Le Dictionnaire Encyclopédique de la Psychanalyse

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laquelle l'énergie peut être transférée, les idées intermédiaires, qui ressemblent à des compromis, sont construites par le processus de condensation. Les lois de la pensée logique sur la base de la réalité – le processus secondaire et son symbolisme par le langage – ne s'appliquent pas au processus primaire. Cela concerne avant tout la loi des contradictions. Les idées contradictoires existent ensemble sans se supprimer les unes des autres. Elles peuvent se combiner de telle manière que la pensée consciente ne pourrait jamais tolérer. Enfin, dans les processus primaires, les idées s'échangent entre elles leurs intensités, dans des relations mutuelles des plus vagues . Bien que Freud fût au départ en accord avec l'idée d'attribuer à la censure le rôle décisif de l'inconscient dans les processus irrationnels, il a fini plus tard par donner au processus primaire une place prépondérante, tout comme aux pensées logiques de la conscience. Les processus irrationnels, dit-il, sont les processus primaires. Ils apparaissent lorsque les idées sont abandonnées par l'investissement du préconscient quand elles sont livrées à elles-mêmes et peuvent être chargées de l'énergie désinhibée de l'inconscient qui s'efforce à trouver un exutoire. Ainsi, le processus primaire est un mode de fonctionnement dans la vie psychique, libéré des inhibitions de la pensée consciente. Le processus primaire se comprend comme un principe organisateur, qui dans la vie adulte normale, fait office d'alternative aux processus secondaires de dominance logique et verbale, avec son symbolisme communicatif par le biais du langage. Une caractéristique importante du processus primaire est la tolérance à l'ambigüité et à la contradiction. Une autre est son couvert hallucinatoire, qui tend à la réalisation des vœux, un acte perceptuel coexistant avec le présent (1912a). Ainsi appréhendé, le processus primaire est un processus cognitif très différent de la définition du mot cognition que lui donne la psychologie cognitive. Cependant, ce sont dans ses textes métapsychologiques que Freud (1915 a,b,c) a stigmatisé le concept de l'inconscient dans ses postulats économiques, dynamiques et topographiques. Dans son ouvrage « Instincts and Their Vicissitudes » (Freud, 1915a) (« Pulsions et destins de pulsions »), les pulsions sont définies comme un concept frontière, entre le corporel et le psychique. Dans ses écrits, notamment « Repression » (Freud, 1915b) , (« Le refoulement ») Freud fait la distinction entre le refoulement primaire , qui est le représentant psychologique (idéationnel) de la pulsion dont l'accès à la conscience lui est refusé, et le refoulement proprement dit : le refoulement après coup ( Nachdrängen ). C'est dans “L'inconscient” (1915c), que la théorie topographique atteint son apogée. Freud a premièrement effectué une réévaluation du concept d' inconscient dynamique , celui qui exerce un contre-courant à l'acte de refoulement. Il a ensuite constitué l'existence de l'inconscient par ses dérivés : les actes manqués, les symptômes et rêves, et a démontré que ressentir, penser, remémorer et agir sont en grande partie également sous l'influence des dérivés de l'inconscient. Freud fait la

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