ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026
Carburants en hausse Le Maroc face à sa vulnérabilité énergétique
le pouvoir d’achat des ménages..
F. N. H. : Dans quelle mesure la hausse des cotations inter- nationales se répercute-t- elle sur les prix à la pompe? Quel rôle jouent l’évolution du Dollar et les coûts d’ap- provisionnement ? Y.G.F. : La répercussion des cota- tions internationales sur les prix à la pompe au Maroc est directe, mais elle n’est ni instantanée ni nécessairement proportionnelle. Le Maroc étant largement dépen- dant des importations de produits pétroliers raffinés, les prix sur le marché national sont directement exposés aux fluctuations des mar- chés internationaux, notamment aux cotations du gasoil sur les marchés de référence. Ils intègrent également les coûts du fret mari- time, de l’assurance, du stockage et les autres charges logistiques. Le taux de change joue égale- ment un rôle déterminant, puisque les achats sont libellés en Dollars, et une appréciation du billet vert face au Dirham renchérit mécani- quement la facture d’importation même lorsque les cours internatio- naux du pétrole restent stables. À l’inverse, un Dirham plus fort peut atténuer une partie de la hausse. De ce fait, le prix à la pompe est donc le résultat d’une combinaison de facteurs. Il s’agit essentielle- ment des cotations internationales des produits raffinés, du taux de change, des coûts d’approvision- nement et de stockage, ainsi que des frais généraux et de distribu- tion. Toutefois, la question essentielle est celle de la transparence de la formation des prix au niveau national. Depuis la libéralisation du secteur, les prix sont fixés par les opérateurs, dans un marché où la concurrence doit théoriquement jouer son rôle. Il est donc légitime de s’interroger sur les délais de répercussion des baisses comme des hausses internationales, ainsi que sur l’évolution des marges d’importation et de distribution. En ma qualité d’économiste, je consi- dère que le débat ne doit pas se limiter à constater la dépendance extérieure du Maroc, mais il faut aussi évaluer le fonctionnement du
La nouvelle hausse des prix des carburants remet sur le devant de la scène la question du fonctionnement
du marché pétrolier marocain. Si les tensions internationales
et les fluctuations des cours expliquent une partie du renchérissement à la pompe, elles ne dissipent pas les interrogations sur les marges des distributeurs, la transparence des prix et les effets réels de la libéralisation. Dans cet entretien, Youssef Guerraoui Filali, président du Centre marocain pour la gouvernance et le management (CMGM), analyse les ressorts de cette hausse, les limites du modèle actuel et les pistes à explorer pour réduire la dépendance énergétique du Royaume.
Propos recueillis par Ibtissam Z.
brut. Le marché mondial du die- sel connaît également des ten- sions spécifiques, liées aux capa- cités de raffinage disponibles et à une offre insuffisante de produits raffinés. Or, depuis l’arrêt de la Samir en 2015, le Maroc dépend des importations de carburants déjà raffinés, ce qui l’expose directement aux fluctuations des marchés internationaux. La hausse appliquée le 1 er octobre 2026, d’environ 0,80 dirham par litre pour le gasoil, illustre cette vulnérabilité structurelle. À ces facteurs s’ajoutent les coûts d’approvisionnement exprimés en Dollars, les fluctuations du taux de change du Dirham et les conditions de fonctionnement du marché national. Depuis la libéra- lisation des prix, les distributeurs pétroliers ajustent leurs tarifs par quinzaine en référence au Platts
(référentiel international des prix des matières), avec quelques différences possibles selon les enseignes et les stations. Il faut donc distinguer la hausse des cours internationaux, qui consti- tue un facteur externe, de la for- mation des prix et des coûts de revient à la pompe au Maroc, qui mérite un suivi transparent. Le véritable enjeu économique est de mesurer précisément la répercussion des variations inter- nationales sur les prix nationaux, d’examiner les marges de dis- tribution et coûts d’achat et de renforcer la transparence du mar- ché. Car le gasoil ne concerne pas uniquement les automobi- listes, mais il pèse directement sur les coûts du transport routier, de la logistique, de l’agriculture et, par conséquent, sur les prix des biens de consommation et
Finances News Hebdo: Les prix des carburants repartent à la hausse au Maroc. Quels sont aujourd’hui les principaux facteurs qui expliquent cette nouvelle augmenta- tion, notamment pour le gasoil ? Youssef Guerraoui Filali : La nouvelle hausse des prix des carburants au Maroc s’explique d’abord par la conjonction de tensions géopolitiques internatio- nales et de perturbations sur les marchés pétroliers. Les tensions au Moyen-Orient, les difficultés d’approvisionnement et l’aug- mentation des coûts du trans- port maritime et de l’assurance renchérissent les produits pétro- liers. En effet, pour comprendre la hausse du gasoil, il faut aller au-delà du seul cours du pétrole
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