Finances News Hebdo numéro 1000

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INVITÉ DE LA RÉDACTION

FINANCES NEWS HEBDO

VENDREDI 23 OCTOBRE 2020

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Il faut rester vigilant sur les conditions du marché financier et sur les renou- vellements sur certaines branches comme l'AT, la maladie ou encore les risques tech- niques.

autres). Il n'y a donc pra- tiquement pas de risque là-dessus» , assure-t-il. La deuxième préoccupa- tion de l'ACAPS provenait du marché financier, avec la baisse importante de la Bourse au début de la pandémie. «Il fallait regar- der la résilience du sec- teur face à cette détério- ration», explique Boubrik, qui indique que les stress tests réalisés ont confirmé la résilience du marché. Mais l'ACAPS a tout de même concédé de nou- velles règles prudentielles plus souples pour soutenir les compagnies, ce qui les a rassurées, d'une part, et a limité la dégradation de leurs bénéfices au premier semestre, d'autre part. Ces allègements ont permis d'éviter un peu plus de 700 MDH de pertes au sec- teur, selon les propos du président de l'ACAPS. «Si nous avions maintenu les mêmes règles, la baisse du résultat des compagnies aurait été de -50% au lieu des -25% constatés» , pré- cise-t-il. Accompagnement des clients et des intermé- diaires Le secteur s'est mobi- lisé vis-à-vis des intermé- diaires, et ce dès le début de la crise. On se rappelle des prêts bonifiés accor- dés par les compagnies aux intermédiaires et de l'aide directe et frontale non remboursable de 12.000 DH accordée aux 700 plus L'ACAPS se dit prête à prendre de nou- velles décisions pour accompagner le sec- teur si la crise per- dure.

petits intermédiaires sur le marché. Les assurés ont, eux aussi, profité du prolongement des attestations d'assu- rance automobile durant le confinement et de la baisse tarifaire consentie par le secteur pour rendre en par- tie la réduction de la sinis- tralité sur l'automobile aux clients. Baisse des encaisse- ments Dans ce contexte diffi- cile, l'ACAPS constate une baisse de 10 points de base des encaissements, qui passent de 72% en cumul annuel en août 2019 à 62% en août 2020. Mais Boubrik préfère rassurer. «Cela ne représente pas un risque particulier pour le secteur jusqu'à présent» , estime- t-il. Le régulateur prévient tout de même : «Si la situa- tion continue de se dégra- der, il faudra trouver des solutions. Sur ce volet, la seule réponse prudentielle ne serait pas suffisante» . Il faudra, selon lui, mettre en place des solutions plus opérationnelles comme les fractionnements de primes

et les modalités de paie- ment, en adéquation avec la capacité des clients à s'acquitter de leurs primes. Plus globalement, l'ACAPS se dit prête à prendre de nouvelles décisions pour accompagner le secteur si la crise perdure. Il s'agit notamment d'éloigner l'en- trée en vigueur de la pro- vision sur risque tarifaire au besoin. «S’il y a des demandes argumentées des compagnies d'assu- rances ou si nous obser-

Mais il faut rester vigi- lant sur les conditions du marché financier, sur les renouvellements sur cer- taines branches comme l'AT, la maladie ou encore les risques techniques, où il peut y avoir une baisse du volume d'activité. En revanche, insiste Boubrik, il n’y a pas de risque majeur de dégradation des conditions financières du secteur avec les don- nées disponibles en ce moment. ◆

vons des difficultés particu- lières dans le marché, nous serons enclins à reporter son entrée en vigueur d'une année pour éviter que les compagnies ne soient dans une logique de hausse tari- faire, alors que le contexte économique et social ne le permet pas» , promet le régulateur. Et de résumer que pour le moment, l'ACAPS ne voit pas de contraintes parti- culières sur la santé finan- cière des compagnies.

Les priorités de l'ACAPS

Le confinement n'aura pas eu raison du rythme de progression des chantiers prioritaires de l'ACAPS. Il faut dire que l'anticipation du régulateur dans la dématérialisation de sa relation avec les compagnies, avec notamment la ges- tion électronique des documents et l'informatisation de ses services permet- tant son adaptation rapide au télétravail, a permis de continuer sur les chan- tiers prioritaires. A ce titre, Boubrik cite 3 principaux chantiers majeurs pour le secteur et ses équipes : poursuivre la mise en œuvre du projet SBR (voir page 26), rattraper le retard des compagnies sur la digitalisation, notamment pour accélérer l'inclusion financière (voir page 24) et mettre en œuvre le Takaful (voir page 25). Pour ce dernier sujet, les discussions se poursuivent entre le ministère des Finances et le secteur concernant les frais de gestion et l'ACAPS prépare une circulaire avec le Secrétariat général du gouvernement (SGG) que Boubrik espère achever d'ici la fin d'année. Par ailleurs, le régulateur garde un regard «inquiet» sur les systèmes de retraite et le nécessaire retour à l'équilibre des régimes, avec la CMR notamment dont les réserves vont s'épuiser en 2028. C'est-à-dire demain.

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