Finances News Hebdo 1250

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026

n’augmentent que de 6,6% à 23,3 milliards. La balance voyages dégage ainsi un excédent de 74,6 milliards. Le Maroc devient plus abordable pour les visiteurs européens et américains, tandis que les voyages des Marocains à l’étranger deviennent plus chers, ce qui peut freiner leurs dépenses hors du pays. Les exportateurs, enfin, gagnent en compétitivité-prix. Les ventes à l’étranger de l’automobile (+14,9% à fin juillet), de l’aéro- nautique (+19,7%) et de l’agroa- limentaire (+7%) tirent les expor- tations. Le gain est cependant moins net qu’il n’y paraît, car ces industries importent une part importante de leurs composants, payés en devises eux aussi. Les investissements directs étrangers soutiennent par ailleurs la balance des paiements, avec un flux net en hausse de 65% à 34,3 milliards de dirhams.

Au bout du compte, la déprécia- tion agit comme un transfert au sein de l’économie. Les impor- tateurs, les industriels qui s’ap- provisionnent à l’étranger et, à terme, les consommateurs paient davantage. Les exportateurs, le secteur touristique et les familles de MRE reçoivent davantage de Dirhams pour les mêmes devises. Aujourd’hui, le premier effet l’em- porte, comme le montre le déficit courant : Bank Al-Maghrib l’attend à 4,6% du PIB en 2026. Et le contexte de croissance ne facilite pas la détente : l’activité passerait de 4,9% en 2025 à 4,4% cette année, puis à 2,9% en 2027.

lité globale du Dirham, teintée d’une légère dépréciation face au Dollar, tandis que la mon- naie devrait rester relativement ferme face à l’Euro. Lequel subit, lui aussi, la puissance du Dollar, explique-t-il, et comme le panier du Dirham est lié à 60% à la monnaie européenne, le Dirham devrait mécanique- ment rester stable ou s’apprécier légèrement face à la monnaie unique. Une lecture qui tranche avec la glissade observée face à l’Euro depuis août. Côté Dollar, la hausse des taux de la Fed attendue en décembre devrait maintenir le billet vert à un niveau élevé, poussant le Dirham vers la borne inférieure de sa bande de

fluctuation de -5%. L’année 2027 s’annonce plus complexe. L’économiste anti- cipe une plus grande volatilité du Dirham, «sans pour autant menacer sa trajectoire» . Mais si les prix de l’énergie restent éle- vés à l’international, prévient-il, les sorties de devises pour payer les importations vont s’accélérer, ce qui exercera une pression baissière durable sur la monnaie. Tout dépendra de la trajectoire des taux américains. Si la Fed relève ses taux en décembre et les maintient en 2027, comme le suggère le scénario actuel, le Dollar pourrait rester fort et le Dirham sous pression. La dias- pora, le tourisme et les exporta- teurs continueraient d’en profiter, mais le coût des importations, déjà alourdi par l’énergie, reste- rait le principal point de vigilance pour les pouvoirs publics, les entreprises et les ménages. ◆

Quel scénario pour le Dirham ?

Prédire la trajectoire de la mon- naie reste un exercice périlleux, reconnaît Khalid Doumou. Son scénario le plus probable d’ici la fin de l’année : une stabi-

Un Dirham plus faible renchérit le coût des machines et des équipements que les entre- prises marocaines importent pour investir.

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