POLITIQUE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026
réalité des finances publiques et aux contraintes budgétaires. Le véritable test sera donc celui des dossiers difficiles. La réforme des retraites, par exemple. Voilà un sujet sur lequel les positions peuvent rapidement devenir inconciliables. Comment assurer la viabilité financière des régimes sans faire supporter l’es- sentiel de l'effort aux salariés et aux retraités ? Comment conci- lier les exigences des équilibres actuariels avec les engagements de justice sociale ? Mêmes interrogations sur la réforme du système de santé, l’emploi des jeunes, la protec- tion sociale ou encore le pouvoir d’achat. Sur tous ces chantiers, les bonnes intentions devront se transformer en décisions. Et les décisions feront nécessairement des mécontents. L’USFP et le PPS devront alors choisir entre la défense de leurs marqueurs politiques et les com- promis imposés par la solidarité gouvernementale. Un exercice délicat, car à force de compro- mis, un parti peut finir par ne plus savoir très bien ce qui le distingue de ses partenaires. Répartition des portefeuilles La question de la composition de l’équipe ministérielle sera tout aussi révélatrice que le choix des partenaires de la coalition. Le communiqué du 12 octobre insiste sur la compétence, la pro- bité, l’intégrité et le sens politique des futurs ministres. Fort bien. Encore faudra-t-il que ces critères résistent à la traditionnelle méca- nique des équilibres partisans. Car une fois l'accord politique conclu, commence généralement une autre négociation, souvent plus délicate : celle de la réparti- tion des portefeuilles. Et dans cet exercice, tous les ministères ne se valent pas. Certains concentrent les moyens budgétaires, d'autres offrent une forte visibilité politique, tandis que quelques-uns permettent de peser directement sur les grandes orientations économiques et sociales du pays. Le PAM, en tant que première
force de la coalition, voudra natu- rellement conserver la maîtrise des départements stratégiques et disposer des leviers nécessaires pour mettre en œuvre son pro- gramme. L'Istiqlal, fort de ses 65 députés, ne se contentera pro- bablement pas de portefeuilles secondaires. Quant à l'USFP et au PPS, leur participation devra se traduire par des responsabi- lités suffisamment significatives pour leur permettre de défendre leurs engagements politiques, notamment dans les domaines sociaux. C'est là que les choses pourraient se compliquer. Chaque formation voudra pouvoir revendiquer sa part des réussites gouvernemen- tales. Et aucune ne souhaitera porter seule la responsabilité des réformes impopulaires. La tentation sera donc grande de privilégier les intérêts partisans, ménager les suscepti- bilités et de répartir les ministères en fonction des rapports de force internes. Avec le risque de voir la logique des quotas partisans prendre le pas sur celle des com- pétences. Fatima Ezzahra El Mansouri devra donc faire preuve d'autorité dans ses arbitrages. Sa responsabilité ne consistera pas seulement à satisfaire ses trois partenaires, mais à constituer une équipe opérationnelle, avec des profils capables de gérer leurs dossiers et de produire des résultats. Elle devra également éviter l'écueil d'un gouvernement pléthorique, où la multiplication des porte- feuilles servirait davantage à pré- server les équilibres politiques qu'à améliorer l'efficacité de l'ac- tion publique. Un exercice délicat en perspective. En tout cas, si Fatima Ezzahra El Mansouri a réussi à réunir une majorité, elle doit maintenant démontrer qu'elle peut en faire un gouvernement capable d'agir. Car les citoyens n’ont pas voté pour assister à une distribution de maroquins. Ils attendent des résultats. Ils attendent que le changement de gouvernement se traduise par un changement dans leur vie. ◆
De G à D : Driss Lachgar, premier secrétaire de l’USFP, Nizar Baraka, SG du Parti de l'Istiqlal, Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement, et Nabil Benabdallah, SG du PPS.
affichées, il y a des sensibili- tés différentes, des priorités qui ne sont pas parfois les mêmes et, naturellement, des ambitions partisanes. Le PAM voudra impri- mer sa marque. L’Istiqlal enten- dra peser à la hauteur de son poids politique. L’USFP et le PPS devront démontrer que leur par- ticipation au gouvernement ne se résume pas à une présence ministérielle, mais qu’elle pro- duit une véritable valeur ajoutée sociale. Tout cela avec une majorité de 207 sièges sur 395. Neuf sièges de marge, ce n’est pas un matelas. C’est tout juste un coussin. Le moindre désac- cord sérieux, la moindre indisci- pline parlementaire ou la moindre crispation entre partenaires pour- rait compliquer l’adoption de cer- tains textes. Cette majorité devra donc com- penser sa relative fragilité numé- rique par une discipline politique
et une solidarité gouvernementale sans faille. Par ailleurs, l’entrée de l’USFP et du PPS dans la nouvelle majorité constitue l’un des faits politiques les plus intéressants de cette recomposition. Ces deux formations ont long- temps défendu des positions exigeantes en matière de jus- tice sociale, de protection des salariés et de redistribution des richesses. Leur présence au sein de l’exécutif pourrait contribuer à rééquilibrer certaines orientations économiques et sociales. Encore faudra-t-il qu’elles par- viennent à transformer leurs convictions en arbitrages gouver- nementaux. Car il est toujours plus facile de défendre une réforme sociale depuis les bancs de l’opposition que d’en assumer les contraintes et les arbitrages une fois aux res- ponsabilités. Les discours géné- reux se heurtent rapidement à la
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