Finances News Hebdo 1250

BOURSE & FINANCES

13

FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026

106,5 milliards de dirhams à fin août, contre 102,7 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 3,7%. Leur ratio remonte légèrement sur un mois, de 8,1% à 8,2%. Sur un an, il recule toutefois, car l'encours total du crédit progresse trois fois plus vite que celui des impayés : calculé à partir des encours, il passe d'environ 8,8% à 8,2%. Ce retrait des ménages contraste avec des conditions d'offre jugées favorables. Selon Khalid Doumou, le financement du logement reste «très compétitif, porté par une concurrence agressive entre les grandes banques de la place, combiné avec des aides étatiques à l'achat de logements écono- miques». Il situe les taux nomi- naux fixes, hors taxes et hors assurances, entre 4,10% et 5,50% selon les banques et la durée de l'emprunt, et le taux effectif global moyen, assurance décès- invalidité comprise, entre 5,10% et 5,60%. Les fonctionnaires et les salariés du privé en CDI obtiennent les meilleures condi- tions, parfois à partir de 4% sur certaines maturités. Le crédit à la consommation et les prêts automobiles, «très pri- sés au Maroc» selon l'écono- miste, sont plus chers que les prêts immobiliers, mais restent plafonnés par le taux maximum des intérêts conventionnels, qu'il situe à 13,21%. La poche la plus dynamique reste toutefois celle de la finance participative. Le contrat Mourabaha «connaît une très forte progression, notamment pour l'acquisition de biens immo- biliers», relève Khalid Doumou, ce que confirment les chiffres de Bank Al-Maghrib : le financement participatif à l'habitat progresse de 16,3% sur un an, contre 2,4% pour l'ensemble des crédits à l'habitat. Cette accélération intervient alors que le crédit aux entreprises ren- chérit. Selon l'enquête de Bank Al-Maghrib, le taux débiteur moyen a augmenté de 15 points de base au deuxième trimestre, à 4,81%, après une baisse de 16 points au premier trimestre. Pour les entreprises, la hausse atteint 17 points à 4,71%, et 29 points pour l'équipement à 4,65%. Les

tembre. Bank Al-Maghrib juge la balance des risques orientée à la baisse pour la croissance et à la hausse pour l'inflation, et dit vou- loir décider « réunion par réunion». Le boom du crédit de 2026 appa- raît ainsi moins comme une vague générale que comme le finance- ment de grands projets d'infras- tructure et d'un effort d'équipe- ment concentré. Sa durabilité en 2027 dépendra de la capacité de l'investissement privé à prendre le relais une fois ces chantiers financés. Un relais qui ne passera pas for- cément par les banques. Khalid Doumou souligne que la finance bancaire, dite intermédiée, est désormais «concurrencée par la finance de marché», notamment par le capital-investissement, du capital-innovation au capital- retournement, en passant par le capital-développement et le capi- tal-transmission. ◆

Variation des encours de fin août 2025 à fin août 2026

+30,3%

Crédits à l’équipement

267,4  348,4 Md Dh

+16,3% 27,7  32,3 Md Dh

Financement participatif à l’habitat

+11,3% 1 161,0  1 292,3 Md Dh

Total crédits bancaires

+9,2% 238,4  260,2 Md Dh

Trésorerie et comptes débuteurs

+2,4% 253,2  259,2 Md Dh

Crédits à l’habitat

Source : Bank Al -Maghrib

taux appliqués aux particuliers ont reculé de 15 points à 5,59%. Le taux directeur, lui, est inchangé à 2,25%. Cette évolution intervient alors que le coût de financement des banques est resté globalement stable entre les deux premiers trimestres, selon la Banque cen- trale. Elle pourrait ainsi refléter d'autres facteurs, notamment les conditions de risque et les marges appliquées aux différentes caté- gories de crédits, sans que les données disponibles permettent d'en isoler précisément les effets. La hausse des encours, elle, s'est poursuivie. Reste la question de la durée. Bank Al-Maghrib prévoit 8,1% pour 2026, puis 6,1% en 2027, une projection inchangée par rapport à juin. Si ces 8,1% désignent la variation de fin d'an- née, l'objectif impliquerait que l'encours du crédit au secteur non financier ne progresse que d'envi- ron 14 milliards de dirhams entre août et décembre, contre environ 35 milliards sur la même période de 2025. Autrement dit, une forte décélération dès les prochains mois. Les hypothèses du rapport vont dans ce sens. La croissance ralentirait de 4,4% en 2026 à 2,9% en 2027, sous l'effet d'un recul de 7,6% de la valeur ajoutée agricole, l'activité non agricole remontant à 4%. L'investissement décélère déjà, avec une progression attendue autour de 10% aux deuxième et troisième trimestres, contre 18,3% un an plus tôt. Dans le même temps, les ventes de ciment sont revenues de 15,4 à 8% et les importations de biens d'équipe-

ment en volume de 32,8 à 16,2%. Plusieurs facteurs pèseront sur cette trajectoire. Le besoin de liquidité des banques devrait se creuser à 146 milliards de dirhams à fin 2026, puis à 168,2 milliards en 2027, sous l'effet de la hausse de la monnaie fiduciaire. À l'international, la Fed et la BCE ont relevé leurs taux en sep-

POUR NE RIEN RATER DE LA BOURSE @bourse_news @boursenews www.boursenews.ma Bourse news

www.fnh.ma

Made with FlippingBook flipbook maker