ENSEIGNEMENT
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 25 SEPTEMBRE 2026
site un accompagnement parti- culier. Le homeschooling offre donc une liberté pédagogique, mais il implique aussi une vraie responsabilité familiale. F. N. H. : Avec plusieurs années d’expérience dans l’accompagnement scolaire et le homes- chooling, quel bilan tirez- vous de cette pratique ? Qu’avez-vous appris de vos élèves et des familles que vous accompagnez, et dans quels cas conseil- leriez-vous réellement le homeschooling ? M. B. : Ce que mes élèves m’ont le plus appris, c’est qu’il ne faut jamais réduire un enfant à ses difficultés sco- laires. Derrière une mauvaise note, un manque de motiva- tion ou un comportement qui peut sembler compliqué, il y a souvent quelque chose à com- prendre : une façon différente de fonctionner, un manque de confiance ou simplement un besoin qui n’a pas encore été identifié. Le Covid a éga- lement été un véritable tour- nant pour moi. Cette période m’a permis de développer une nouvelle dynamique, notam- ment à distance, et de faire évoluer progressivement mon projet. C’est dans cette dyna- mique qu’Homeschooling by Malika s’est développé. Je ne conseillerais pas le homes- chooling comme une solution universelle. L’école tradition- nelle convient très bien à cer- tains enfants. Pour d’autres, un autre cadre peut être plus pertinent. Le homeschooling n’est pas «mieux» que l’école traditionnelle. Il est différent. La vraie question est de savoir ce qui est le plus adapté à cet enfant, dans cette famille, à ce moment précis de sa vie. C’est finalement toute la philosophie d’Homeschooling by Malika; ne pas chercher à faire entrer tous les enfants dans la même case, mais construire autour d’eux un parcours qui leur permette d’apprendre et de devenir pro- gressivement autonomes. ◆
Le homeschooling doit être un projet réfléchi, avec une anticipation de la suite du parcours scolaire.
ce qu’il propose, à savoir pro- gramme, suivi pédagogique, évaluations, documents déli- vrés et possibilités de pour- suite d’études. De mon côté, je ne me substitue pas aux autorités compétentes. Mon rôle est d’accompagner péda- gogiquement la famille et de l’aider à construire un parcours cohérent. Le homeschooling doit être un projet réfléchi, pas une rupture avec le système scolaire sans anticipation de la suite. F. N. H. : La question des examens reste cen- trale pour les familles. Comment un enfant sco- larisé à domicile peut-il se présenter au brevet ou au baccalauréat ? Quelles démarches doit-il effec- tuer, auprès de quels organismes et dans quel cadre ? M. B. : C’est une question que les parents me posent très sou- vent et qui doit être anticipée dès le début du projet. Il faut distinguer le suivi pédagogique de l’enfant et son inscription à un examen. Suivre un pro- gramme à domicile ne signifie pas automatiquement être ins- crit à un examen. Les moda- lités dépendent du pays, du statut de l’élève, de l’examen concerné et de la réglemen- tation en vigueur. Il faut donc vérifier directement auprès des organismes et autorités com-
pétents les conditions d’ins- cription, les pièces demandées, les calendriers et les modalités d’examen. Dans mon accom- pagnement, je sensibilise les familles à cette question très tôt. L’objectif est de ne pas attendre la dernière année pour se demander : «Et après ?» F. N. H. : La socialisa- tion est souvent au cœur des interrogations autour du homeschooling. Comment permettre à l’enfant de conserver des interactions régulières avec d’autres enfants et de développer ses com- pétences sociales en dehors du cadre scolaire traditionnel ? M. B. : Je pense qu’il faut déconstruire une idée reçue : être scolarisé à la maison ne signifie pas être isolé. L’école est bien sûr un lieu de socia- lisation, mais ce n’est pas le seul. Le sport, la musique, les activités artistiques, les asso- ciations, les langues, les sor- ties culturelles ou encore les projets collectifs permettent aussi à l’enfant de créer des liens. Il faut également penser à la qualité de ces interac- tions : apprendre à coopérer, communiquer, gérer les désac- cords, prendre sa place dans un groupe et développer son autonomie. La socialisation doit donc être pensée comme une partie intégrante du projet édu-
catif, et non comme quelque chose que l’on découvre après coup. F. N. H. : Le homeschoo- ling représente aussi un investissement en temps et en ressources pour les familles. Est-il financière- ment accessible à tous ? Et quels sont les princi- paux coûts à anticiper ? M. B. : Il faut être honnête, le homeschooling représente un investissement et il n’est pas accessible de la même manière à toutes les familles. Les coûts peuvent comprendre les frais liés à un organisme d’enseignement à distance, les ressources pédagogiques, le matériel, les activités extras- colaires et, lorsque la famille fait appel à des professionnels, l’accompagnement pédago- gique. Mais il faut aussi prendre en compte un autre investis- sement, dont on parle moins: le temps parental. Certaines familles peuvent assurer elles- mêmes une grande partie du suivi. D’autres ont besoin d’être accompagnées parce qu’elles travaillent, parce qu’elles ne se sentent pas suffisamment à l’aise avec certaines matières ou parce que leur enfant néces-
Le homeschooling représente un investissement et il n’est pas accessible de la même manière à toutes les familles.
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