco- nomique, où les risques géopo- litiques, logistiques et financiers s’alimentent mutuellement». Les surcoûts naissent du blocage de corridors stratégiques, de l’allon- gement des délais de livraison, de la flambée des coûts du transport de conteneurs et des primes d’as- surance pour risques de guerre. Pour l’État, la situation est à double tranchant. Les recettes douanières ont progressé de 7,1% à 69,7 milliards de dirhams à fin août, portées principalement par la TVA à l’importation et les taxes sur les produits énergé- tiques. Autrement dit, la hausse de la facture importée gonfle en partie les recettes fiscales, mais elle alourdit aussi le coût des mécanismes de soutien aux prix. Le consommateur a été relative- ment épargné jusqu’ici. L’inflation s’est limitée à 0,3% en moyenne sur les huit premiers mois de 2026, avec une prévision de 0,7% sur l’ensemble de l’année avant une remontée à 1,5% en 2027. L’effet de la hausse de l’énergie a été contenu grâce au soutien aux transporteurs routiers et au maintien des prix du gaz butane et de l’électricité. Ce bouclier a

Khalid Doumou : Ce qui se joue au-delà du Dirham Nouveau président de la Fed, nouvelle orientation de la politique monétaire américaine : pour Khalid Doumou, «il fallait s’y attendre», tant les tensions étaient devenues fortes entre Donald Trump et Jerome Powell, après ses deux mandats de quatre ans à la tête de la Banque centrale américaine. Le resserrement monétaire a repris de manière concrète sous la direc- tion de Kevin Warsh, adoubé par le président américain. Le 16 septembre, la Fed a voté à l’unanimité une hausse de 25 points de base, la première depuis plus de trois ans, déclenchée par une inflation persistante (énergie, tensions au Moyen-Orient) et par une économie amé- ricaine d’une solidité surprenante. La Banque centrale européenne a opéré le même virage. Le 10 septembre, son Conseil des gouverneurs a relevé de 25 points de base ses trois taux directeurs (facilité de dépôt à 2,50%, opérations principales de refinancement à 2,65%, facilité de prêt marginal à 2,90%), après un premier relèvement de même ampleur en juin. L’inflation atteint 3,6% aux États-Unis et 3,8% dans la zone Euro, et l’effet sur les changes est direct : des placements plus rémunérateurs attirent les capitaux étrangers et renforcent mécaniquement le Dollar et l’Euro. Après avoir injecté des milliers de milliards de dollars et d’euros pendant la pandémie, les deux Banques centrales font machine arrière en réduisant la taille de leur bilan. Elles ne réinvestissent plus les obligations arrivant à échéance, ce qui retire des liquidités du système financier mondial, et exercent une pression à la hausse sur les taux longs, ce qui renforce l’impact du resserrement du crédit. Sur le marché national, le Maroc manque déjà de Dollars et d’Euros, relève l’économiste, ce qui a eu un «impact endogène» : le Dirham aurait été poussé à la baisse de manière interne à hauteur de 2,6%. Reste l’inconnue géopolitique. Les crises en Ukraine et au Moyen-Orient ont des intensités, des durées et des portées qu’on ne peut prédire, «sauf à disposer d’une boule de cristal». Khalid Doumou veut croire que les événements qui troublent la liberté du commerce mon- dial s’atténueront l’an prochain.

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n’augmentent que de 6,6% à 23,3 milliards. La balance voyages dégage ainsi un excédent de 74,6 milliards. Le Maroc devient plus abordable pour les visiteurs européens et américains, tandis que les voyages des Marocains à l’étranger deviennent plus chers, ce qui peut freiner leurs dépenses hors du pays. Les exportateurs, enfin, gagnent en compétitivité-prix. Les ventes à l’étranger de l’automobile (+14,9% à fin juillet), de l’aéro- nautique (+19,7%) et de l’agroa- limentaire (+7%) tirent les expor- tations. Le gain est cependant moins net qu’il n’y paraît, car ces industries importent une part importante de leurs composants, payés en devises eux aussi. Les investissements directs étrangers soutiennent par ailleurs la balance des paiements, avec un flux net en hausse de 65% à 34,3 milliards de dirhams.

Au bout du compte, la déprécia- tion agit comme un transfert au sein de l’économie. Les impor- tateurs, les industriels qui s’ap- provisionnent à l’étranger et, à terme, les consommateurs paient davantage. Les exportateurs, le secteur touristique et les familles de MRE reçoivent davantage de Dirhams pour les mêmes devises. Aujourd’hui, le premier effet l’em- porte, comme le montre le déficit courant : Bank Al-Maghrib l’attend à 4,6% du PIB en 2026. Et le contexte de croissance ne facilite pas la détente : l’activité passerait de 4,9% en 2025 à 4,4% cette année, puis à 2,9% en 2027.

lité globale du Dirham, teintée d’une légère dépréciation face au Dollar, tandis que la mon- naie devrait rester relativement ferme face à l’Euro. Lequel subit, lui aussi, la puissance du Dollar, explique-t-il, et comme le panier du Dirham est lié à 60% à la monnaie européenne, le Dirham devrait mécanique- ment rester stable ou s’apprécier légèrement face à la monnaie unique. Une lecture qui tranche avec la glissade observée face à l’Euro depuis août. Côté Dollar, la hausse des taux de la Fed attendue en décembre devrait maintenir le billet vert à un niveau élevé, poussant le Dirham vers la borne inférieure de sa bande de

fluctuation de -5%. L’année 2027 s’annonce plus complexe. L’économiste anti- cipe une plus grande volatilité du Dirham, «sans pour autant menacer sa trajectoire» . Mais si les prix de l’énergie restent éle- vés à l’international, prévient-il, les sorties de devises pour payer les importations vont s’accélérer, ce qui exercera une pression baissière durable sur la monnaie. Tout dépendra de la trajectoire des taux américains. Si la Fed relève ses taux en décembre et les maintient en 2027, comme le suggère le scénario actuel, le Dollar pourrait rester fort et le Dirham sous pression. La dias- pora, le tourisme et les exporta- teurs continueraient d’en profiter, mais le coût des importations, déjà alourdi par l’énergie, reste- rait le principal point de vigilance pour les pouvoirs publics, les entreprises et les ménages. ◆

Quel scénario pour le Dirham ?

Prédire la trajectoire de la mon- naie reste un exercice périlleux, reconnaît Khalid Doumou. Son scénario le plus probable d’ici la fin de l’année : une stabi-

Un Dirham plus faible renchérit le coût des machines et des équipements que les entre- prises marocaines importent pour investir.

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Salon de l’Épargne Trois éditions pour rapprocher les Marocains de la finance M Lancé en 2023, le Salon de l’Épargne a consacré ses trois premières éditions au rapprochement entre les particuliers et le monde de la finance. De deux à quatre jours, avec dix conférences au démarrage puis une vingtaine lors des éditions suivantes, le rendez-vous a développé son format autour d’une même ambition : permettre aux Marocains de mieux comprendre les placements et les enjeux de leur épargne. La prochaine édition est prévue du 2 au 5 décembre 2026, à l’église du Sacré-Cœur à Casablanca. Par Y . Seddik né ce parcours. Le format ini- tial de deux journées a été porté à quatre jours dès 2024, tandis que la programmation est passée de dix conférences thématiques à une vingtaine. tions d’experts sur les caracté- ristiques des placements et les risques associés. Dix conférences thématiques sont alors annoncées. Cette programmation vise à donner aux particuliers des clés de lecture pour mieux cerner les produits financiers et com- prendre leur fonctionnement. La mobilisation de l’épargne à long terme figure également parmi les questions abor- dées, avec une réflexion sur sa contribution au financement de l’économie.

ettre de l’argent de côté est une chose. Savoir comment l’utiliser pour préparer un projet, anticiper la retraite ou construire un patrimoine en est une autre. C’est autour de ces préoccupations que le Salon de l’Épargne a été lancé en 2023 par Finances News Hebdo. Son objectif : créer un espace de dialogue où les par- ticuliers peuvent découvrir les instruments financiers, interro- ger les professionnels et mieux comprendre les avantages comme les risques des place- ments. Depuis, trois éditions ont jalon-

et la volonté de pérenniser la manifestation sous la forme d’un rendez-vous annuel. 2024 : un format élargi, la pédagogie au centre L’année suivante, le Salon change de dimension dans son organisation. La deuxième édition se déroule du 20 au 23 novembre 2024 à Anfa Park, à Casablanca. Le passage à quatre jours s’accompagne d’un programme annonçant une vingtaine de conférences, afin d’explorer davantage de sujets liés à l’épargne et à l’in- vestissement. Lors de l’ouverture, Nezha Hayat, alors présidente de l’Autorité marocaine du mar- ché des capitaux, insiste sur le rôle de l’éducation finan- cière dans la protection des épargnants et leur orientation vers des placements adaptés. Cette intervention rappelle que la mobilisation de l’épargne suppose aussi une meilleure compréhension des instru- ments proposés. Fatima Ouriaghli, Directeur de

2023 : rendre les place- ments plus accessibles La première édition se tient les 3 et 4 novembre 2023 à Casablanca. Pendant deux jours, le Salon propose une découverte des solutions d’épargne disponibles au Maroc et des métiers qui les accompagnent. Les visiteurs peuvent bénéficier des explica-

Pour un épargnant peu fami- liarisé avec le vocabulaire financier, comprendre une bro- chure ou comparer plusieurs propositions peut rapidement devenir difficile. La durée d’un placement, la disponibilité de l’argent, les frais et le risque constituent pourtant des élé- ments déterminants. Le dia- logue permet précisément de revenir sur ces notions et de poser les questions qui restent parfois sans réponse. Dès son lancement, le Salon fait ainsi de la pédagogie un axe central. Dans le bilan publié après cette première édition, Finances News Hebdo souligne la sensibilisation du public aux enjeux de l’épargne

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publication de Finances News Hebdo, précise également la vocation du rendez-vous : «le Salon de l’épargne se veut un outil pédagogique autant qu’un lieu d’échange». L’accent est mis sur l’épargne responsable, la planification à long terme et la compréhension des possibi- lités d’investissement. Cette approche donne toute sa place à la discussion. Pour les visiteurs, l’intérêt consiste à pouvoir demander une explica- tion supplémentaire, confron- ter différents points de vue et relier les notions financières à leurs propres préoccupations. Un projet immobilier, la prépa- ration des études des enfants ou la retraite ne soulèvent pas les mêmes questions. La péda- gogie doit permettre de com- prendre ces différences. 2025 : vingt conférences pour décrypter l’épargne La troisième édition se déroule du 26 au 29 novembre 2025, toujours à Anfa Park. Elle pour- suit le travail engagé autour de l’information financière et

des échanges avec les particu- liers. Les questions rapportées dans la couverture du Salon concernent notamment la fis- calité des placements, les frais de gestion, les modalités des contrats d’assurance-vie et le fonctionnement de la gestion sous mandat. Le programme annoncé com- prend vingt conférences répar- ties sur quatre jours. Les thé- matiques couvrent la Bourse, les Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), la gestion déléguée, l’assurance-vie, l’épargne conforme aux principes de la finance participative et les sociétés cotées. Cette diversité permet d’abor- der plusieurs dimensions de la gestion de l’épargne. Au-delà des caractéristiques de chaque produit, les échanges portent sur la manière de comprendre les mécanismes, d’apprécier les contraintes et de poser les bonnes questions avant de prendre une décision. La couverture de cette édition fait notamment état de discus-

sions sur les introductions en Bourse, la diversification et la transmission patrimoniale. Au fil de ces trois éditions, le Salon a conservé un fil conduc- teur : rendre l’information finan- cière plus accessible par le contact direct et l’explication. La progression du format et de la programmation constitue un repère de ce parcours. Elle rappelle aussi l’étendue des sujets à traiter pour rapprocher

les particuliers d’un univers qui peut leur sembler complexe. La prochaine édition est pré- vue du 2 au 5 décembre 2026, à l’église du Sacré-Cœur, au centre-ville de Casablanca. Ce nouveau rendez-vous pro- longera une démarche enga- gée depuis 2023 autour d’une préoccupation commune : permettre aux épargnants de mieux comprendre les choix qui s’offrent à eux. ◆

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financier, la croissance des cré- dits à l'équipement atteint 25,5% et celle des facilités de trésorerie à 9,7%. Du côté des emprunteurs, deux moteurs se distinguent. Les sociétés non financières privées affichent un encours de 498,2 mil- liards de dirhams, en hausse de 11,7%, soit 52,1 milliards de plus qu'il y a un an. Ce rythme doit tou- tefois être relativisé : en août 2025, le crédit aux entreprises privées reculait encore de 0,3%, ce qui offre une base de comparaison favorable. Le second moteur est plus inattendu. L'encours des cré- dits aux administrations locales a plus que doublé (+111,9%), à 55,6 milliards de DH, soit 29,4 milliards supplémentaires. Cela représente près de 29% de la hausse de 102 milliards du crédit au secteur non financier, et environ 22% de celle de 131,3 milliards du crédit ban- caire total. Dans son Rapport sur la poli- tique monétaire, Bank Al-Maghrib relie l'expansion de ces prêts aux crédits alloués en avril dans le cadre des projets de dessalement de l'eau de mer et d'extension de la ligne à grande vitesse. À l'inverse, la progression des prêts aux entreprises publiques est retombée à 4,4% en août, contre 15,9 % au deuxième trimestre. La ventilation par branche, dispo- nible pour le deuxième trimestre, confirme cette lecture. Les crédits aux entreprises de l'électricité, du gaz et de l'eau progressent de 12,9%, ceux du commerce de 12,6% et ceux du BTP de 9,8 %. Ils reculent en revanche de 21,6% pour les transports et communications, de 7,1% pour les industries manufacturières diverses et de 3,8% pour le textile. Les ménages, eux, restent en marge du mouvement. Leur encours de 404,4 milliards de dirhams ne progresse que de 3,4%, et les prêts à l'habitat des particuliers de 2,2% en juillet. Le signal de fragilité vient des impayés : les créances en souf- france des ménages ont aug- menté de 6% en juillet, pour un ratio de 10,9%. Sur l'ensemble du crédit bancaire, l'encours des créances en souffrance atteint

 La croissance des crédits à l'équipement atteint 25,5% et celle des facilités de trésorerie à 9,7%.

Crédit bancaire Les grands projets et l’investissement dopent la croissance L À fin août 2026, le crédit bancaire au secteur non financier progresse de 10,5 % sur un an, plus du double de son rythme de fin 2025. Les crédits à l'équipement et les grands chantiers publics expliquent l'essentiel de la hausse. Bank Al-Maghrib anticipe pourtant un retour à 6,1 % en 2027. Par S . Ch e changement de rythme est net. Selon les statistiques moné- taires d'août publiées par Bank Al-Maghrib, l'encours des crédits bancaires au secteur non financier atteint 1.070 milliards de dirhams, en hausse de 10,5% sur un an, après 10,1% en juillet. En août 2025, cette progression n'était que de 3,4%, et elle s'éta- blissait à 4,8% en décembre. La Banque centrale a dû suivre le mouvement : dans son Rapport sur la politique monétaire du 22 septembre, elle relève de 1,3 point sa prévision pour 2026, désormais fixée à 8,1%. leur encours a bondi de 30,3%, de 267,4 à 348,4 milliards, soit 81,1 milliards supplémentaires. Les comptes débiteurs et crédits de trésorerie progressent de 9,2%, de 238,4 à 260,2 milliards (+21,8 milliards). Les crédits à l'habitat restent net- tement en retrait, à +2,4%, de 253,2 à 259,2 milliards.

mie connaissent «une dynamique historique, principalement portée par la relance de l'investissement productif du secteur privé, malgré un resserrement de la liquidité qui impose une vigilance accrue de Bank Al-Maghrib». Le détail des chiffres permet de vérifier cette lecture. La composition de la hausse est plus révélatrice que son ampleur. Sur un an, l'encours total du crédit bancaire, tous secteurs confon- dus, est passé de 1.161 milliards de dirhams à fin août 2025 à 1.292,3 milliards à fin août 2026, soit une hausse de 131,3 milliards (+11,3%). Les crédits à l'équipe- ment en sont le principal moteur :

Leur composante participative fait exception : le financement parti- cipatif à l'habitat atteint 32,3 mil- liards de DH, contre 27,7 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 16,3%, et sa part dans les crédits à l'habitat passe d'environ 11% à un peu plus de 12%. Sur le seul périmètre du secteur non

Pour l'économiste et expert Khalid Doumou, les crédits à l'écono-

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106,5 milliards de dirhams à fin août, contre 102,7 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 3,7%. Leur ratio remonte légèrement sur un mois, de 8,1% à 8,2%. Sur un an, il recule toutefois, car l'encours total du crédit progresse trois fois plus vite que celui des impayés : calculé à partir des encours, il passe d'environ 8,8% à 8,2%. Ce retrait des ménages contraste avec des conditions d'offre jugées favorables. Selon Khalid Doumou, le financement du logement reste «très compétitif, porté par une concurrence agressive entre les grandes banques de la place, combiné avec des aides étatiques à l'achat de logements écono- miques». Il situe les taux nomi- naux fixes, hors taxes et hors assurances, entre 4,10% et 5,50% selon les banques et la durée de l'emprunt, et le taux effectif global moyen, assurance décès- invalidité comprise, entre 5,10% et 5,60%. Les fonctionnaires et les salariés du privé en CDI obtiennent les meilleures condi- tions, parfois à partir de 4% sur certaines maturités. Le crédit à la consommation et les prêts automobiles, «très pri- sés au Maroc» selon l'écono- miste, sont plus chers que les prêts immobiliers, mais restent plafonnés par le taux maximum des intérêts conventionnels, qu'il situe à 13,21%. La poche la plus dynamique reste toutefois celle de la finance participative. Le contrat Mourabaha «connaît une très forte progression, notamment pour l'acquisition de biens immo- biliers», relève Khalid Doumou, ce que confirment les chiffres de Bank Al-Maghrib : le financement participatif à l'habitat progresse de 16,3% sur un an, contre 2,4% pour l'ensemble des crédits à l'habitat. Cette accélération intervient alors que le crédit aux entreprises ren- chérit. Selon l'enquête de Bank Al-Maghrib, le taux débiteur moyen a augmenté de 15 points de base au deuxième trimestre, à 4,81%, après une baisse de 16 points au premier trimestre. Pour les entreprises, la hausse atteint 17 points à 4,71%, et 29 points pour l'équipement à 4,65%. Les

tembre. Bank Al-Maghrib juge la balance des risques orientée à la baisse pour la croissance et à la hausse pour l'inflation, et dit vou- loir décider « réunion par réunion». Le boom du crédit de 2026 appa- raît ainsi moins comme une vague générale que comme le finance- ment de grands projets d'infras- tructure et d'un effort d'équipe- ment concentré. Sa durabilité en 2027 dépendra de la capacité de l'investissement privé à prendre le relais une fois ces chantiers financés. Un relais qui ne passera pas for- cément par les banques. Khalid Doumou souligne que la finance bancaire, dite intermédiée, est désormais «concurrencée par la finance de marché», notamment par le capital-investissement, du capital-innovation au capital- retournement, en passant par le capital-développement et le capi- tal-transmission. ◆

Variation des encours de fin août 2025 à fin août 2026

+30,3%

Crédits à l’équipement

267,4  348,4 Md Dh

+16,3% 27,7  32,3 Md Dh

Financement participatif à l’habitat

+11,3% 1 161,0  1 292,3 Md Dh

Total crédits bancaires

+9,2% 238,4  260,2 Md Dh

Trésorerie et comptes débuteurs

+2,4% 253,2  259,2 Md Dh

Crédits à l’habitat

Source : Bank Al -Maghrib

taux appliqués aux particuliers ont reculé de 15 points à 5,59%. Le taux directeur, lui, est inchangé à 2,25%. Cette évolution intervient alors que le coût de financement des banques est resté globalement stable entre les deux premiers trimestres, selon la Banque cen- trale. Elle pourrait ainsi refléter d'autres facteurs, notamment les conditions de risque et les marges appliquées aux différentes caté- gories de crédits, sans que les données disponibles permettent d'en isoler précisément les effets. La hausse des encours, elle, s'est poursuivie. Reste la question de la durée. Bank Al-Maghrib prévoit 8,1% pour 2026, puis 6,1% en 2027, une projection inchangée par rapport à juin. Si ces 8,1% désignent la variation de fin d'an- née, l'objectif impliquerait que l'encours du crédit au secteur non financier ne progresse que d'envi- ron 14 milliards de dirhams entre août et décembre, contre environ 35 milliards sur la même période de 2025. Autrement dit, une forte décélération dès les prochains mois. Les hypothèses du rapport vont dans ce sens. La croissance ralentirait de 4,4% en 2026 à 2,9% en 2027, sous l'effet d'un recul de 7,6% de la valeur ajoutée agricole, l'activité non agricole remontant à 4%. L'investissement décélère déjà, avec une progression attendue autour de 10% aux deuxième et troisième trimestres, contre 18,3% un an plus tôt. Dans le même temps, les ventes de ciment sont revenues de 15,4 à 8% et les importations de biens d'équipe-

ment en volume de 32,8 à 16,2%. Plusieurs facteurs pèseront sur cette trajectoire. Le besoin de liquidité des banques devrait se creuser à 146 milliards de dirhams à fin 2026, puis à 168,2 milliards en 2027, sous l'effet de la hausse de la monnaie fiduciaire. À l'international, la Fed et la BCE ont relevé leurs taux en sep-

POUR NE RIEN RATER DE LA BOURSE @bourse_news @boursenews www.boursenews.ma Bourse news

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