ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026
velables et des transports moins dépendants des hydrocarbures peut-il réelle- ment changer la donne ? Y.G.F. : À long terme, la réduction de la vulnérabilité du Maroc aux fluctuations pétrolières passe par une transformation structurelle de son modèle énergétique. Le déve- loppement des énergies renou- velables, notamment le solaire et l’éolien, constitue un levier straté- gique pour réduire la dépendance aux importations d’hydrocarbures, améliorer la balance commerciale et renforcer notre souveraineté énergétique. Mais il faut dépasser la seule capacité de production, parce que l’enjeu est de déve- lopper le stockage de l’électricité, les réseaux, l’efficacité énergé- tique et l’électrification des usages industriels et domestiques. Dans le domaine du transport, le dévelop- pement du ferroviaire, du transport collectif urbain, de la mobilité élec- trique, peuvent réduire la consom- mation de carburants importés. Ces transformations peuvent réel- lement changer la donne, à condi- tion de s’inscrire dans une straté- gie cohérente, financée et accom- pagnée d’objectifs mesurables. Toutefois, la transition énergétique ne doit pas être considérée uni- quement comme une réponse aux crises pétrolières, mais comme un investissement dans la compéti- tivité future du Maroc. Elle peut favoriser l’émergence de nouvelles filières industrielles, attirer des investissements, créer des emplois qualifiés et renforcer l’intégration locale dans les chaînes de valeur. Cela suppose de développer les compétences nationales, d’encou- rager la recherche et l’innovation, et de veiller à ce que les entre- prises marocaines, notamment les TPME et les startups, puissent sai- sir ces opportunités. La réussite se mesurera non seulement à la part des énergies renouvelables dans le mix électrique, mais aussi à la baisse effective de la facture éner- gétique, de l’intensité pétrolière de l’économie et de la dépendance aux importations. L’ambition doit être claire, il s’agit de faire de la transition énergétique un levier de souveraineté et de développement industriel durable. ◆
La hausse des prix des carburants alourdit les coûts du transport et de la logistique, avec des répercussions sur les prix à la consommation.
nomie marocaine. D’une part, elle alimente l’inflation en augmentant les coûts du transport, de la logis- tique et de la distribution, avec une répercussion progressive sur les prix des produits alimentaires et des biens de consommation. D’autre part, elle réduit le pouvoir d’achat des ménages, soit direc- tement à travers leurs dépenses de mobilité, soit indirectement par le renchérissement des biens et services. L’impact est particuliè- rement sensible pour les ménages modestes, dont une part impor- tante du budget est consacrée aux dépenses essentielles. Il faut également tenir compte des effets indirects, lorsque les coûts de pro- duction augmentent. En consé- quence, les entreprises doivent arbitrer entre relever leurs prix et réduire leurs marges ou limiter leurs investissements. Pour les entreprises marocaines, notamment les TPME et les startups, cette hausse consti- tue un enjeu de compétitivité. Contrairement aux grandes struc- tures, elles disposent souvent d’une capacité limitée à absorber les surcoûts ou à négocier leurs conditions d’approvisionnement. Les startups, qui doivent préser- ver leur trésorerie pour financer leur croissance et leur innova- tion, peuvent voir leurs marges se contracter et leurs projets d’ex- pansion ralentir. La réponse éco-
nomique doit donc dépasser les mesures conjoncturelles et s’ins- crire dans une stratégie de rési- lience. De ce fait, il est temps de favoriser l’accélération de l’effica- cité énergétique et le développe- ment des mobilités propres en vue de parvenir à l’optimisation logis- tique ciblée des activités les plus exposées. L’enjeu est de protéger le pouvoir d’achat sans fragiliser davantage le tissu productif, car la compétitivité des entreprises demeure une condition essentielle de la création d’emplois et d’une croissance durable. F. N. H. : Face à cette nou- velle hausse, faut-il agir sur la fiscalité des carburants, les marges, les capaci- tés de stockage ou encore les mécanismes d’approvi- sionnement ? Quels leviers permettraient de contenir la hausse des prix tout en préservant l’équilibre des finances publiques ? Y.G.F. : Il s’agit en effet d’une combinaison entre leviers, plutôt qu’une mesure isolée. Une réduc- tion générale de la fiscalité peut certes atténuer temporairement les prix à la pompe, notamment la revue à la baisse de la Taxe inté- rieure de la consommation (TIC), mais elle entraînera un manque à gagner pour le budget de l’État à compenser. Par ailleurs, il faut privilégier des mesures ciblées et temporaires en faveur des activités les plus exposées, tout en renfor- çant la transparence sur les marges et les conditions de concurrence. Parallèlement, le développement
des capacités de stockage stra- tégiques et la diversification des sources d’approvisionnement per- mettraient de mieux amortir les chocs internationaux et de réduire les risques de rupture. Il faut toute- fois distinguer ces mesures struc- turelles, dont les effets s’inscrivent dans la durée, des instruments fiscaux, qui peuvent agir plus rapi- dement mais à un coût budgétaire potentiellement élevé. À moyen terme, la véritable réponse consiste à réduire la vulnérabilité énergétique du Maroc plutôt qu’à compenser systématiquement chaque hausse internationale. Cela suppose d’améliorer la sécu- rité des approvisionnements, de rationaliser les coûts logistiques, d’accélérer l’efficacité énergétique et de développer progressivement les alternatives aux carburants fos- siles. Toute intervention publique doit être évaluée selon trois cri- tères, à savoir son effet réel sur le prix payé par le consomma- teur, son coût pour les finances publiques, et sa capacité à soute- nir l’activité économique. L’objectif est de protéger le pouvoir d’achat et la compétitivité des entreprises sans creuser durablement le déficit budgétaire. C’est précisément cet équilibre entre justice économique, sécurité énergétique et soutena- bilité financière qui doit guider les choix publics. F. N. H. : Sur le long terme, comment le Maroc peut-il réduire sa vulnérabilité aux fluctuations des marchés pétroliers ? Le développe- ment des énergies renou-
La transition énergétique ne doit pas être considérée comme une réponse aux crises pétrolières, mais comme un investissement dans la compétitivité future du Maroc.
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