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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 16 & VENDREDI 17 AVRIL 2026
Assurance Le temps des certitudes fragiles
Par D. William I l fut un temps pas si lointain où l’assurance évoluait dans un univers balisé, presque confortable. Les risques étaient identifiés, modélisés et mutualisés. Les crises, bien que redoutées, restaient circonscrites dans des périmètres relativement prévisibles. Puis le monde s’est mis à tanguer. Lentement d’abord, puis de plus en plus violemment. Et aujourd’hui, à écouter l’intervention du président de la Fédération marocaine de l’assurance, Mohamed Hassan Bensalah, à l’ouverture du Rendez-vous de Casablanca de l’assurance, une évidence s’impose : l’as- surance devient un miroir des turbulences du monde. Car il y a un basculement silencieux mais profond d’un univers où le risque ne se limite plus au volet technique, mais doit être appréhendé dans ses dimensions politique, climatique, technologique et désormais géostratégique. Le conflit actuel au Moyen- Orient n’est, à ce titre, qu’un événement parmi d’autres. S’il a pour conséquences la hausse des prix de l’énergie, des tensions sur les chaînes logistiques ou encore une inflation diffuse, il instruit, parallèlement, sur la nature même des risques qui échappent de plus en plus aux schémas classiques de l’assurance. En effet, comment mutualiser des risques qui, par essence, sont massifs, simultanés
time, l’aérien ou certaines grandes entre- prises, mais ils restent coûteux, complexes et réservés à une minorité d’acteurs. Autrement dit, l’assurance, dans sa forme actuelle, protège mieux les puissants que les vulnérables. Et c’est là que le bât blesse. Car pendant que le monde devient plus risqué, une grande partie de la population mondiale, notamment en Afrique, reste en dehors de tout système de protection. Des millions de citoyens évoluent sans filet, exposés aux aléas économiques, climatiques ou sani- taires. Dans ce contexte, la mission procla- mée des assurances de «protéger le plus grand nombre» prend une résonance parti- culière, en ce sens qu’elle n’est plus seule- ment un objectif, mais plutôt une exigence morale. D’où l’importance des fintechs et insurtechs qui ouvrent des perspectives inédites et peuvent permettre d’atteindre des popula- tions jusque-là exclues. Mais la technolo- gie, aussi puissante soit-elle, ne résout pas tout. «La digitalisation doit s’accompagner de pédagogie, de simplicité et surtout de confiance. Car au fond, l’assurance repose sur une promesse essentielle : protéger face à un avenir par nature incertain. Mais cette confiance ne se décrète pas. Elle se construit. Et elle se construit aussi à travers un cadre clair, protecteur et propice à l’inno- vation», souligne Bensalah. En cela, une régulation trop rigide freine l’innovation. Une régulation trop laxiste fra- gilise les assurés. Il faut donc trouver le bon équilibre. La refonte du Livre IV du Code des assurances au Maroc s’inscrit précisément dans cette recherche d’équilibre. Mais au-delà des textes, c’est tout une vision qu’il faut construire. Une vision d’une assurance plus inclusive, plus agile et plus connectée aux réalités sociales. Bref, le secteur est à son moment de vérité : il peut choisir de rester dans ses schémas traditionnels, au risque de se faire sérieu- sement chahuter par les bouleversements en cours, ou embrasser pleinement ces mutations en acceptant de se réinventer. Se réinventer sans pour autant renier son identité. ◆
et systémiques ? Les guerres, cyberattaques globales, et crises climatiques d’ampleur continentale ne respectent aucune segmen- tation actuarielle. Elles peuvent frapper tout le monde, en même temps, et remettent en cause les fondements mêmes du métier de l’assurance. D’où l’interrogation légitime de Bensalah: sommes-nous à l’aube d’une assurance plus géopolitique ? La question mérite d’être posée. Elle sug- gère que les assureurs ne peuvent plus se contenter de gérer des sinistres, mais doivent désormais anticiper des réalités complexes qui mêlent tensions internatio- nales, dérèglements climatiques ou encore ruptures technologiques. Dans ce nouveau paysage, des limites appa- raissent clairement. Les exclusions de garan- tie liées à la guerre prennent une dimension stratégique et montrent en creux les zones d’ombre du système assurantiel. Certes, des mécanismes existent pour le transport mari-
Les guerres, cyberattaques globales, et crises climatiques d’ampleur continentale ne respectent aucune segmentation actuarielle.
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