Finances News Hebdo 1250

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026

des résultats mesurables plutôt que sur les seules intentions affi- chées. L'économiste propose ainsi de distinguer, dans le suivi des PDR, les crédits engagés, les dépenses ordonnancées et effectivement payées, ainsi que l'état d'avan- cement physique des projets programmés. Une distinction qui permettrait de mesurer plus préci- sément la capacité réelle d'exécu- tion des régions. Cette logique d'évaluation devrait également s'étendre à l'investisse- ment privé. Pour Oussama Attahir, il importe de « mesurer le volume des investissements privés réel- lement engagés et les emplois effectifs créés en dehors des trois grandes régions motrices, au-delà des seules conventions approu- vées». De même, il préconise de «mesu- rer la dynamique de réduction des écarts en matière de taux d'acti- vité, d'insertion professionnelle et d'accès aux infrastructures essen- tielles» . Enfin, ajoute-t-il, l'efficacité de la déconcentration pourrait être appréciée à travers des indica- teurs administratifs concrets, notamment les délais réels de délivrance des autorisations et d'accès au foncier productif. L'intérêt serait d'identifier précisé- ment les étapes et les administra- tions à l'origine des lenteurs. Une façon de passer d'une apprécia- tion générale des dysfonctionne- ments à une mesure plus objec- tive des obstacles qui continuent de freiner les initiatives locales. En effet, la régionalisation avan- cée doit devenir une décentrali- sation de la capacité d'agir. De même, la déconcentration doit se traduire par une véritable capa- cité à décider localement. Cela implique nécessairement une évo- lution de la culture de gouver- nance. En sachant que décentra- liser ne signifie pas affaiblir l'Etat. C'est lui permettre d'agir autre- ment. Et déconcentrer ne consiste pas à déplacer des fonctionnaires ou à multiplier les représentations territoriales. C'est rapprocher la décision de ceux qui en subissent les conséquences ou en attendent les bénéfices. ◆

trument de convergence plutôt qu'une simple redistribution bud- gétaire. Mais l'argent mobilisé ne consti- tue pas, à lui seul, un indicateur de réussite. Encore faut-il pouvoir le transformer en projets exécu- tés, en équipements opération- nels et en services effectivement rendus aux populations. C'est ici qu'intervient un autre facteur déterminant : la qualité de l'ingénierie territoriale. Pour Oussama Attahir, disposer de ressources financières ne suf- fit pas si les administrations régionales ne possèdent pas les compétences techniques néces- saires pour concevoir, évaluer et piloter des projets d'envergure. «La montée en compétences des administrations territoriales et le renforcement des Agences régio- nales d'exécution des projets (AREP) sont déterminants pour transformer les crédits alloués en réalisations durables» , souligne- t-il. En somme, une région peut disposer de moyens financiers importants sans avoir nécessai- rement la capacité de les mobili- ser efficacement. L'exemple des contrats Etat- régions est, à cet égard, édifiant. Entre 2020 et 2022, quatre régions avaient conclu des contrats por-

tant sur 197 projets de dévelop- pement, pour un coût global de 23,56 milliards de dirhams. Or, selon les constats de la Cour des comptes, à fin avril 2024, seulement 9% des projets étaient achevés, tandis que 80% se trou- vaient encore en cours de réali- sation. Un taux d'achèvement qui n'avait progressé que de deux points par rapport à fin 2022. Voilà qui donne une idée de la distance pouvant séparer la programma- tion de l'exécution. Car entre la signature d'une convention et la livraison d'un projet, il existe parfois un véritable parcours fait d'obstacles administratifs, finan- ciers et organisationnels. Le programme de réduction des disparités territoriales et sociales 2017-2023 offre un autre éclai- rage. Doté d'une enveloppe d'en- viron 50 milliards de dirhams, il visait notamment l'amélioration des infrastructures rurales. La Cour des comptes relève qu'envi- ron 82% des projets programmés avaient été achevés lors de son évaluation, contre 12% encore en cours. Mais les taux d'exécution variaient de 65% à 98% selon les régions. Ces résultats traduisent des réalisations tangibles, mais également de fortes disparités dans la capacité d'exécution ter- ritoriale.

Engagement réciproque La contractualisation entre l'Etat et les régions doit cesser d'être perçue comme un simple exercice de programmation pour devenir un véritable instrument d'enga- gement réciproque, assorti de responsabilités clairement iden- tifiées, de financements sécuri- sés, de délais précis et de méca- nismes d'évaluation. Le Roi ne dit pas autre chose. Selon lui, «il devient indispensable de mieux organiser les relations entre l'Etat et les régions et d'instaurer les mécanismes de coordination et de contractualisation nécessaires pour doter celles-ci du pouvoir de décision et d’exécution des pro- jets». Cette exigence de contrac- tualisation doit également se tra- duire par une meilleure articulation entre les contrats-programmes Etat-régions, les ressources bud- gétaires effectivement mobilisées et les projets inscrits dans les Programmes de développement régional (PDR). Un point sur lequel insiste Oussama Attahir, qui plaide pour une appréciation des perfor- mances territoriales fondée sur

A quoi sert de disposer de directions régionales si celles-ci doivent constamment solliciter leur tutelle pour des décisions qui pourraient être prises sur place ?

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