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ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 7 MAI 2026

Tourisme L’euphorie des chiffres face aux exigences internationales

F. N. H. : Etes-vous asso- ciés dans la conception des programmes de for- mation ? L. Z. : Nous n’avons pas notre mot à dire sur la conception des programmes pédagogiques, car les organismes concernés voient souvent dans cela une ingérence. Mais il est impératif d’aligner la formation sur les besoins réels du marché afin d’éviter de former des jeunes pour alimenter le chômage. Ce problème ne concerne pas uni- quement le secteur touristique; il touche également d’autres domaines. Je pense aussi qu’il faut encourager largement les programmes de formation conti- nue, tout en révisant le cadre juridique en vigueur, car il est aujourd’hui dépassé et entrave souvent des avancées néces- saires. Miser sur une formation de qualité générera davantage d’opportunités d’emploi. De nombreux diplômés nationaux trouvent d’ailleurs des postes prestigieux à l’étranger, notam- ment dans les pays du Golfe ou en Europe. En acquérant une expertise au sein de grandes chaînes hôtelières interna- tionales, ces professionnels peuvent revenir et enrichir le tissu économique national avec leur expérience. Le secteur doit absolument tirer profit de ses talents pour se distinguer sur l’échiquier international et rester compétitif grâce à l’excellence des services offerts. F. N. H. : Le Maroc ambi- tionne d'accueillir 30 mil- lions de visiteurs d'ici 2030. Est-il prêt à relever ce défi de taille ? L. Z. : Il n'a pas vraiment le choix. Certains efforts récents

Le tourisme marocain évolue dans un environnement international marqué actuellement par des tensions géopolitiques, tout en devant relever ses propres défis internes. Pour Lahcen Zelmat, président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH), seule une montée en qualité, notamment en matière de formation et d’infrastructures, permettra de soutenir durablement la croissance.

Propos recueillis par C. Jaidani

Finances News Hebdo : Le tourisme national affiche de très bonnes perfor- mances. Cette dynamique pourrait-elle se poursuivre cette année ? Lahcen Zelmat : Nous restons optimistes même si la situation n’est pas assez favorable. Le secteur doit encore composer avec une conjoncture interna- tionale difficile marquée par des tensions géostratégiques. Le tourisme est confronté à la hausse des prix du pétrole et des carburants qui alourdissent considérablement les coûts de transport, en particulier ceux de l’aérien. Cela a un impact direct sur le secteur. F. N. H. : Dans le cadre de la Vision 2030, le Maroc souhaite accorder un rôle plus important aux régions. Quel est votre point de vue à ce sujet ?

incombe aux Centres régionaux du tourisme (CRT). Notre mis- sion, à l’échelle nationale, est de fournir des orientations et des recommandations pour garantir une offre touristique de qualité, qui valorise la marque «Maroc» et contribuer au succès des objectifs ambitieux fixés par la Vision 2030. F. N. H. : La formation a été mise en avant par la ministre du Tourisme comme un levier straté- gique pour développer ce secteur. Qu'en pensez- vous ? L. Z. : La formation est effecti- vement importante. Il ne s’agit pas seulement de former un grand nombre de personnes, mais aussi de garantir leur qua- lité. J’ai souvent reproché à l’Office de la formation profes- sionnelle et de la promotion

du travail (OFPPT) de privilé- gier la quantité au détriment de la qualité. Le développe- ment d’une main-d’œuvre qua- lifiée est un enjeu fondamental pour maintenir et renforcer la compétitivité des entreprises touristiques. D’ailleurs, bien que la taxe dédiée à la for- mation professionnelle génère des recettes considérables, ces fonds ne sont pas totale- ment attribués à l’OFPPT; ils sont partagés avec d’autres institutions. Pour répondre aux besoins du marché du travail, les universités et les grandes écoles devraient être davan- tage impliquées dans cette démarche. Malheureusement, il demeure très difficile de trouver des profils qualifiés adaptés aux besoins des entreprises, que ce soit pour des postes spéciali- sés ou pour recruter une main- d’œuvre non qualifiée.

Cette responsabilité

L. Z. :

Le développement d’une main-d’œuvre qualifiée est un enjeu fondamental pour maintenir et renforcer la compétitivité des entreprises touristiques.

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