FNH N° 1231

L'UNIVERS DES TPME

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 16 & VENDREDI 17 AVRIL 2026

BCloud «Le véritable enjeu n’est plus d’adopter le cloud, mais de le maîtriser stratégiquement»

entreprises ont opéré leur muta- tion, les TPME marocaines font face au paradoxe de l'agilité. Elles ont conscience que le cloud est leur meilleur levier de compéti- tivité, mais elles manquent de traducteurs internes capables de lier la technique au business. On observe une transition majeure : on ne parle plus de migration, mais d'optimisation. L'enjeu n'est plus d'aller sur le cloud, mais d'y rester de manière rentable (FinOps) et sécurisée. BCloud a évolué pour combler ce fossé, en transformant la complexité technique en un lan- gage de gestion compréhensible pour le chef d'entreprise marocain. F.N.H. : Face à la montée des cabinets internationaux et des plateformes globales de formation, comment BCloud parvient-il à se différencier sur le marché marocain et africain ? E. G. B. : Notre différenciation est une question de pertinence contextuelle et de responsabi- lité territoriale. Les plateformes globales (MOOCs) proposent un savoir liquide, standardisé pour un ingénieur à San Francisco ou Londres. Or, la réalité d'un DSI à Casablanca ou Dakar est radica- lement différente : latence réseau, contraintes de change, cadres réglementaires spécifiques (loi 09-08 au Maroc) et, surtout, une rareté de ressources critiques. Face aux cabinets internationaux qui facturent souvent des métho- dologies déconnectées du terrain, BCloud apporte une valeur ajoutée de proximité. Nous sommes les seuls à proposer des cursus de haut niveau, certifiés par les plus grands éditeurs mondiaux, mais

À l’heure où la souveraineté numérique redéfinit les rapports de puissance, la maîtrise des compétences cloud devient un enjeu stratégique pour le Maroc. Former les talents n’est plus une option, mais une nécessité pour sécuriser l’indépendance technologique du Royaume. BCloud entend jouer un rôle important dans la structuration de cet écosystème en pleine mutation. Entretien avec El Ghali Berrada, directeur commercial de BCloud.

Propos recueillis par Ibtissam Z.

solutions importées pour entrer dans celle de l'autonomie tech- nologique. L'ambition de BCloud à l'horizon 2030 est de devenir le garant de cette autonomie. Nous ne nous contentons pas de délivrer des formations; nous structurons une «défense passive» numé- rique par la compétence. Notre rôle est de bâtir un réservoir de talents capables de conce- voir des architectures hybrides et multi-cloud complexes, tout en intégrant les impératifs de sécurité nationale édictés par la DGSSI. En 2030, BCloud veut être l'institution qui aura permis au tissu économique marocain de ne plus être un simple loca- taire de technologies étrangères, mais un propriétaire éclairé de son destin digital.

F.N.H. : Depuis la création de BCloud en 2014, com- ment analysez-vous l’évolu- tion de l’écosystème tech et TPME au Maroc, notamment en matière d’adoption du cloud et de maturité digitale des entreprises ? E. G. B. : En 2014, nous étions des pionniers dans un désert cognitif. En effet, le cloud était perçu comme une menace pour la confidentialité ou un luxe pour les multinationales. En une décennie, nous avons assisté à une accélé- ration phénoménale, compressée par l'effet catalyseur de la crise sanitaire. Aujourd'hui, le cloud est devenu l'infrastructure de base, l'équivalent de l'électricité pour l'entreprise moderne. Cependant, la maturité digitale reste hétérogène. Si les grandes

Finances News Hebdo : Pensez-vous que le Maroc est en train de construire un véritable écosystème souverain de compétences cloud et IT, et quel rôle BCloud ambitionne-t-il d’y jouer à l’horizon 2030 ? El Ghali Berrada : La souverai- neté numérique est le nouveau paradigme de la puissance éta- tique. Elle ne se décrète pas par la simple construction de centres de données sur le terri- toire national; elle se forge par la maîtrise endogène de l'intelli- gence qui les anime. Le Maroc, porté par la vision stratégique de Maroc Digital 2030, a compris que l’infrastructure sans le capi- tal humain n’est qu'une coquille vide. Nous sortons enfin de l'ère de la consommation passive de

AVEC LA PARTICIPATION DE TAMWILCOM

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