Finances News Hebdo numéro 1000

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BOURSE & FINANCES

FINANCES NEWS HEBDO

VENDREDI 23 OCTOBRE 2020

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libéralisation commerciales à l’échelle interna- tionale sont devenues des choix irréversibles. Le Maroc, en relation avec les orientations libérales qu’il a adoptées depuis son adhésion au GATT à la fin des années 80 et à l’OMC en 1995, a conclu, dans le cadre de sa poli- tique d’ouverture, de nombreux accords de libre-échange ainsi que plusieurs conventions tarifaires aussi bien avec des partenaires développés (Union européenne, Etats-Unis, Association européenne de libre-échange) qu’avec des pays en développement ou émer- gents (accord d’Agadir, accord avec la Turquie ainsi que plusieurs partenaires africains). Afin d’évaluer l’impact de ces accords, l’Of- fice des changes a mené plusieurs études qui ont pour objectif de fournir des éléments d’analyse quantitative des ALE et d’apprécier leurs répercussions sur les flux commerciaux. D’une manière générale, l’analyse des échanges commerciaux au titre de la période 1998-2018 montre que les accords de libre- échange ont permis au Maroc d’augmen- ter ses échanges commerciaux avec ses principaux partenaires signataires d’ALE. Néanmoins, cet accroissement ne s’est pas concrétisé d’une manière équitable entre les importations et les exportations. Par principaux partenaires signataires d’ALE, les importations totales du Maroc en prove- nance de la Turquie se sont accrues avec un taux moyen annuel (TCAM) de 15,5%, celles en provenance des Etats-Unis d’Amérique de 9,5% et celles en provenance de l’Union européenne de 7,3%. Pour leur part, les exportations totales s’accroissent de 15,8% à destination de la Turquie, de 10,1% à destina- tion des Etats-Unis d’Amérique et de 6,6% à destination de l’UE. Toutefois, un examen plus attentif des échanges commerciaux avec l’UE effectués dans le cadre des régimes préférentiels durant les dix dernières années, révèle que le taux d’utilisation des régimes préférentiels s’élève à 76,2% pour la partie européenne contre 80,5% pour la partie marocaine. Autrement dit, lors de cette période, les entreprises maro- caines ont bénéficié des droits de douane préférentiels plus que celles européennes. De plus, les importations marocaines en pro- venance de l’UE dans le cadre des régimes préférentiels ont atteint 198,6 Mds de DH en 2018 contre 92,1 Mds de DH dix ans aupara- vant, soit un TCAM de 8,9%, et les exporta- tions marocaines à destination de l’UE, 182,5 Mds de DH en 2018 contre 74,7 Mds de DH en 2009, soit un TCAM de 10,4%, plus élevé que celui des importations. Pour ce qui est du solde commercial défici-

Les importa- tions totales du Maroc en provenance de la Turquie se sont accrues avec un taux moyen annuel de 15,5%. Pour leur part, les exportations totales aug- mentant de 15,8% à des- tination de la Turquie.

et l’agriculture, sylviculture et chasse mais également d’autres branches nouvelles telle l’industrie automobile. Malgré ces progrès, nous concluons que le Maroc n’a pas atteint les résultats escomptés de ces accords, mais il y a lieu de constater une certaine prise de conscience au sujet d’une meilleure gouvernance en matière de conclusion des ALE, notamment une plus grande concertation entre les différents acteurs impliqués, aussi bien publics que privés. Cette démarche a encouragé la mise en place de comités de suivi des accords commerciaux, avec une évaluation continue de leurs résultats ainsi que le suivi de leur mise en œuvre pour adapter leurs dispositions à l’évolution de la conjoncture et au change- ment des circonstances. F.N.H. : Quelles sont les principales évolutions attendues à court terme dans la réglementation des changes ? H. B. : Depuis le début des années 90, l’Office des changes s’est irréversiblement engagé dans un processus d’assouplissement et de facilitation de la réglementation des changes et s’est résolument inscrit dans une dyna- mique d’amélioration continue de ses outils de veille réglementaire. S’inscrivant pleinement dans le cadre de la politique économique du Royaume visant le soutien de l’acte d’investir, d’entreprendre et d’exporter, les récentes mises à jour de la réglementation des changes ont toujours tenu

taire dans le cadre des régimes préférentiels avec l’UE, Il faut tenir compte que celui-ci s’est inscrit dans deux principales phases au cours des dix dernières années. La 1 ère phase, au cours de la période 2009-2012, où le solde déficitaire enregistrait des hausses (de 34,6 Mds de DH en 2009 à 53,6 Mds de DH en 2012), et la 2 ème phase, de l’année 2013 à 2018, où ce solde déficitaire a marqué un allègement (51,6 Mds de DH en 2018 contre 53,2 Mds de DH en 2013). Il faut souligner également que le déficit n’est pas toujours un mauvais indicateur; il peut même traduire une certaine dynamique liée aux investissements. Outre le solde commercial, l’examen des échanges commerciaux avec l’UE dans le cadre des régimes préférentiels ventilé par produits permet de faire ressortir un avan- tage comparatif en faveur du Maroc sur 8 branches de produits sur un total de 17 au cours des dix dernières années. Ces produits relèvent de certaines branches traditionnelles telles l’Industrie de l’habillement et fourrures Il y a lieu de constater une cer- taine prise de conscience au sujet d’une meilleure gouvernance en matière de conclusion des ALE.

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