SANTÉ
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026
AMO La généralisation de la couverture médicale face au mur des dépenses Avec 32 millions de personnes immatriculées à l’Assurance maladie obligatoire, le Maroc a considérablement élargi sa couverture médicale. Mais les dépenses progressent rapidement, les remboursements profitent majoritairement au secteur privé et le reste à charge demeure élevé pour les assurés. Réunis à Marrakech, les responsables de la CNSS, du CESE, de la CGEM et du Conseil de la concurrence ont confronté leurs analyses sur les équilibres du système. Par Y . Seddik
prestations de soins remboursées en 2025 ont bénéficié au sec- teur privé, contre 11% au public. Même en excluant les médica- ments, la part du privé demeure proche de 83%. Abdelkader Amara a également attiré l'attention sur le coût des prises en charge. Selon les tra- vaux du CESE qu'il a cités, le coût moyen d'un dossier médical dans le secteur privé serait 5,6 fois supérieur à celui observé dans le public. Ces écarts alimentent les préoc- cupations sur la soutenabilité du système, alors que les prestations AMO servies par la CNSS ont atteint 23 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 17% sur un an. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer l'hôpital public, sans remettre en cause la contribution des investisseurs pri- vés. Ahmed Rahhou a notamment mis en garde contre le risque de voir se développer «une médecine des riches et une médecine des pauvres», ainsi qu'une offre de soins inégalement répartie entre villes et campagnes. Pour Mehdi Tazi, le développe- ment du privé suppose une cla- rification de son rôle dans le sys- tème national de santé. Les inves- tisseurs ont besoin de visibilité sur les attentes des pouvoirs publics, les domaines d'intervention et les conditions économiques de leurs projets. Le président du Conseil de la concurrence a également rap- pelé que les concentrations d'entreprises pouvaient favoriser la mutualisation des moyens et l'amélioration des équipements médicaux, à condition de ne pas créer de barrières à l'entrée ou de rentes de situation.
té des droits, notamment lors des changements de situation pro- fessionnelle ou de régime. Pour Abdelkader Amara, l'immatricu- lation ne garantit pas à elle seule une protection effective. Hassan Boubrik défend, de son côté, le maintien du lien entre paiement des cotisations et ouverture des droits, estimant qu'une suppres- sion de cette condition risque- rait de fragiliser les finances des régimes. Une dépense de santé large- ment orientée vers le privé L'un des principaux déséqui- libres concerne la répartition des dépenses entre les établisse- ments publics et privés. Selon les données présentées par la CNSS, près de 89% des dépenses de DE G à D : Mehdi Tazi, président de la CGEM, Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, Abdelkader Amara, président du CESE, et Hassan Boubrik, DG de la CNSS.
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a généralisation de l’assurance maladie obligatoire (AMO) a pro- fondément modifié le paysage sanitaire marocain. Elle a élargi l’accès à la couverture médicale tout en accélérant la demande de soins et les investissements dans le secteur. Cette transformation soulève désormais des questions sur son financement, la répartition de l’offre médicale et la capacité des assurés à bénéficier effective- ment des prestations. Ces enjeux ont dominé les inter- ventions de Ahmed Rahhou, pré- sident du Conseil de la concur- rence, Hassan Boubrik, Directeur général de la CNSS, Abdelkader Amara, président du Conseil éco- nomique, social et environnemen- tal (CESE), et Mehdi Tazi, président de la CGEM, lors de la confé-
rence internationale organisée ce mercredi 14 octobre à Marrakech autour de la concurrence, de la régulation et de la gouvernance du système de santé. Les chiffres témoignent de l'am- pleur du chantier. En 2025, plus de 32 millions de personnes étaient immatriculées à l'AMO, soit envi- ron 88% de la population, contre 42% avant la généralisation. Cette progression ne signifie toutefois pas que tous les assurés dis- posent de droits ouverts. Selon Hassan Boubrik, un peu plus de 11% des personnes immatricu- lées ont actuellement des droits fermés en raison du non-paiement régulier des cotisations. Le sujet fait apparaître des approches différentes. Le CESE plaide pour une meilleure continui-
Des tarifs de référence devenus un sujet central
L'accessibilité financière consti- tue une autre préoccupation com- mune. Abdelkader Amara a rap- pelé qu'en 2024, le reste à charge représentait près de 34% des coûts effectifs des soins facturés, selon les chiffres de la Cour des comptes. La tarification nationale de réfé-
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