ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026
susceptibles de renforcer l'at- tractivité des régions moins favo- risées. Il cite notamment les inci- tations territoriales prévues par la nouvelle Charte de l'investis- sement, la valorisation des voca- tions économiques locales et l'amélioration de la connectivité des territoires avec les grands pôles nationaux. L'objectif n'est pas de reproduire par- tout le modèle économique de Casablanca ou de Tanger, mais de permettre à chaque région de développer ses propres moteurs de croissance. C'est précisément dans cette perspective que le Souverain ins- crit la prochaine étape. «L'enjeu réel de la prochaine étape est l’action territoriale qui devra être menée sur le terrain pour identifier les vrais problèmes de chaque région et pour leur trou- ver des solutions réalistes» , sou- ligne-t-il. Tout est dans cette exigence de réalisme. Les territoires n'ont ni les mêmes ressources, ni les mêmes contraintes, ni les mêmes priorités. Les défis de Casablanca-Settat ne sont pas ceux de Drâa-Tafilalet, pas plus que les besoins de Dakhla-Oued Eddahab ne se confondent avec ceux de Fès-Meknès. Une poli- tique territoriale efficace ne sau- rait donc se résumer à la décli- naison uniforme de programmes conçus au niveau central. Encore faut-il accepter que les territoires disposent d'une véri- table capacité d'initiative. Et c'est là que le discours royal prend une dimension particulièrement forte. «Aussi, nous soulignons avec force qu'aucun retard ni ater- moiement n'est plus tolérable dans la mise en œuvre pleine et entière de la Charte de la décon- centration, avec ce que cela implique en termes de transfert des compétences et de réaffec- tation des ressources humaines et financières nécessaires du Centre vers les provinces et les
régions» , avertit le Souverain. Difficile d'être plus explicite. Huit ans après l'adoption de la Charte, il ne s'agit plus de multiplier les annonces, les calendriers ou les schémas directeurs, mais plu- tôt de transférer effectivement les compétences, les ressources humaines et les moyens finan- ciers. Mais le problème n'est pas uni- quement financier. En effet, les ressources mobilisées sont loin d'être négligeables. Selon la Cour des comptes, les contributions du fonds spécial alimenté par les parts d'impôts affectées aux régions sont passées de 3,79 milliards de dirhams en 2016 à 8,79 milliards en 2023. Entre janvier 2018 et juillet 2024, les transferts de l'Etat aux régions ont atteint environ 52,76 milliards de dirhams, auxquels s'ajoutent 5,74 milliards au titre du Fonds de solidarité interrégionale. Des montants qui témoignent d'un effort financier réel. Pour autant, l'autonomie finan- cière ne saurait se résumer au volume des ressources trans- férées. Oussama Attahir insiste également sur leur prévisibi- lité, condition nécessaire à une meilleure programmation des investissements régionaux. Il évoque, à cet égard, la possibilité de consolider cette autonomie à travers des transferts de res- sources plus prévisibles, confor- mément au cadre juridique, et le développement de partenariats public-privé adaptés aux capa- cités financières des collectivités territoriales. La question de la solidarité entre régions se pose avec la même acuité. L'économiste rappelle le rôle que peuvent jouer le Fonds de solidarité interrégionale et le Fonds de mise à niveau sociale dans la réduction des dispari- tés. Encore faut-il que les méca- nismes de redistribution reposent sur des critères objectifs, tenant compte notamment des res- sources propres des régions, de leurs réalités démographiques et de leurs déficits effectifs en infrastructures et en services de base. Une manière de faire de la solidarité territoriale un ins-
Malgré les ambitions de la régionalisation avancée, la persistance des arbitrages administratifs au niveau central freine l’autonomie des territoires et la concrétisation de leurs projets de développement.
Oussama Attahir. A l'inverse, une exécution plus fluide des inves- tissements publics pourrait pro- duire un effet d'entraînement sur les économies locales, en soute- nant l'activité des entreprises et la création d'emplois, note-t-il. Les données économiques en témoignent. Selon les comptes régionaux du haut-commissa- riat au Plan, Casablanca-Settat (32,2%), Rabat-Salé-Kénitra (15,7%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10,6%) concentraient à elles seules 58,5% du PIB national en 2023. Pour Oussama Attahir, «cette concentration reflète notamment les effets d'agglomération», qui favorisent le regroupement des activités et des investissements autour des grands pôles économiques. Le défi consiste désormais, selon lui, à mieux diffuser leurs retom- bées vers les autres territoires, sans ignorer les spécificités et les potentialités économiques de chacun.
En effet, à l'autre extrémité, les quatre régions de Drâa-Tafilalet, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune- Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab ne contribuaient ensemble qu'à hauteur de 7,6% au PIB national. Plus révélateur encore, l'écart absolu moyen entre les PIB régionaux et le PIB régional moyen est passé de 73,3 milliards de dirhams en 2022 à 83,1 milliards en 2023. Autrement dit, loin de se résorber, les dis- parités en matière de création de richesse se sont accentuées sur cette période. Certes, la concentration de la richesse résulte de facteurs his- toriques, géographiques et éco- nomiques qui dépassent large- ment la seule organisation admi- nistrative. Mais elle rappelle que la régionalisation ne peut être une fin en soi et doit aussi contribuer à créer les conditions d'un déve- loppement mieux réparti. Dans cette perspective, Oussama Attahir identifie plusieurs leviers
L'articulation entre décentralisation et déconcentration constitue un facteur important de cohérence et d'efficacité de l'action publique territoriale.
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