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CULTURE

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026

tout cet univers, avec les odeurs, les couleurs» , dit-elle. Le vitrail représente trois femmes «qui, chacune, ont le même combat» . À gauche, Simone Veil, pour les lois. Au centre, Kahina, la guerrière conquérante. À droite, l’écrivaine sénégalaise Fatou Diome, qui travaille sur les cultures hybrides et les identi- tés. Trois femmes, donc, et trois combats : celui des lois, celui des armes et celui des mots. Le geste lui-même est un parti pris. Houria Afoufou est droitière, mais elle a réalisé le dessin de la main gauche, pour «retrouver cette naïveté» et « donner aussi une grâce à la gauche, à tout ce qui n’est pas parfait, aux courbes qui ne sont pas régulières». La réalisation a été confiée à une artisane de Meknès, Leila Benihia. Pour la designer, qui parcourt le Maroc à la rencontre des artisans, c’est sa vingtième collaboration. L’artisane travaille selon une technique ancestrale, que la designer fait remonter au XIIIe siècle : les petites pièces de verre sont serties de cuivre, puis soudées au plomb. L’ouvrage mobilise près de 70 jours de tra- vail, pièce par pièce. Autour de l’artisane, une équipe de femmes venues de la perle filée, de la broderie ou de la vannerie, «des femmes qui ont une technique avec les mains incroyable» . «Elle les a réunies, elle les a formées», raconte Houria Afoufou. Et ces mains ont laissé leur marque : « elles-mêmes, elles vont rajouter aussi quelque chose de naïf». Pour elle, la pièce est avant tout «un hommage de femmes à femmes» : trois femmes mises en lumière par trois autres femmes. «C’est la mémoire. C’est le com- bat. C’est la liberté» , résume-t- elle. Reste le choix de l’objet. Un paravent est fait pour séparer, mais pour l’artiste «aujourd’hui, il ne sépare plus, il laisse passer la lumière, il nous unit». Pour cette dixième édition, la Galerie H confirme son pari de départ : celui d’un design maro- cain qui mérite d’être montré, porté par une scène créative qui se renouvelle d’une édition à l’autre. ◆

 Le vitrail de Houria Afoufou représente trois femmes «qui, chacune, ont le même combat». À gauche, Simone Veil, pour les lois. Au centre, Kahina, la guerrière conquérante. À droite, l’écrivaine sénégalaise Fatou Diome, qui travaille sur les cultures hybrides et les identités.

Marya Belkhou, Kenza Bennani, Nadia Berriss, le duo Mohcyn Bousfiha et Mouad Mohsine, Samir Chaoui, Sophia Chraibi Giorgi, Khalid Darnaoud, Abdou Diouri, Younes Duret, Hicham El Madi, Taha El Qortbi, Mouna Fassi Fihri, Soukeina Hachem, Kamil Hajji, Mehdi Khessouane, Wafa Kirane, Marie Lloret, Soufiane Tiglyene ou encore Ulrich Zouanda. À leurs côtés, des visages familiers de la mai- son. Myriam Mourabit retrouve la galerie qui avait accueilli ses premières créations. «Il y a dix ans, j’ai présenté de petits objets, des prototypes », se souvient-elle: elle expose aujourd’hui un tra- vail désormais référencé. Avec «Matrice », elle rend hommage à la culture amazighe, dont elle souligne la richesse comme la fragilité. L’architecte d’intérieur Kanza Ben Cherif puise, elle, dans les cultures saharienne et touarègue pour imaginer «Miroir du désert» . Sa collection explore les symboles du désert et inter- roge les représentations du fémi- nin et du masculin.

Hind Kharifi fait dialoguer cinéma, illustration et design. Illustratrice, artiste graphique et designer, elle porte aussi un festival de ciné- ma et d’animation à Meknès. Sa création, inspirée d’une bobine de film, prend la forme d’une console TV. Elle en fait un objet de silence : «c’est un objet qui est généralement silencieux. On a l’impression que c’est un objet tout simple, mais il porte énor- mément d’images, d’histoires, d’émotions» . Son illustration est, dit-elle, «figurative, mais égale- ment abstraite, parce qu’elle peut être interprétée de différentes manières» : on peut y lire les dunes, les arbres, les montagnes, le feu, le ciel, la mer et la terre. L’objet a une histoire plus longue que l’exposition. La galerie lui avait proposé une édition autour du cinéma d’animation, qui n’a finalement pas eu lieu. Elle en a gardé des dessins et restylisé l’objet pour lui donner une nou- velle vie. «C’est un petit hommage qu’on fait aussi» , glisse-t-elle. À côté des 27 designers, un espace Concept Store réunit une

dizaine de créateurs de céra- mique, de bijoux et de mode. Côté mode, Kaoutar Sahel, fon- datrice et directrice de création de Maison Youme, signe une veste baptisée «Victoire» , aux couleurs rouge et vert du Maroc et ornée de la main de Fatma. Ses poches reprennent celles des facteurs qui sillonnaient autrefois les ruelles des anciennes médi- nas, un souvenir d’enfance trans- formé en parti pris stylistique. Houria Afoufou, un paravent pour trois femmes Plus haut dans le parcours, la designer Houria Afoufou a choisi de raconter une histoire. « Moi, aujourd’hui, je vais proposer un paravent, mais pas un paravent normal» , prévient-elle. Sa pièce est un vitrail à trois panneaux, inspiré d’une femme de son vil- lage, sa muse. «J’ai grandi avec

Avec «D.I.X», la galerie H a demandé à 27 designers qui ont jalonné son histoire

de créer du neuf : chacun propose une œuvre ou une série inédite.

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