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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026

Galerie H by Holmarcom

Célébration de la dixième exposition avec «D.I.X» À Casablanca, dix ans après sa création, la Galerie H du groupe Holmarcom invite 27 designers ayant exposé dans ses murs depuis 2015. Carte blanche, pièces inédites et scénographie ouverte : «D.I.X» se veut moins un bilan qu’un instantané du design marocain contemporain. Par L. Ch O

n ne célèbre pas toujours un anniversaire en regardant derrière soi. Pour ses dix ans, la Galerie H du groupe Holmarcom aurait pu choisir la rétrospective et le défilé des souvenirs. Elle a fait le pari inverse avec «D.I.X», sa dixième exposition : demander à 27 designers qui ont jalonné son histoire de créer du neuf. Chacun propose une œuvre ou une série inédite, sans thématique impo- sée. Le résultat est un portrait en mouvement du design marocain, entre héritage amazigh, inspira- tions sahariennes et imaginaire cinématographique. Tout est parti d’un pari. «Tout a commencé il y a 10 ans par une intuition», rappelle la direc- tion de la galerie lors de la pré- sentation à la presse. Le groupe Holmarcom était persuadé que le design marocain avait un très grand potentiel à révéler. Vingt- sept créateurs, pour la plupart présents ce jour-là, sont venus lui donner raison. Kenza Bensalah, administratrice du groupe, a rappelé la conviction de départ : «l e Maroc possède

des univers réunis. Sans thème commun, il fallait « être le plus sobre et le plus neutre possible», explique-t-il, pour « pousser les gens à vraiment se perdre dans la circulation» et mettre en valeur chaque pièce sans heurt. Le défi, résume-t-il, était « d’essayer de faire en sorte que ce soit homo- gène sans que ça s’entrechoque». Sa méthode part des créateurs. Il récupère les concepts glo- baux de chacun, puis cerne ce dont leurs pièces ont besoin : hauteur, largeur, profondeur, cir- culation autour ou non, face-à- face ou mise à distance. « Je prends tous ces éléments-là et j’essaie de jouer avec, de créer un cheminement, sans que ça s’entrechoque», dit-il. Avec 27 designers qui présentent chacun deux ou trois pièces, l’exercice relevait du casse-tête. La galerie y voit la preuve d’une logique plus large : des collaborations qui se poursuivent au-delà des expositions, «au gré des besoins et des sujets». Sur ce parcours, on croise Salima Abdel-Wahab, Ayoub Ariba,

des savoir-faire qui sont ances- traux, exceptionnels, et des desi- gners capables de les réinventer et de leur donner une nouvelle vie, de nouvelles forme». La gale- rie est née du rêve d’un lieu où ces talents pourraient s’exprimer, rencontrer le public et gagner en visibilité. Elle a insisté sur la durée : «ce que nous célébrons aujourd’hui, ce ne sont pas uni- quement un nombre d’éditions, mais c’est avant tout la constance d’un engagement mené depuis dix ans aux côtés des designers». Le principe de cette dixième édi- tion tient en peu de mots. Vingt- sept designers parmi ceux qui ont déjà exposé à la Galerie H depuis 2015 ont reçu carte blanche, ce qui constitue une rupture pour un lieu habitué à proposer un fil conducteur à ses créateurs : «cette exposition ne sera pas une rétrospective de ces 10 ans. C’est plutôt une photographie qu’on a envie de faire de la scène du design marocain contemporain» . Ils décrivent un design «très riche, qui est à la fois très singulier parce qu’il est inspiré de notre

culture et de notre patrimoine, mais qui est aussi pluriel et diver- sifié» . Plusieurs générations de designers s’y croisent, réunies par leur attachement au patri- moine et leur envie de réinventer les savoir-faire traditionnels.

Un parcours libre, des créateurs en dialogue

La scénographie de «D.I.X» tra- duit cette philosophie. Les orga- nisateurs la voulaient «fluide, avec un parcours libre et un par- cours ouvert où chaque créa- tion dialogue avec les autres tout en préservant la singularité de chacune des œuvres». Aucun sens de visite n’est imposé et les pièces se répondent plus qu’elles ne s’enchaînent. Elle porte la signature de Yassine Hmichane, designer lui-même, qui présente son bureau dans l’exposition. Celui dont c’est la quatrième collaboration avec la galerie H dit avoir toujours bénéfi- cié de la même latitude : « comme à chaque année d’ailleurs, j’ai toujours eu carte blanche» . Cette année, le défi tenait à la diversité

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