BOURSE & FINANCES
20
FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026
complémentaires. Les banques marocaines apportent une connaissance approfondie du ter- rain et des réseaux bien établis en Afrique de l’Ouest et centrale. Standard Chartered vient complé- ter ces expertises en servant plus de 25 marchés africains, avec un accent stratégique sur la banque de financement et d’investisse- ment, le commerce transfrontalier et la gestion de fortune, en s’ap- puyant sur sa présence de longue date au Moyen-Orient et dans les grandes économies asiatiques. Ensemble, elles peuvent accom- pagner les entreprises marocaines qui se développent en Afrique en facilitant leurs échanges transfron- taliers, en leur donnant accès à des financements et en les aidant à gérer leurs risques grâce à la couverture de change, aux garan- ties, aux crédits documentaires, aux mécanismes de partage des risques entre banques et aux solutions de gestion de trésorerie multidevises. Pour une entreprise marocaine qui investit en Afrique, s’approvisionne en Asie et vend en Europe, cette combinaison donne accès à une expertise et à des services bancaires tout au long de la chaîne de valeur. Le Maroc dispose des fondations nécessaires pour renforcer ce rôle de plateforme. L’écosystème de Casablanca Finance City réunit aujourd’hui près de 280 entre- prises, dont plusieurs banques internationales couvrant 53 des 54 pays africains. Le Royaume dispose d’une signature reconnue sur les marchés internationaux, d’outils publics de co-investisse- ment et de grands projets régio- naux comme le gazoduc Afrique Atlantique, déjà soutenu par plu- sieurs bailleurs internationaux. L’enjeu est désormais de mutua- liser ces forces, en associant plus systématiquement banques marocaines, banques internatio- nales, institutions de financement du développement et agences de crédit export autour des projets africains. C’est précisément le rôle que nous souhaitons jouer depuis Casablanca : relier les capitaux et les opportunités entre l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie, les États- Unis et l’Europe, aux côtés de nos partenaires marocains. ◆
Eau, énergie ou encore infrastructures : les ambitions du Maroc exigent des financements diversifiés et un meilleur partage des risques.
résilience remarquable face à la volatilité mondiale. Selon Standard Chartered Global Research, la croissance a atteint 4,8% en 2025, son meilleur niveau depuis la pandémie, et devrait se main- tenir autour de 4,5% en 2026. En mai 2026, l’émission obligataire internationale de 2,25 milliards d’euros a attiré un carnet d’ordres de 5,2 milliards d’euros : un signal clair de confiance. Les atouts sont bien connus : la stabilité, une position géogra- phique entre l’Europe, l’Afrique et l’Atlantique, une base industrielle qui monte en gamme dans l’auto- mobile, l’aéronautique et les batte- ries, et la continuité des réformes, dont le passage progressif au ciblage d’inflation, qui renforcera encore la crédibilité macroécono- mique. Les trois grandes régions d’origine des capitaux sont déjà présentes : la Banque européenne d’investissement prévoit plus de 700 millions d’euros au Maroc en 2026, les investisseurs du Golfe s’engagent dans l’eau et l’énergie, et les industriels asiatiques dans la chaîne de valeur des batteries. Les points de vigilance tiennent surtout à la concurrence mondiale pour les capitaux. Les prêteurs regardent la rapidité et la prévisi- bilité de l’exécution des projets, la profondeur des outils de couver- ture de change, et de plus en plus les critères environnementaux et climatiques : le stress hydrique, mais aussi la décarbonation des
drier des projets, et une associa- tion plus précoce des prêteurs à la phase de structuration. Il faut aussi intégrer les règles propres à chaque agence de crédit export, qui exigent en général qu’une part du contenu provienne de leur pays. Les travaux engagés sur la stratégie nationale des PPP et la modernisation du cadre monétaire vont clairement dans le bon sens. F. N. H. : Dans un environ- nement international mar- qué par une concurrence accrue pour attirer les capi- taux et par des exigences renforcées en matière de rentabilité, de transparence et de gestion des risques, comment les investisseurs et prêteurs internationaux perçoivent-ils aujourd’hui le Maroc ? Quels sont les atouts du Royaume, mais aussi les points de vigilance qui pourraient limiter sa capacité à attirer davantage de financements en prove- nance d’Europe, du Golfe et d’Asie ?
exportations, avec le mécanisme d’ajustement carbone aux fron- tières de l’Union européenne, entré dans sa phase définitive en 2026. Ce sont des domaines dans lesquels le Maroc progresse déjà, et qui détermineront sa capacité à capter une part croissante des capitaux disponibles. F. N. H. : Les entreprises marocaines affichent des ambitions internationales croissantes, en particulier en Afrique, où les oppor- tunités s’accompagnent de risques de change, de finan- cement et de contrepar- tie. Comment les banques marocaines et internatio- nales peuvent-elles conju- guer leurs réseaux et leurs expertises pour accom- pagner cette expansion ? Et le Maroc dispose-t-il aujourd’hui des moyens financiers nécessaires pour conforter son positionne- ment de plateforme d’inves- tissement vers le continent africain ? C. E. A. : Les entreprises maro- caines comptent déjà parmi les principaux investisseurs africains sur le continent. Les banques marocaines y ont bâti des réseaux remarquables, certaines étant présentes dans une vingtaine de pays. Les atouts des banques maro- caines et internationales sont très
C. E. A. : Le regard des inves- tisseurs est aujourd’hui très favo- rable. Le Maroc fait preuve d’une Notre réseau mondial couvre 55 marchés, et près des deux tiers des revenus de notre banque de financement et d’investissement sont issus d’activités transfrontalières.
www.fnh.ma
Made with FlippingBook flipbook maker