Carillon 2026 05 06

ACTUALITÉS LE CANADA ESPÈRE CONCLURE TROIS ACCORDS COMMERCIAUX CETTE ANNÉE CATHERINE MORRISON La Presse Canadienne

CHRONIQUE [ PAR YVON LEGAULT ]

yvon.legault@eap.on.ca

LE HOCKEY A ÉTÉ BON POUR DANIEL LACROIX

« Si tu es bon pour le hockey, le hockey sera bon pour toi. » Daniel Lacroix s’est remémoré cette phrase la semaine dernière, peu de temps après avoir mené les Graz99ers de Graz, en Autriche, au championnat des séries éliminatoires de la Ligue ICE, un circuit de hockey professionnel d’Europe.

Le ministre canadien du Commerce a déclaré que le gouvernement fédéral prévoyait de signer trois accords com- merciaux majeurs avant la fin de l’année — avec le Mercosur, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est et l’Inde. Le ministre du Commerce international, Maninder Sidhu, indique que le Canada envoie des équipes de négociateurs dans différentes régions du monde presque chaque semaine. Il précise qu’une équipe s’est rendue la semaine dernière au Brésil pour négocier un accord de libre-échange avec le Mercosur, un bloc commercial sud-américain comprenant l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. M. Sidhu espère que cet accord et ceux avec l’Inde et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est seront finalisés cette année. Le premier ministre Mark Carney s’est entretenu vendredi avec le président argentin Javier Milei. Selon le compte rendu publié par le cabinet du premier ministre, les deux hommes ont salué les progrès réalisés dans les négociations menées en vue de conclure un accord de libre-échange entre le Canada et le Mercosur. M. Carney aurait souligné le rôle du Canada en tant qu’investisseur de premier plan dans le secteur minier en Argentine, tout en mettant en avant les possibilités de consolider ce partenariat dans les domaines du commerce, des minéraux critiques, de l’énergie et des investissements. Les libéraux visent à doubler les expor- tations hors des États-Unis au cours de la prochaine décennie. La mise à jour économique du printemps du gouvernement indique que les exporta- tions de biens et de services hors États-Unis auront augmenté de 33 milliards $ en 2025 par rapport à 2024, ce que M. Sidhu qualifie de «très prometteur». M. Carney s’est rendu dans 25 pays au cours de 17 voyages à l’étranger depuis son arrivée au poste de premier ministre, en mars 2025. Il s’est notamment rendu en Chine et en Inde, deux pays qui ont entretenu des relations tendues avec le Canada au cours des dernières années. Le ministre indien du Commerce, Piyush Goyal, viendra au Canada à la fin du mois de mai avec «l’une des plus importantes délégations», mentionne M. Sidhu en ajou- tant que le premier ministre indien Narendra Modi n’en ferait pas partie. Il dit que cette visite faisait suite à la récente mission commerciale du Canada en Inde. «Ils souhaitent désormais venir au Canada pour explorer ces occasions», souligne M. Sidhu. Le ministre canadien ne peut dire si un accord pourrait être signé avec l’Inde le mois prochain. «Cela va prendre un certain temps, avance M. Sidhu. Nous venons tout juste

Daniel Lacroix, vous le connaissez probablement. Plusieurs d’entre vous se souviennent certainement du joueur qui a roulé sa bosse à tous les niveaux du hockey professionnel nord-américain pendant une douzaine d’années de 1989 à 2001, après une belle carrière de 182 matchs avec les défunts Bisons de Granby de la LHJMQ. Un hockeyeur robuste qui a disputé 188 parties dans la Ligue nationale de hockey, endossant en cours de route l’uniforme de cinq équipes différentes: les Rangers de New York, les Bruins de Boston, les Flyers de Philadelphie, les Oilers d’Edmonton et les Islanders de New York. Le même Daniel Lacroix qui s’est regénéré en instructeur et refait surface dans la LHJMQ en 2002 à titre d’adjoint de Christian Larue, derrière le banc des Wildcats de Moncton. Ces cinq saisons à Moncton lui ont servi de tremplin pour la LNH où il a occupé les fonctions d’entraîneur adjoint à Long Island, Tampa Bay, New York et Montréal. Ceux qui le connaissent bien se souviennent que Daniel Lacroix a vécu les premières années de sa jeunesse à Hawkesbury et qu’il a donné ses premiers coups de patins au sein de l’association locale de hockey mineur. Il est vite devenu l’un des meilleurs jeunes joueurs de la région. Au niveau bantam, il a fait le saut au hockey AA avec les nouveaux Chiefs de la Nation-Sud. Par la suite, il a poursuivi son apprentissage à Hull, avant de graduer au hockey junior majeur québécois. J’ai eu l’occasion de jaser avec lui lors d’une conversation téléphonique la semaine dernière, au lendemain des festivités entourant la victoire des Gra99zers. Notre dernière discussion datait d’une trentaine d’années. Le jeune homme de l’époque n’a pas changé malgré ses 56 ans. Il est toujours aussi respectueux, aussi gentil, aussi affable. Lorsque je lui ai demandé si le jeune Daniel Lacroix qui évoluait au sein de l’Association de hockey mineur de Hawkesbury pensait un jour gagner sa vie en œuvrant dans le merveilleux monde du hockey, il a hésité quelques secondes avant de me répondre. « Je ne peux pas dire que je pensais vraiment à ça. C’était probablement un rêve lointain, a-t-il dit avant de poursuivre avec la citation du début de cette chronique. « Ce que je me souviens de mes années au hockey mineur, c’est une phrase que m’a dite un instructeur que j’ai connu durant mes années à Hull. Il me répétait souvent: si tu donnes au hockey et que tu es bon pour le sport. Le hockey sera bon pour toi, souligne Lacroix. « J’ai eu une belle carrière, mais ça n’a

pas toujours été facile. Il y a eu des hauts et des bas. J’ai trimé dur, très dur parfois. J’ai donné beaucoup au hockey, mais le hockey m’a donné beaucoup en retour aussi. Plein de belles opportunités se sont présentées à moi au fil des années. Des opportunités qui m’ont permis de vivre de très belles expériences. J’ai été bon pour le hockey, mais le hockey me l’a rendu, il a été très bon pour moi », a-t-il ajouté. Le hockey a été très bon pour lui au cours de la dernière année. Cette belle réussite en Autriche lui a permis de remporter son premier championnat à titre d’entraîneur-chef. Son troisième depuis ses débuts au hockey. Le premier en tant que joueur avec les Wolves de Chicago dans la Ligue américaine de hockey et le second à titre d’entraîneur- adjoint à Moncton dans la LHJMQ. Lacroix, qui a mis fin à une courte retraite en prenant les rênes des Graz99ers à la mi-novembre, a rapidement insufflé un vent nouveau à l’équipe qui est passée d’une formation moribonde à une sérieuse aspirante aux grands honneurs. Les Graz99ers ont été dominants au cours des éliminatoires, balayant leurs trois séries en route vers le titre. « J’étais en Angleterre pour voir mon fils Cédric qui joue dans la ligue de hockey professionnelle là-bas lorsque j’ai reçu l’appel pour le poste, raconte-t-il. On cherchait quelqu’un pour finir la saison. On m’a fait une offre que je ne pouvais tout simplement pas refuser. « L’équipe n’avait jamais gagné le championnat. Elle boitait un peu lorsque je suis arrivé ici. Elle manquait de raffinement », souligne Lacroix. Lentement, mais surement les choses sont tombées en place et sous la tutelle de leur nouvel entraîneur-chef, les Graz99ers ont remporté le succès qu’on connaît. Que réserve l’avenir maintenant? Une chose est certaine, Lacroix ne tient pas à retourner à la retraite. Il aime l’Europe et le style de vie là-bas. Il adore « coacher » et il dit carburer plus que jamais aux nombreux défis qu’amène le poste d’instructeur-chef. Il ne serait pas surprenant qu’il accepte de poursuivre la belle aventure à Graz. Entre temps, il retournera sous peu en Lituanie où il fait partie du groupe d’instructeurs de l’équipe nationale masculine. Oui, le hockey a été bon pour Daniel Lacroix. Certes, parce qu’il a beaucoup donné à ce sport au fil des années. Mais, aussi peut-être parce que l’homme est vraiment un chic type. Et moi, je suis de ceux qui croient fermement que de bonnes choses finissent toujours par arriver, tôt au tard, aux bons gars.

de commencer les négociations. Je suis ambitieux quant à leur issue, surtout avec un pays aussi important que l’Inde. Toutefois, [au sujet des négociations à venir en mai], il s’agit davantage d’explorer les occasions.» M. Sidhu dit que des entreprises indiennes sont intéressées par des investissements dans des projets énergétiques et miniers canadiens. «L’Inde cherche à se procurer davantage d’énergie. En fait, elle aura besoin de 70 % d’énergie en plus d’ici 2040 et nous avons cette capacité, fait valoir le ministre. Il y a un réel appétit là-bas, surtout à cause de ce qui se passe au Moyen-Orient. Nous pouvons combler cet appétit.» Il signale aussi que l’Inde a aussi besoin de plus d’uranium et plus de potasse. Comme l’Inde a récemment signé des ac- cords commerciaux avec l’Union européenne, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande, il faut s’assurer que les entreprises canadiennes restent concurrentielles, affirme M. Sidhu. «Nous ne pouvons pas laisser passer cette chance. Nous devons nous assurer que nos entreprises bénéficient d’un accès préférentiel tout aussi important que celui dont jouissent certains de nos partenaires, ajoute-t-il. Pour rester concurrentiels, nous devons continuer à explorer la possibilité d’un accord de libre-échange avec l’Inde. Nous devons continuer à faire voyager ces délégations dans les deux sens pour vraiment faire progresser nos échanges commerciaux.» M. Sidhu maintient que l’objectif est d’obtenir les meilleures conditions pour les Canadiens, et non de signer des accords «juste pour le plaisir de signer». «Il faut s’assurer que nous obtenions de réels avantages.» Le ministre du Commerce international, Maninder Sidhu, prononce un discours devant la Chambre de commerce du Canada, le 21 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/ Adrian Wyld

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