FNH N° 1231

POLITIQUE

41

FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 16 & VENDREDI 17 AVRIL 2026

Ces régions sont appelées à devenir un espace privilégié de coopération dans plusieurs domaines comme l’énergie, l’eau, l’agriculture durable, les infrastructures, la formation et l’innovation. L’objectif est d’y développer des projets struc- turants capables de soutenir un développement durable et inclusif. Pour les investisseurs, ces terri- toires représentent un environ- nement prometteur, à la fois en termes de ressources, de posi- tion géographique et de pers- pectives de croissance. F. N. H. : Quels secteurs d’avenir offrent à votre avis le plus de perspec- tives pour les investis- seurs français et maro- cains ? Kh. K. : Plusieurs secteurs apparaissent particulièrement porteurs. Le premier est celui de l’éner- gie verte, notamment le solaire, l’éolien et l’hydrogène vert. Le Maroc possède un potentiel naturel important et une stra- tégie énergétique ambitieuse, ce qui crée un terrain favorable aux partenariats industriels et technologiques. Le second concerne l’agri- culture durable et l’innovation agroalimentaire, qui deviennent des priorités face aux enjeux climatiques et à la nécessité de renforcer la sécurité alimen- taire. En dernier lieu, la recherche, la formation et l’innovation tech- nologique constituent un levier essentiel pour accompagner la transformation économique et industrielle des deux pays. F. N. H. : Comment la coo- pération dans les énergies renouvelables et l’écono- mie verte peut-elle créer des opportunités écono- miques ? Kh. K. : La transition énergé- tique représente aujourd’hui l’un des piliers de la coopération franco-marocaine. Les deux pays partagent un engagement fort dans la lutte contre le chan-

 Progressivement, le Maroc s’impose comme une plateforme stratégique pour les énergies renouvelables en Afrique et dans l’espace euro-méditerranéen.

gement climatique et dans le développement de modèles économiques plus durables. Cette coopération peut favo- riser la création de nouvelles filières industrielles, notamment dans les technologies propres, les services urbains écolo- giques ou encore la gestion des ressources. Au-delà de l’enjeu environne- mental, la transition vers une économie verte constitue égale- ment un vecteur de croissance, d’innovation et d’emplois quali- fiés pour les deux pays. F. N. H. : Comment les convergences entre les parlements marocain et français peuvent-elles favoriser la coopération économique ? Kh. K. : La diplomatie parlemen- taire joue un rôle important dans la consolidation des relations bilatérales. Les échanges entre les assemblées permettent de renforcer la confiance insti- tutionnelle et d’encourager la convergence des cadres légis- latifs et réglementaires. Cette coopération contribue à créer un environnement juri- dique et politique stable, essen- tiel pour attirer les investisse- ments et sécuriser les projets économiques. Elle favorise également la coor- dination des positions dans les instances internationales, ce qui peut renforcer l’influence des deux pays dans les grands enjeux économiques et géopo- litiques.

prises, les institutions financières et les acteurs de l’innovation autour de projets communs. Les domaines identifiés par le Forum, à savoir infrastructures, transition énergétique, agri- culture durable et innovation, offrent un terrain particulière- ment favorable pour développer des partenariats industriels et technologiques. A cet effet, l’investissement dans la formation, la recherche et l’entrepreneuriat des jeunes sera déterminant pour assurer la réussite de ce partenariat et préparer les nouvelles généra- tions aux défis économiques de demain. En effet, le Maroc et la France disposent d’atouts complé- mentaires. D’un côté, un pays en forte transformation écono- mique et tourné vers l’Afrique; de l’autre, un partenaire européen doté d’une expertise technolo- gique et industrielle reconnue. Si cette coopération continue de s’appuyer sur l’innovation, la transition énergétique et le développement durable, elle peut devenir un véritable levier de croissance partagée et de création d’emplois, notamment pour les jeunes générations. L’avenir du partenariat franco- marocain se jouera donc dans sa capacité à conjuguer vision stra- tégique, investissements et coo- pération entre entreprises, insti- tutions et centres de recherche, afin de construire ensemble un espace économique dynamique entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique. ◆

F. N. H. : Comment la coo- pération économique bila- térale peut-elle contribuer à la sécurité alimentaire et à la résilience économique ? Kh. K. : La sécurité alimentaire est devenue une priorité straté- gique dans un contexte marqué par les crises climatiques et géo- politiques. La coopération fran- co-marocaine vise à promouvoir une agriculture durable, respon- sable et innovante, capable de garantir la souveraineté alimen- taire. Cette coopération peut se tra- duire par des investissements dans les technologies agricoles, la gestion de l’eau, la transforma- tion agroalimentaire ou encore la pêche durable. En renforçant les chaînes de valeur agricoles et alimentaires, les deux pays peuvent améliorer leur résilience économique tout en créant de nouvelles opportu- nités d’investissement. F. N. H. : Quelles sont les perspectives à moyen terme pour transformer les engagements du Forum en projets concrets ? Kh. K. : À moyen terme, l’enjeu principal sera de transformer les engagements politiques en pro- jets économiques concrets. Cela suppose de mobiliser les entre-

Le Forum parlementaire franco-marocain met en avant une volonté commune d’approfondir la coopération économique autour de secteurs à fort impact pour la croissance.

www.fnh.ma

Made with FlippingBook flipbook maker