Le Dictionnaire Encyclopédique de la Psychanalyse

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« La règle pour le médecin peut se formuler ainsi : tenir tous les effets ressortissant à la conscience à distance de sa capacité d’attention et s’abandonner pleinement à sa « mémoire inconsciente », ou, pour l’exprimer de façon purement technique : écouter sans se soucier de savoir si l’on porte ou non attention à quelque chose. » (1912, p. 146). Quelques pages plus loin, Freud récapitule l’expérience intérieure de l’analyste comme guide de compréhension de l’inconscient du patient par sa célèbre « métaphore du récepteur téléphonique », une fois de plus il confirme la position de l’analyste comme étant complémentaire à la libre association du patient : « De même que l’analysé doit communiquer au patient tout ce qu’il attrape au vol dans son auto-observation, en refrénant toutes les objections logiques et affectives qui veulent l’inciter à faire une sélection, de même le médecin doit se mettre dans la situation d’exploiter aux fins de l’interprétation, de la reconnaissance de l’inconscient caché, tout ce qui lui est communiqué, sans remplacer par une censure personnelle la sélection à laquelle renonce le malade ; pour le résumer en une formule : il doit tourner vers l’inconscient émetteur du malade son propre inconscient en tant qu’organe récepteur, se régler sur l’analysé comme le récepteur du téléphone est réglé sur la platine. De même que le récepteur retransforme en ondes sonores les oscillations électriques de la ligne induites par des ondes sonores, de même l’inconscient du médecin est apte à rétablir, à partir des rejetons de l’inconscient qui lui sont communiqués, cet inconscient qui a déterminé les idées incidentes du malade ». (Freud 1912a, pp. 149-150) Donc, on peut en déduire que la libre association est la partie centrale de la « règle fondamentale » de Freud, sa mise en place nécessite aussi la partie complémentaire de l’analyste. Dans « Sur la dynamique de transfert », Freud (1912b) réfléchit sur l’interruption de la chaîne des associations libres à la lumière de la résistance que constitue le transfert. Il recommande d’interpréter au patient que « il est présentement sous la domination d’une idée incidente ayant à faire avec la personne du médecin ou avec quelque chose qui a rapport avec lui » (Freud 1912b, p.109). Ici, le fait que les résistances soient inévitables, qu’elles jouent un grand rôle dans chaque analyse et représentent le côté défensif des conflits inconscients pathogènes, devient encore plus évident : les résistances dues au transfert constituent le plus grand obstacle à la réussite de la cure, et pourtant une bonne compréhension analytique de ces défenses suivie d’une interprétation sont l’outil thérapeutique le plus puissant du psychanalyste. Conscient que « les règles du jeu » ne sont pas absolues, Freud, au sujet de la règle fondamentale dans « Sur l’engagement du traitement » (1913a), met en garde : « L’extraordinaire diversité des constellations psychiques qui entrent en ligne de compte, la plasticité de tous les processus animiques et la richesse en facteurs déterminants s’opposent également à une mécanisation de la technique et permettent

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