BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026
Assurance «Les complémentaires santé ne compenseront pas la couverture au premier Dirham»
La bascule de l'assurance maladie vers la CNSS, la fragilité économique des petits cabinets, la digitalisation et la réforme du Code des assurances figurent parmi les principaux dossiers qui préoccupent les intermédiaires. Farid Bensaïd, président de la Fédération nationale des agents et courtiers d'assurance au Maroc (FNACAM), revient dans cet entretien sur les enjeux de ces transformations et les attentes de la profession.
Propos recueillis par Y. Seddik
Finances News Hebdo : Vous avez récemment plaidé pour une période transitoire d'au moins deux ans avant la bascule des contrats d'assurance maladie concernés vers la CNSS. Pourquoi un tel délai est-il nécessaire ? Les assurances complémen- taires pourront-elles compenser la perte d'activité pour les inter- médiaires ? Farid Bensaïd : Pour passer d'un régime à un autre, il faut du temps. Cette transition nécessite d'abord des études actuarielles et une évaluation des droits acquis des salariés. Les entreprises concernées devront déter- miner si elles souhaitent conserver le même niveau de dépenses ou main- tenir les garanties dont bénéficient actuellement leurs salariés. Il faudra également engager des dis-
cussions avec les partenaires sociaux et construire des couvertures com- plémentaires adaptées. Tout cela demande de la préparation. C'est pourquoi nous estimons, au niveau de la FNACAM, qu'un délai de deux ans est nécessaire à compter de la fixation de la date de bascule. Il faut aussi tenir compte du fait que deux systèmes vont cohabiter : l'AMO gérée par la CNSS et les assurances complémentaires pour les entreprises qui choisiront d'y souscrire. Sur le plan du chiffre d'affaires, les complémentaires ne compense- ront pas la couverture au premier Dirham. Leur mise en place exige un travail important, avec des garanties construites sur-mesure pour chaque client. La gestion des sinistres devra éga- lement être fluide, ce qui suppose notamment une interconnexion des systèmes d'information afin d'éviter les traitements en doublon. Il y a donc un véritable travail de préparation à mener.
F. N. H. : Vous avez rappelé que 68% des agents d'assurance per- çoivent moins d'un million de dirhams de commissions par an. Le modèle économique des petits cabinets est-il aujourd'hui fragilisé ? Quelles solu- tions envisagez-vous avec les compa- gnies d'assurances ? F. B. : Le secteur de l'intermédiation est aujourd'hui assez atomisé. Les cabinets de petite taille, qu'il s'agisse d'agents ou de courtiers, sont particulièrement exposés aux transformations qui s'annoncent, notam- ment avec le développement du digital et de l'intelligence artificielle. Nous avons d'ailleurs engagé des discus- sions avec les compagnies d'assurances pour réfléchir aux moyens d'accompagner ces structures et éviter qu'elles ne souffrent trop de cette transformation. Le digital risque notamment de venir concurrencer leur acti- vité traditionnelle de proximité. Nous cher- chons donc collectivement des solutions. Mais il est clair que les cabinets de petite, voire de très petite taille, pourraient se retrouver en difficulté si le secteur dans son ensemble ne réagit pas à ces évolutions.
La transformation digitale est déjà engagée, particulièrement dans l'assurance automobile, qui représente environ un tiers de l'activité du secteur.
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