ENSEIGNEMENT
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 25 SEPTEMBRE 2026
nécessairement d’aller plus vite ou de viser immédiatement de meilleurs résultats, mais de recréer des conditions favo- rables à l’apprentissage. Une pédagogie individualisée permet de repartir de ce que l’enfant sait faire, d’identifier précisément ses besoins et ses points de blocage, puis de construire une progression cohérente, avec des objectifs adaptés et des étapes acces- sibles. J’accompagne notamment des enfants présentant des profils neuroatypiques, mais aussi des enfants qui ont simplement connu un parcours scolaire difficile. Concernant les profils TDAH, DYS ou HPI, il me paraît essentiel de rappeler qu’ils cor- respondent à des réalités dif- férentes et qu’ils ne doivent pas être abordés de manière uniforme. L’accompagnement pédagogique ne se substitue pas à une évaluation, à un diagnostic ou à une prise en charge par les professionnels compétents lorsque ceux-ci sont nécessaires. Je ne considère jamais un pro- fil particulier comme une éti- quette. Le diagnostic constitue avant tout une information qui permet de mieux comprendre certains besoins de l’enfant. Il ne doit pas définir ses capaci- tés ou ses possibilités d’évo- lution. Mon rôle est ensuite de tra- duire cette compréhension en adaptations pédagogiques concrètes, à savoir l’organisa- tion du travail, la durée des séquences, le niveau d’autono- mie, l’environnement de travail ou encore les modalités d’éva- luation. L’objectif est de proposer à chaque enfant un cadre d’ap- prentissage qui tienne compte de son fonctionnement, de ses besoins et de ses ressources, afin de lui permettre de progres- ser et de construire graduelle- ment son autonomie. Lorsqu’il commence à vivre de petites réussites, quelque chose change; il ne progresse pas seulement dans ses apprentis- sages, il change aussi le regard
Le homeschooling peut être préconisé pour certains enfants en difficulté scolaire ou présentant des profils neuroatypiques, dans le cadre d’une pédagogie individualisée.
qu’il porte sur lui-même. Ce point est très important.
Il faut déterminer ce que l’enfant peut faire seul, ce qui nécessite un accompagnement, quand travailler, quand s’arrêter, com- ment structurer la semaine et surtout comment préserver la relation familiale. Mon rôle consiste finale- ment à créer de la cohérence entre le programme, l’enfant et la famille. L’objectif est de construire une école sur- mesure autour de l’enfant. F. N. H. : Une fois le pro- gramme choisi, comment s’organisent au quoti- dien les apprentissages, le suivi et l’évaluation des progrès de l’enfant ? Peut-on réellement assu- rer un parcours scolaire structuré en dehors de l’école traditionnelle ? M. B. : Effectivement, mais à condition d’avoir un cadre, une progression et un véritable suivi. Le homeschooling ne signifie pas «apprendre quand on veut et comme on veut». Il demande au contraire beaucoup d’orga- nisation. Je travaille avec des objectifs précis et une progres- sion, tout en gardant suffisam- ment de souplesse pour ajus- ter le rythme lorsque cela est nécessaire. L’évaluation ne se
limite pas à une note. J’observe les compétences acquises, les notions qui restent fragiles et surtout la capacité de l’enfant à réutiliser ce qu’il a appris. Je suis également très atta- chée à une pédagogie active. Un jeu, un défi, une énigme, une situation concrète ou un projet peuvent devenir de véri- tables outils d’apprentissage. L’objectif reste le même, mais le chemin pour y parvenir peut être différent. F. N. H. : Au Maroc, l’ins- truction à domicile ne dispose pas aujourd’hui d’un cadre spécifique aussi clairement défini que dans certains pays. Comment les familles sécurisent-elles alors le parcours scolaire de leur enfant, notamment lorsqu’elles passent par un organisme d’enseigne- ment à distance ? M. B. : C’est effectivement un point important et les familles doivent être prudentes sur cette question. Elles doivent se renseigner précisément sur leur situation et sur les exi- gences administratives et sco- laires qui leur sont applicables, notamment lorsqu’elles sou- haitent que leur enfant puisse ensuite intégrer un établisse- ment ou se présenter à un exa- men. Lorsqu’elles choisissent un organisme d’enseignement à distance, il est également essentiel de bien comprendre
F. N. H. : Concrètement, comment accompagnez- vous une famille qui choi- sit l’école à la maison ? Et quelle place occupent des organismes comme le CNED ou les Cours Pi dans ce parcours ? M. B. : Mon rôle n’est pas de remplacer un organisme d’en- seignement à distance. Des structures comme le CNED, les Cours Pi ou d’autres dispositifs peuvent, selon le projet choisi par la famille, fournir un pro- gramme, des cours, des exer- cices, des évaluations ou un cadre de progression. Moi, j’in- terviens autour de ce dispositif. Tout commence par un dia- gnostic pédagogique : où en est réellement l’enfant ? Quelles sont ses forces et ses faiblesses ? Quel est son degré d’autonomie ? Qu’est-ce qui le motive ? Qu’est-ce qui le met en difficulté ? À partir de là, nous construisons une organi- sation réaliste. J’accompagne l’enfant dans la compréhension des cours, l’acquisition des méthodes de travail, l’organisation, la conso- lidation des acquis et la pro- gression dans les matières qui posent problème. Il y a éga- lement une dimension impor- tante auprès des parents. Faire l’école à la maison ne signifie pas simplement reproduire une salle de classe dans son salon.
Des structures comme le CNED ou les Cours Pi peuvent constituer, selon le projet de la famille, un support pédagogique et un cadre de travail.
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