L'UNIVERS DES TPME
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026
modèle et de tester nos pre- mières expériences sur le terrain. Le financement des projets culturels reste toutefois un défi au Maroc. Les modèles fondés sur le patrimoine immatériel sont encore peu compris des inves- tisseurs, alors que le secteur a des atouts solides, à savoir une demande internationale en hausse, un ancrage local fort et un impact direct sur l’em- ploi. Les dispositifs publics, les programmes dédiés aux indus- tries culturelles et créatives et les partenariats avec les grands événements sont aujourd’hui les leviers les plus adaptés. Au-delà de l’argent, nous cherchons des partenaires qui partagent notre vision. F.N.H. : Quelles sont vos priorités pour les pro- chaines années ? Comment comptez-vous renforcer votre présence au Maroc et promouvoir davantage l’ex- périence culturelle maro- caine à l’international ? Z. L. : Au Maroc, notre priorité est d’élargir notre réseau au-delà de Fès et de valoriser la richesse culturelle de chaque région. Concrètement, cela passe par l’enrichissement de notre cata- logue, de nouveaux partenariats en région et le lancement de notre plateforme de réservation. À plus long terme, j’aimerais contribuer à faire émerger une nouvelle géné- ration de guides, de médiateurs et d’artisans formés, capables de raconter leur patrimoine. À l’international, nous voulons faire d’Oldentic un pont cultu- rel entre le Maroc et l’Europe. La Coupe du monde 2030 sera un moment clé. Ainsi, des visi- teurs du monde entier viendront pour le football, et nous voulons qu’ils repartent en ayant décou- vert le Maroc, sa culture et ses savoir-faire. Mon ambition est que chaque visiteur reparte avec le sentiment d’avoir vraiment rencontré le Maroc, et l’envie d’y revenir. ◆
Partenaire du Festival de Fès de la culture soufie, Oldentic propose des ateliers et des visites pour faire découvrir aux festivaliers les savoir- faire artisanaux, la gastronomie et le patrimoine de la ville impériale.
nants qui vivent ces pratiques au quotidien. Notre objectif est la transmission, que chaque parti- cipant reparte en ayant compris ce qu’il a vu, et pas seulement en l’ayant photographié. Notre rôle est aussi de faire le lien entre les organisateurs, les arti- sans, les riads et les prestataires touristiques : quand un festival de cette envergure propose des expériences de qualité, c’est toute la ville qui en profite. F.N.H. : Fès prévoit de se doter d’un téléphérique touristique pour enrichir la découverte de sa médi- na. Comment accueillez- vous cette initiative et en quoi peut-elle contribuer à renouveler l’expérience culturelle au Maroc ? Z. L. : C’est une initiative intéres- sante, qui peut offrir un nouveau regard sur Fès. Mais l’innovation ne se limite pas aux infrastruc- tures. Ce qui marque un visiteur, c’est la rencontre avec un arti- san, une histoire, un lieu. Fès a une particularité : sa médina se découvre à pied, au rythme de ses ruelles et de ses rencontres. La médina, classée au patri- moine mondial de l’Unesco depuis 1981, est l’un des plus grands ensembles urbains histo- riques encore habités au monde, et chaque intervention y est déli- cate. Les réhabilitations récentes
des fondouks et des medersas ont montré qu’on peut moder- niser sans dénaturer quand on associe les artisans et les habitants. Le téléphérique peut devenir un point de départ : on observe la ville d’en haut, puis on descend la comprendre dans ses ruelles, avec ceux qui la font vivre. Il faudra aussi l’accom- pagner de contenu, notamment des récits et des parcours qui donnent du sens à ce que le visiteur voit. F.N.H. : Oldentic entend également valoriser les talents, les savoir-faire et le patrimoine culturel marocains à travers des expériences originales. Quelle place ces dimen- sions occupent-elles dans votre modèle et votre stra- tégie ? Z. L. : C’est la raison d’être d’Oldentic. Derrière chaque objet artisanal, il y a une histoire et des années de transmission. Nous travaillons directement avec les artisans, les créateurs et les familles qui portent ces savoir-faire, pour construire avec eux des expériences qui leur ressemblent, à un prix juste. Ils restent au centre : ce sont eux qui font vivre l’expérience. Un artisan qui explique son geste raconte en même temps d’où vient son métier, qui le lui a
appris et ce qu’il signifie. Ce récit fait partie de l’expérience au même titre que l’objet. Nous accordons une attention particulière aux femmes, bro- deuses, tisserandes, cuisinières, dont le travail se fait souvent à la maison et reste peu visible. Nous développons aussi un catalogue d’expériences pour les hôtels et les riads de Fès, une façon de créer un revenu régulier pour les artisans. À terme, nous vou- lons reproduire ce modèle dans d’autres régions du Maroc, cha- cune avec ses propres traditions. F.N.H. : Quel rôle joue le financement dans la crois- sance et le développe- ment d’Oldentic ? Quels types de financements ou de partenariats pourraient vous permettre d’accélérer votre activité ? Le financement est essentiel pour passer d’une activité locale à une plateforme capable de fonctionner dans plu- sieurs villes. Oldentic est incubée par la SMIT (Société marocaine d'ingénierie touristique), ce qui nous a permis de structurer notre Z. L. :
L’enjeu est de transformer notre patrimoine culturel en expériences accessibles et bien structurées, sans perdre leur authenticité.
AVEC LA PARTICIPATION DE TAMWILCOM
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