Le Dictionnaire Encyclopédique de la Psychanalyse

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LIBRE ASSOCIATION

Entrée tri régionale Comité de rédaction inter-régional : Felipe Muller (Amérique latine), Jerome Blackman (Amérique du Nord), Antonio Pérez-Sanchez (Europe) Présidente du Conseil de Coordination inter-régional : Eva D. Papiasvili

1. INTRODUCTION ET DEFINITION INTRODUCTIVE

Dites donc tout ce qui vous passe par l’esprit. Conduisez-vous par exemple à la manière d’un voyageur, assis côté fenêtre dans un wagon de chemin de fer, qui décrit à quelqu’un d’installé à l’intérieur le paysage se modifiant sous ses yeux. (Sigmund Freud, « Sur l’engagement du traitement », 1913a)

L’introduction par Freud de la libre association représenta une avancée technique majeure parce qu’elle a permis de mettre en lumière les processus dynamiques de la psyché, l’interaction jusque-là cachée entre motifs et significations. Cette découverte s’est faite progressivement entre les années 1892 et 1898 : de la modification de l’hypnose clinique, en passant par la concentration soutenue sur une idée donnée, jusqu’à la valorisation de l’expression verbale spontanée de soi. Comme indiqué dans « Etudes sur l’hystérie » (1895), les patients eux-mêmes ont joué un rôle décisif dès le tout début de cette évolution conceptuelle. La méthode de la libre association ne s'est codifiée que progressivement, à mesure qu'elle s'imposait de plus en plus comme pierre angulaire du processus et du traitement psychanalytique. En lien avec ce qui vient d’être dit précédemment, dans les actuels dictionnaires d’Amérique du Nord , la « libre association » est définie dans ses grandes lignes comme une forme d’activité psychique caractérisée par la suspension du contrôle conscient (la censure) des expériences subjectives et par l’expression de tout ce qui « vient à l’esprit » (par ex. idées, sentiments, sensations corporelles, souvenirs, rêves, etc.) (Auchincloss & Samberg 2012 ; Akhtar 2009), (NdT, traduit par nous-même). Le terme « libre » dans l’expression « libres associations » implique qu’il « n’existerait pas de point prédéterminé à partir duquel la séance commence et qu’il n’y aurait pas de direction imposée, par l’analyste, de la chaîne de pensée » (Akhtar 2009, p.115), (NdT traduit par nous- même). Quand ce concept est utilisé comme principe de base en vue de structurer la situation psychanalytique, l’association libre constitue une « règle fondamentale » (Freud 1913a, Auchincloss and Samberg 2012, Akhtar 2009) ou, selon la terminologie psychanalytique nord-

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