Le Dictionnaire Encyclopédique de la Psychanalyse

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Tout au long de ses écrits, Freud a clairement été préoccupé par le défi d'articuler l'impact de la stimulation traumatique, provenant de l'extérieur sous forme de perceptions, avec les stimulations traumatiques venant de l'intérieur de l'esprit, sous forme de pulsions et de fantasmes. Dans la même veine , Freud, à partir de 1897, a progressivement dessiné les grandes lignes des processus et des mécanismes qui gouvernent l'inconscient, qu'il a qualifiés plus tard de ’processus primaires’. Le 7 juillet 1897, il écrit : « Je connais globalement les règles qui régissent la construction de ces structures et les raisons pour lesquelles elles sont plus fortes que les souvenirs réels, et c'est ainsi que j'ai appris de nouvelles choses qui pourront contribuer à caractériser les processus inhérents à l'Ics 61 » (Freud, 1892-1899, p. 258). C'est également à cette époque qu'il posa les racines de sa ’première théorie de l'angoisse’ (Freud, 1892-1899, pp. 189- 195), qui affirmait non seulement la transformation directe de la libido refoulée dans l'affect de l'angoisse, mais représentait aussi la première reconnaissance et rapport causal entre l’angoisse et ce qui a ensuite été qualifié d'état traumatique. II. B. L'inconscient topographique : Le système Ics : 1900 – 1923 Dans le premier modèle topographique de l'appareil psychique, l'inconscient, en sa qualité de nom, était censé être composé d'un certain contenu, qui consistait en des représentances psychiques des pulsions, fonctionnant essentiellement par condensation et déplacement, en accord avec le processus primaire de l'énergie libre et mobile. C'est uniquement en étant fortement investi par l'énergie libidinale que ces idées inconscientes peuvent accéder au système préconscient/conscient. En raison de la censure du préconscient, ce processus prendra cependant toujours la forme d'une formation de compromis, mise en évidence par les symptômes, les rêves et les actes manqués. Ce sont principalement par l'étude des rêves que Freud a réalisé que l'inconscient doit être qualifié, non pas uniquement par l'absence de conscience, mais par son fonctionnement, ce qui l'a conduit à présenter l'important concept des processus primaires. Dans le chapitre sept de L'interprétation des rêves Freud a relevé l'apparence absurde du travail du rêve, ce dernier ne pouvant pas être attribué uniquement au travail de censure. Ainsi, il a été conduit à conclure que « deux processus psychiques d'essence distincte » (Freud 1900, p. 597) œuvraient à la formation des rêves. L'un d'eux produit des pensées oniriques parfaitement rationnelles, en rien de moindre valeur que la pensée normale ; alors que l'autre traite ces pensées d'une manière au plus haut point déconcertante et irrationnelle. Les processus primaires et le symbolisme inconscient des processus primaires des rêves se caractérisent par une énergie psychique qui s'écoule librement et circule sans entrave par le biais de mécanismes de condensation et de déplacement. Grâce à la liberté par

61 Citation traduite pour cette édition (N.d.T.)

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