BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 25 SEPTEMBRE 2026
d’un risque d’arbitrage sur les dépenses publiques. Selon notre interlocuteur, «le deu- xième est l'effet d'éviction sur l'investissement public : pour financer les subventions éner- gétiques, l'Etat sera tenté de rogner sur les budgets d'infras- tructure et de transition éner- gétique; ce qui ralentirait pré- cisément les investissements qui permettraient au Maroc de réduire sa dépendance aux hydrocarbures». A cela, s’ajoute la question de la compétitivité des entreprises. «Le troisième, souvent sous- estimé, est la perte de compé- titivité industrielle : le gel des tarifs électriques ne peut pas être maintenu éternellement si l'ONEE accumule des pertes. Une revalorisation tarifaire frapperait de plein fouet les secteurs énergivores - ciment, sidérurgie, chimie - au moment même où le MACF européen exerce déjà une pression sur leurs exportations» , fait savoir Boiti. Enfin, la persistance du choc énergétique poserait une question sociale qui dépasse les catégories les plus vulné- rables bénéficiant des méca- nismes de soutien. «Le qua- trième est la fragilisation de la classe moyenne : les aides directes du RSU protègent les plus pauvres, mais la classe moyenne inférieure - exclue de ces dispositifs - absorberait seule le choc d'une inflation structurelle sans aucun filet de sécurité», conclut-il. A tout cela, s’ajoute le fait que la dette de l'administration cen- trale reste élevée. Fitch la voit autour de 67% du PIB en 2028, très au-dessus de la médiane projetée des souverains notés «BB», située à 51%. Cela ne signifie pas que le Maroc se trouve face à une crise de soutenabilité. Ce serait excessif. Cela signifie simple- ment que chaque choc supplé- mentaire réduit un peu la liberté de choisir où ira le prochain Dirham budgétaire. Et c'est peut-être cela le changement le plus important. ◆
La flambée des prix de l’énergie alourdit la facture de l’Etat et réduit progressivement ses marges de manœuvre budgétaires.
lui, montre les limites du dis- positif actuel. «Le signal le plus révélateur : le budget annuel de la Caisse de compensation pour 2026 a été quasi épuisé en sept mois. C'est la preuve que le modèle actuel n'est pas sou- tenable. La transition vers un ciblage strict des ménages vul- nérables - plutôt qu'une sub- vention universelle inefficace - n'est plus une option, c'est une nécessité budgétaire» , dit-il. Pour l'instant, Fitch considère le choc comme temporaire. L'agence anticipe un retour du déficit à 3,4% du PIB en moyenne en 2027-2028, avec la normalisation attendue des prix énergétiques et la dispari- tion progressive des dépenses exceptionnelles liées à la crise. C'est le scénario confortable. Mais que se passera-t-il si le temporaire dure ? Le risque de la durée Les finances publiques maro- caines disposent encore d'amortisseurs. Le FMI estimait
au printemps que le Royaume possédait des fondamentaux et des marges de politique éco- nomique lui permettant d'ab- sorber le choc. Il projetait alors une croissance de 4,4% pour 2026 et soulignait l'importance de la bonne tenue des recettes pour reconstituer progressive- ment les marges budgétaires. Depuis, l'environnement s'est dégradé. Fitch ne prévoit plus que 4% de croissance cette année après 4,9% en 2025. Sur le front extérieur, l'agence voit le déficit courant atteindre 3,8% du PIB contre 2,5% en 2025, sous l'effet notamment du renchérissement de l'éner- gie et d'une demande euro- péenne plus faible. Pris séparément, aucun de ces indicateurs n'a quelque chose d'alarmant. Leur combinaison est plus intéressante. Moins de croissance, davan- tage de déficit budgétaire et un déficit extérieur qui se creuse: c'est exactement le type de configuration dans laquelle les
marges de manœuvre com- mencent à se réduire. Et si les prix de l’énergie devaient s’installer durable- ment à des niveaux élevés, les conséquences dépasseraient la seule question budgétaire. Mohamed Boiti identifie quatre risques structurels particulière- ment sérieux. «Le premier est la pression sur la balance des paiements et les réserves de change : le Maroc importe plus de 90% de ses besoins éner- gétiques. Une facture durable- ment élevée aggrave mécani- quement le déficit courant et, si les recettes du tourisme ou les transferts des MRE ne com- pensent pas, c'est la stabilité du Dirham qui sera menacée à terme» , souligne-t-il. Cette vul- nérabilité extérieure se double
Combien de temps peut-on simultanément soutenir le pouvoir d'achat, financer un niveau historiquement élevé d'investissement public et poursuivre la consolidation budgétaire ?
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