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ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026

carburant. Le transport des mar- chandises, le fonctionnement de certains équipements ou l’achat d’intrants peuvent devenir plus coûteux. Selon leurs contrats et la concurrence, les opérateurs doivent absorber une partie de la hausse dans leurs marges ou la répercuter sur leurs prix. La transmission n’est ni immédiate ni identique dans tous les secteurs.

Réduire la dépendance, préserver les marges

La hausse des coûts à l’importa- tion ne se traduit pas mécanique- ment par une inflation de même ampleur pour les ménages. Les tarifs, les stocks, les contrats et les mécanismes de soutien peuvent modifier ou retarder sa transmis- sion. Mais amortir le choc ne le fait pas disparaître : il peut être supporté par les entreprises, les consommateurs ou les finances publiques. Najib Akesbi soulignait également le rôle du soutien au butane et de l’électricité dans cette répar- tition. Il insistait sur les besoins de stockage, de sécurisation des approvisionnements et de valo- risation locale. Pour lui, la vulné- rabilité énergétique appelle une réponse stratégique, au-delà des ajustements conjoncturels. Le débat concerne aussi le péri- mètre de la transition. Dans une publication consacrée à la dépen- dance énergétique, Saïd Guemra, expert-conseil en management de l’énergie, estime que «l’énergie est un enjeu stratégique avant d’être un enjeu climatique». Il défend une approche qui dépasse la pro- duction d’électricité et intègre le transport, la chaleur industrielle, l’efficacité énergétique et la subs- titution progressive des combus- tibles fossiles. À l’échelle de l’entreprise, réduire l’énergie consommée par unité produite peut limiter l’exposition aux cours internationaux. Cela suppose de mesurer les consom- mations et d’identifier les pertes. Une solution moins énergivore doit aussi être accessible et compa- tible avec les contraintes de pro- duction. Le gain dépend de son coût, de son utilisation et des éco- nomies effectivement réalisées. ◆

 Les importations énergétiques atteignent 96,4 milliards de DH à fin août 2026, soit 23,7 milliards de plus sur un an.

Importations L’énergie creuse la facture du Maroc L La facture énergétique atteint 96,4 milliards de DH à fin août 2026, en hausse de 32,6% sur un an. Les dernières données du HCP confirment aussi un renchérissement des valeurs unitaires à l’importation. Au-delà du déficit commercial, cette pression met à l’épreuve les coûts et la compétitivité des entreprises. Par K . A. carburants vendus au Maroc ont renchéri de 53,1%. Il éclaire, en revanche, la pression sur le coût des approvisionnements. Par ailleurs, les données de l’Office des changes donnent une autre mesure du choc. À fin août, la facture énergétique s’établit à 96,4 milliards de DH, contre 72,7 mil- liards un an auparavant. La hausse atteint 32,6%, soit 23,7 milliards supplémentaires. Les achats de gasoils et de fuel-oils représentent à eux seuls 50,7 milliards de DH, en progression de 44,9%. couverture recule à 54,2%, contre 57,7% un an auparavant. L’énergie n’explique toutefois pas toute la progression des achats. Les importations de biens d’équi- pement augmentent aussi de 19,3%, à 148,7 milliards de DH. Ces dépenses peuvent soutenir l’investissement. Elles se dis- tinguent donc du surcoût subi sur les intrants.

e Maroc achète davantage à l’étranger, mais certains de ses approvisionnements coûtent aussi plus cher. Dans sa note publiée le 5 octobre, le haut-commissariat au Plan relève une hausse de 10% de l’indice des valeurs unitaires à l’importation au deuxième tri- mestre 2026, sur un an. L’énergie et les lubrifiants enregistrent une progression de 53,1%, tandis que les produits bruts d’origine miné- rale affichent une hausse de 97%. Ces évolutions concentrent une part importante des tensions sur les achats extérieurs. L’indicateur ne doit pas être confondu avec le montant total des importations. Il suit les valeurs rapportées aux quantités des pro- duits échangés et peut aussi reflé- ter des changements dans leur composition. Il ne signifie donc pas que tous les produits importés ont augmenté de 10%, ni que les

Pour l’économiste Najib Akesbi, l’exposition passe d’abord par cette dépendance aux approvi- sionnements étrangers. Dans un entretien publié en juin, il rappe- lait que «le Maroc demeure forte- ment dépendant des importations énergétiques et alimentaires». Il identifiait les transports, les indus- tries lourdes et certaines activités agricoles parmi les secteurs vulné- rables à la hausse des coûts. Pour les entreprises, l’effet peut dépasser la seule dépense de

Cette pression intervient dans un commerce extérieur déjà déséqui- libré. Sur les huit premiers mois de l’année, les importations de biens atteignent 617,5 milliards de DH, en hausse de 15,8%, contre 334,9 milliards pour les exportations, qui progressent de 8,7%. Le déficit commercial s’alourdit de 25,4%, à 282,6 milliards de DH. Le taux de

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