Finances News Hebdo 1247

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 25 SEPTEMBRE 2026

d’objectifs macroéconomiques plus larges, plutôt que comme un sujet de politique sectorielle à part entière dans le débat électoral. F. N. H. : Quelles devraient être les priorités de la prochaine législature pour consolider la position du Maroc parmi les grandes destinations mondiales et faire du tourisme un moteur encore plus important de croissance et d’emploi ? S. T. : Sur la base des orienta- tions déjà validées par l’écosys- tème du secteur, quatre priori- tés devraient structurer l’action des cinq prochaines années. Il faut d’abord sécuriser et accé- lérer la connectivité aérienne, en poursuivant la stratégie de renforcement de l’accessibilité aérienne, en consolidant les nouvelles bases et les 52 liai- sons ouvertes en 2026, et en négociant des accords d’open sky supplémentaires avec les marchés à fort potentiel. Il faut ensuite investir massive- ment dans la formation et traiter le besoin de 200.000 emplois supplémentaires comme un chantier d’État, et pas seule- ment comme un chantier sec- toriel, avec l’OFPPT et les opé- rateurs privés. Il faut également capitaliser sur les infrastructures du Mondial 2030. Avec une grande partie des infrastructures déjà réali- sées, l’enjeu se déplace vers l’exploitation post-événement de ces actifs, qu’il s’agisse des stades, des transports ou de l’hôtellerie, afin d’éviter l’effet «éléphant blanc» observé dans d’autres pays hôtes comme le Brésil ou la Grèce. Enfin, il faut rééquilibrer l’offre territorialement et générali- ser les dispositifs de type Go Siyaha afin de diversifier l’offre au-delà des pôles matures, de

transformer la croissance quan- titative en développement qua- litatif et de mieux répartir les retombées sur le territoire. F. N. H. : Après une décen- nie de forte progression, quelles perspectives voyez-vous pour le sec- teur à l’horizon 2030 ? Le Maroc peut-il maintenir cette dynamique et fran- chir un nouveau palier ? S. T. : La trajectoire est solide, mais elle n’est pas acquise. Le Maroc a construit en une décennie une crédibilité inter- nationale réelle, passant de la 34 ème à la 22 ème place mondiale en matière d’arrivées, et de la 32 ème à la 31 ème place en matière de recettes. Il dispose par ailleurs d’un momentum rare : deux évé- nements sportifs mondiaux consécutifs, la CAN 2025 et le Mondial 2030, qui ont accé- léré des investissements qui auraient autrement pris une décennie supplémentaire à se matérialiser. La question n’est plus de savoir si le Maroc peut atteindre 26 millions de touristes. La trajec- toire actuelle rend cet objec- tif parfaitement réalisable. Certains scénarios profession- nels évoquent même jusqu’à 35 millions de visiteurs. La vraie question porte sur la qualité de cette croissance : sa capacité à générer davantage de valeur par visiteur, à répartir les retombées sur l’ensemble du territoire plutôt que sur cinq ou six pôles matures, et à ne pas obérer les ressources natu- relles ni la qualité de vie des populations locales dans les destinations sous tension. Si ces équilibres sont tenus, le tourisme peut consolider durablement son rôle de pre- mier pourvoyeur de devises et de deuxième employeur du Royaume. Sinon, le Maroc risque de reproduire, à plus grande échelle, les tensions déjà observées dans certaines destinations méditerranéennes matures confrontées au surtou- risme. ◆

 Le renforcement de la connectivité aérienne s’inscrit dans la stratégie «Aérien x2», qui vise à doubler la capacité de sièges disponibles d’ici 2030.

Le PPS fixe, de son côté, un objectif de fréquentation de 30 millions de visiteurs en 2031, avec 200.000 lits supplémen- taires, une hausse de 50% des recettes touristiques et la for- mation de 50.000 profession- nels. Il prévoit également une enveloppe de 15 milliards de DH sur cinq ans pour l’artisa- nat et le tourisme, ainsi que des mesures fiscales spéci- fiques. Parmi celles-ci figure un plafond de 80.000 DH par client, particulièrement perti- nent pour les prestataires indi- viduels et indépendants du secteur, notamment les guides, les loueurs et les petites struc- tures. Le parti propose éga- lement, dans le cadre de la fiscalité générale applicable au tourisme, une exonération de l’IR jusqu’à 60.000 DH par an et un taux de 40% pour les reve- nus supérieurs à 500.000 DH. L’Istiqlal ne présente, à ce stade, aucune mesure sectorielle touristique chiffrée clairement identifiée. Son programme,

«Watani Moustaqbali», articulé autour de cinq engagements, reste centré sur la famille, le pouvoir d’achat et la fiscalité générale. La déclinaison touris- tique de ces orientations n’est pas détaillée dans les docu- ments communiqués par le parti. Le MP, l’USFP, l’UC, le PJD et les autres formations ne pré- sentent pas, à ce stade, de mesures sectorielles touris- tiques spécifiques et chiffrées. Le tourisme y est davantage intégré à des mesures trans- versales portant sur l’emploi, les TPME ou encore la forma- tion professionnelle, sans ligne dédiée. Il figure ainsi davan- tage comme une composante de la politique de l’emploi et de l’investissement régional que comme un axe autonome et stratégique. Globalement, le tourisme, pour- tant moteur de croissance et de devises, reste considéré comme un levier d’emploi et d’investissement au service

Il faut investir massivement dans la forma- tion et traiter le besoin de 200.000 emplois supplémentaires comme un chantier d’État et non comme un simple chantier sectoriel.

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