BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 16 OCTOBRE 2026
Dirham - Euro - Dollar La bataille du change
2,25% le 22 septembre, niveau auquel il avait été ramené en mars 2025. L’écart de rendement avec les États-Unis se resserre donc, ce qui n’incite pas les capitaux à rester en Dirhams. Le Dirham ne flotte pas librement, ce qui encadre le phénomène sans l’empêcher. Il est arrimé à un panier composé à 60% d’Euro et 40% de Dollar, avec une bande de fluctuation de ±5% autour d’un cours central. Bank Al-Maghrib distingue d’ailleurs l’effet panier, lié aux mouvements des deux devises de référence, de l’effet marché, propre au marché maro- cain. Quand l’Euro et le Dollar s’apprécient en même temps, la monnaie nationale recule sur les deux fronts, ce qui explique la double dépréciation actuelle. Après une appréciation de 2% en 2025, le taux de change effectif réel du Dirham devrait se dépré- cier de 4,1% cette année et de 2% en 2027, selon la Banque centrale. Un dispositif que Khalid Doumou juge à double tranchant : face aux secousses financières de l’au- tomne, il «montre toute son utilité, mais révèle également un équi- libre particulièrement précaire» . L’économiste identifie une double pression sur la monnaie. D’un côté, le Dollar s’est fortement ren- forcé sous l’effet des hausses de taux de la Fed et des tensions géopolitiques. De l’autre, la fac- ture énergétique du pays reste lourde. De quoi tester, dit-il, «les limites du marché des changes». Le coussin existe pourtant. Les avoirs officiels de réserve ont franchi un cap historique, à 515,7 milliards de dirhams début octobre, ce qui représente une couverture de 5 mois et 26 jours d’importations de biens et ser- vices. Une « puissance de feu non négligeable» pour Bank Al-Maghrib, souligne Khalid Doumou : si le Dirham s’approche de sa limite de dépréciation de 5%, la Banque centrale peut inter- venir massivement sur le marché des changes pour racheter des Dirhams et stabiliser son cours. Sans ce matelas de devises, ajoute-t-il, le Maroc aurait du mal à payer ses importations de pétrole et de gaz, libellées en Dollars,
Le Dirham recule face à l’Euro et au Dollar, sous l’effet du resserrement monétaire américain et des tensions sur les marchés internationaux. Une dépréciation qui renchérit les importations, alourdit la facture énergétique et menace de raviver l’inflation. Si les exportateurs, le tourisme et les MRE en tirent certains avantages, l’économie marocaine se retrouve confrontée à une équation délicate : contenir les pressions sur sa monnaie sans pénaliser davantage les entreprises et le pouvoir d’achat. Par L . B.
Face au Dollar, le Dirham a cédé près de 7% depuis début août. L’Euro, lui, reste au-dessus de 10,90 DH.
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our la première fois depuis long- temps, l’Euro a franchi le seuil symbolique des 11 dirhams le 2 octobre, pour revenir, au 14 octobre, à 10,94 DH contre 9,76 DH pour le Dollar. Et depuis début août, le Dirham a cédé environ 4% face à l’Euro et 6,7% face au Dollar. Cette glissade s’explique d’abord par la vigueur du Dollar. La Réserve fédérale a relevé ses taux d’un quart de point le 16 septembre, une première depuis l’été 2023, les portant entre 3,75% et 4%. La décision est allée à contre-courant des attentes de la Maison-Blanche : Donald Trump a réclamé une baisse rapide des taux, qu’il voudrait voir à 1% ou moins. La Banque centrale améri- caine, elle, reste focalisée sur une inflation qui dépasse son objectif de 2% depuis plus de cinq ans.
Pour l’économiste Khalid Doumou, cette fermeté n’a rien d’une sur- prise. «C’est pour préserver la valeur et la crédibilité du Dollar et de l’Euro que la Fed et la BCE mènent ces politiques restrictives, car une devise forte ne peut pas durablement coexister avec une inflation non maîtrisée. Celle-ci détruit le pouvoir d’achat interne et mine la confiance des investis- seurs internationaux» , explique- t-il Le plus important pour la suite tient dans les projections. Seize des dix-huit responsables ayant remis des prévisions s’attendent à une nouvelle hausse cette année. La médiane place le taux entre 4% et 4,25% fin 2026, et le comité reste partagé sur l’ampleur du resserrement. Selon Deutsche Bank, quatre présidents de Fed régionales penchent pour 75
points de base de hausse au total en 2026, alors que deux gouver- neurs n’en voient qu’une seule supplémentaire. Les minutes de la réunion de septembre, publiées le 7 octobre, indiquent que la plupart des participants jugent une nou- velle augmentation probablement appropriée d’ici la fin de l’année. Les marchés restent nuancés sur le calendrier. Au 8 octobre, ils tablent plutôt sur un statu quo le 28 octobre (81,2%), mais donnent 84,5% de probabilité à au moins une hausse d’ici le 9 décembre. La mécanique est classique. Des taux américains plus élevés rendent les placements en Dollars plus rémunérateurs et attirent les capitaux, ce qui renforce le bil- let vert au détriment des mon- naies des pays importateurs. Du côté marocain, Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur à
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