FNH N° 1086

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ECONOMIE

FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 24 NOVEMBRE 2022

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◆ La conférence africaine sur la réduction des risques en santé vise à créer une plateforme africaine d’échange enrichissante dans le domaine de la santé publique et de la prévention des risques, en se basant sur l’expérience des différents pays et les points de vue des experts nationaux et internationaux. ◆ Les Etats africains, dont le Maroc, sont aujourd’hui conscients de l’importance de légaliser le cannabis médical. ◆ Entretien avec Imane Kendili, psychiatre, addictologue et présidente de l'Association marocaine de médecine addictive et pathologies associées. «Il est important que nous puissions mener des actions ensemble en Afrique pour des politiques de santé souveraines» Réduction des risques en santé

Propos recueillis par M. Boukhari

Finances News Hebdo : L’Association marocaine de médecine addictive et pathologies associées (MAPA), dont vous êtes la présidente, a co- organisé avec le ministère de la Santé et de la Protection sociale la première Conférence africaine sur la réduction des risques en santé. Par quoi expliquez-vous le choix de cette thématique ? Imane Kendili : La réduction des risques n’est pas nouvelle. C’est une politique de santé qui s’est surtout manifestée en ce qui concerne les addictions et les mala- dies sexuellement transmissibles, (MST) depuis des dizaines d’années. Avec la pandémie, c’est la politique de réduction des risques qui a marqué, comme qua- trième voie de prévention, la politique de gestion du Covid-19 que nous avons d’ail- leurs extrêmement bien géré au Maroc. En exemple mondial, le port du masque, la distanciation sociale et la vaccination sont des mesures de réduction des risques. Il faut savoir qu’aujourd’hui la réduction des risques n’est plus l’apanage des addic- tions et des MST, mais plutôt l’apanage de l’économie, de la société, de l’enseigne- ment, de l’éducation, des maladies orga- niques, de l’environnement, de la sécurité

Les Marocains, accompa-

gnés de leurs homologues africains et de 130 experts à travers le monde, sont en train de penser à la politique de demain et à la santé en Afrique de manière sou- veraine.

alimentaire et de l’eau. Elle vient lever les tabous sur la loi du tout ou rien, car nous ne pouvons pas être dans une dicho- tomie, et la solidarité est ce qui permet actuellement de se projeter dans la santé

de demain. De fait, la santé n’étant plus uniquement du ressort du scientifique, mais du scientifique avec le politique, l’économiste et l’industriel afin d’œuvrer ensemble à une santé souveraine.

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