Finances News Hebdo 1250

L'UNIVERS DES TPME

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026

Oldentic «Notre ambition est de devenir une référence de l’expérience culturelle au Maroc»

F.N.H. : Vous êtes parte- naire du Festival de Fès de la culture soufie. Quel rôle Oldentic joue-t-il aux côtés du Festival et quelle contri- bution souhaitez-vous apporter à cet événement emblématique ? Z. L. : Nous concevons et pilo- tons des expériences complé- mentaires au programme officiel, pour permettre aux festivaliers de prolonger leur découverte de Fès au-delà des concerts et faire en sorte que l’événement profite aussi aux artisans et aux acteurs locaux. Pour cette 18e édition, du 18 au 24 octobre, nous avons conçu une douzaine d’ateliers et de visites autour d’une idée : le sou- fisme s’écoute dans les concerts, mais il imprègne aussi la façon dont Fès travaille la matière, cui- sine, construit et transmet. Il y a d’abord les savoir-faire de la médina comme le zellige, dont la géométrie évoque l’infini, le cuir des tanneries, qui utilisent encore des procédés hérités de plusieurs siècles, la broderie Terz l’fassi transmise de mère en fille, la calligraphie arabe ou la dis- tillation de l’eau de rose. Il y a ensuite la gastronomie, avec la cuisine fassie qui se transmet par le geste, et le couscous, ins- crit au patrimoine immatériel de l’Unesco. Et bien évidemment, les expériences liées au sacré, notamment l’initiation au hajhouj et à la danse des derviches tour- neurs, et des visites commen- tées sur l’urbanisme de la médi- na, l’architecture religieuse et le tissage. Tout se déroule en petits groupes, avec des artisans et des interve-

Faire découvrir le patrimoine marocain autrement, à travers ceux qui le font vivre. C’est l’ambition d’Oldentic, une startup née à Fès qui met en valeur les savoir-faire et les traditions locales. Entretien avec son fondateur et CEO, Zakaria Loulidy.

Propos recueillis par Ibtissam Z.

Finances News Hebdo : Oldentic se positionne sur l’expérience culturelle au Maroc. Qu’apportez-vous de nouveau à cet écosys- tème et quelle place ambi- tionnez-vous d’y occuper ? Zakaria Loulidy : Oldentic part d’un constat. Le Maroc compte de nombreuses expériences culturelles de grande qualité, mais elles sont souvent difficiles à trouver, peu structurées et mal connues des voyageurs. Nous jouons un rôle de trait d’union. D’un côté, nous accompagnons les artisans, les créateurs et les acteurs culturels pour transfor- mer leur savoir-faire en expé- riences claires et bien accueil- lies. De l’autre, nous les rendons accessibles aux voyageurs, aux hôtels et aux organisateurs d’événements. Ce qui nous distingue, c’est l’approche. Nous ne proposons pas une simple activité, nous expliquons ce qu’elle signifie et d’où elle vient. Notre ambition est de devenir une référence de l’expérience culturelle au Maroc, en commençant par Fès, puis en nous appuyant sur les traditions propres à chaque région.

trer. Passer une matinée avec un dinandier dans la médina ou préparer un plat avec une famille fassie. L’enjeu est de transformer ce patrimoine en expériences accessibles et bien structurées, sans perdre leur authenticité. Il y a aussi un enjeu de trans- mission. Beaucoup de métiers d’art sont fragilisés. En effet, les maîtres artisans vieillissent et les jeunes hésitent à se lan- cer dans des métiers longs à apprendre et peu rémunérés. Quand un savoir-faire trouve un public et un revenu, il redevient attractif pour la génération sui- vante. Je constate d’ailleurs que les Marocains eux-mêmes ont envie de redécouvrir ces pra- tiques, autant que les visiteurs étrangers.

F.N.H. : Comment analy- sez-vous aujourd’hui l’évo- lution du secteur culturel au Maroc ? Quels sont les principaux enjeux et les opportunités à saisir pour renforcer son rayonne- ment ? Z. L. : Le Maroc a un potentiel culturel immense, mais encore sous-exploité. Nous avons un patrimoine vivant, des artisans, des créateurs et une nouvelle génération qui a envie de faire les choses autrement. Ce qui manque souvent, c’est le lien entre cette richesse et les publics qui veulent la découvrir. Aujourd’hui, le voyageur ne cherche plus seulement à visiter des monuments. Il veut com- prendre, participer et rencon-

AVEC LA PARTICIPATION DE TAMWILCOM

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