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FINANCES NEWS HEBDO
JEUDI 16 & VENDREDI 17 AVRIL 2026
FOCUS ASSURANCE
sage mondial du risque. Inondations, incen- dies, tempêtes et sécheresses deviennent plus fréquents et, surtout, plus coûteux, entraînant une hausse des sinistres et une aggravation du déficit de protection. Face à cette réalité, le secteur de l’assurance est confronté à un choix stratégique : celui de réduire son expo- sition ou renforcer ses capacités d’analyse, d’anticipation et de gestion des risques. Pour Diogo Oliveira, la réponse ne peut être le retrait, mais, au contraire, un renforcement de l’innovation et de la coopération. En effet, le rôle de l’assurance évolue profondément, car il ne s’agit plus uniquement d’indemniser après une catastrophe, mais d’agir en amont à travers l’anticipation des risques clima- tiques, l’amélioration des modèles prédictifs, l’intégration du climat dans la souscription ou encore le développement d’outils de préven- tion. Cette transformation marque un change- ment structurel où le climat devient désormais une variable centrale de la gestion du risque. Une reconnaissance internationale du secteur La COP30, tenue à Belém en novembre 2025, a consacré un tournant majeur pour le secteur de l’assurance, désormais reconnu comme un acteur central de la transition climatique. Réunissant plus de 2.000 participants sur place et 110.000 en ligne, l’événement a officialisé pour la première fois le rôle de l’assurance dans les documents de la COP. Longtemps perçue comme un simple levier financier, elle s’impose désormais comme un partenaire clé de la résilience climatique mondiale. Aujourd’hui, face à l’ampleur des risques climatiques, des réponses globales s’imposent, fondées sur le partage des risques, les partenariats public-privé et la coo- pération internationale. Cette reconnaissance ouvre la voie à une nouvelle gouvernance du risque, où l’assurance, appelée à anticiper plutôt qu’à subir, devient un pilier des écono- mies résilientes de demain. ◆ Les catastrophes naturelles ont généré envi- ron 260 milliards $ de pertes économiques en 2025, dont 127 milliards $ assurés, révélant un écart de protection supérieur à 50%. L’année a également enregistré 49 événe- ments dépassant 1 milliard $ de pertes cha- cun, confirmant l’accélération des risques cli- matiques. Les États-Unis concentrent 81% des pertes assurées, tandis que les incendies en Californie représentent environ 58 milliards $ de dégâts, faisant de cet épisode climatique le plus coûteux de l’année en termes de pertes économiques. Catastrophes naturelles : Une facture record en 2025
Diogo Oliveira, président de la Confédération nationale des compagnies d’assurance du Brésil.
Transition climatique Entre choc des risques et transformation du secteur Sous la pression croissante des risques climatiques, le secteur de l’assurance accélère sa mutation et redéfinit son rôle à l’échelle mondiale. Focus sur le marché brésilien de l’assurance mis en avant lors de la 12 ème édition du rendez-vous de Casablanca de l’assurance. Par Ibtissam Z.
L
e secteur de l’assurance au Brésil confirme, en 2025, son importance stratégique dans l’économie nationale, avec une contribution de 6% au PIB. Il s’appuie sur des réserves financières de 520,1 milliards $, génère 13,6 milliards $ de recettes fiscales et soutient environ 274.000 emplois. Le marché poursuit sa croissance, avec une projection de +8,0% en 2026. Il compte 152 compagnies d’assurance, dont 120 locales et 32 étrangères. Les primes atteignent 151,9 milliards $ contre 109,7 milliards $ de sinistres, illustrant un secteur dynamique mais exposé aux risques. Lors de son intervention au Rendez-vous de Casablanca de l’assurance, le mercredi 15 avril, Diogo Oliveira, président de la Confédération nationale des compa- gnies d’assurance du Brésil (CNseg), est reve- nu sur les enjeux du secteur de l’assurance dans la transition climatique et les défis du marché brésilien. «Les entreprises de l’assu- rance brésilienne sont extrêmement efficaces, digitalisées et investissent encore beaucoup dans de nouvelles technologies. L’année der- nière, nous avons investi environ 5 milliards de dollars en technologies. Le marché a évolué
rapidement au cours des dernières années, à environ 10% par an, depuis la pandémie» , note-t-il. Et d’ajouter : «mais nous avons tou- jours un grand défi concernant le déficit de protection qui est de 8% au Brésil. Dans cer- taines régions, c’est encore pire. Dans l’agri- culture, seulement 5% de la production sont protégées par l’assurance. Dans le secteur automobile, les chiffres sont un peu meilleurs, mais seulement 30% de la production sont protégées par l’assurance». Selon le président de la CNseg, l’industrie ne peut plus être limitée à une logique de compensation après sinistre. Elle doit désor- mais évoluer vers un rôle d’anticipation et d’accompagnement de la transition clima- tique. «En s’engageant significativement sur le risque climatique, nous pouvons démontrer à la société, aux gouvernements et aux parte- naires mondiaux que l’industrie de l’assurance joue un rôle majeur dans l’adresse de l’un des plus grands défis de notre temps» , affirme-t-il. Une montée des risques climatiques L’intensification des phénomènes climatiques extrêmes transforme profondément le pay-
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