ACTUALITÉS WESTJET EXIGE QUE SES EMPLOYÉS FRANCOPHONES MAÎTRISENT L’ANGLAIS MICHEL SABA La Presse Canadienne
français dans les entreprises privées de compétence fédérale au Québec et dans les régions à forte présence francophone, à l’exception de celles qui sont assujetties à la Loi sur les langues officielles. Les entreprises visées comprennent notamment les banques, les entreprises de télécommunications et de transport interprovincial, comme les lignes aériennes. Lors de la rencontre, la compagnie Wes- tJet s’est largement félicitée d’avoir amélioré ses services offerts aux francophones, entre autres à travers les menus à bord, le magazine en vol, l’expérience au téléphone. «Pour nous, il ne s’agit pas seulement d’une obligation réglementaire, mais aussi d’un élément important de l’expérience invité et de la relation de confiance que nous souhaitons bâtir avec les voyageurs francophones partout au pays», a déclaré Mme Chayer. Emballée, la secrétaire parlementaire du ministre des Langues officielles, Madeleine Chenette, a félicité l’entreprise. «C’est de la musique à nos oreilles», a-t-elle dit. En pratique, le député Godin a fait remar- quer aux responsables qu’il était incapable de consulter le site de WestJet en français. Le député s’est donc permis de leur offrir «un petit conseil», celui de corriger cela, surtout qu’ils veulent croître au Québec. Mais, en fait, une version française est disponible. «C’est juste qu’il faut aller vrai- ment «juuuuuuuusqu’en» bas du site et on va faire sa sélection de langue. On est en train de revoir ça», a répondu Mme Chayer. L’ébauche du règlement précise la liste
des critères pour établir les régions du pays qui sont «à forte présence francophone». Déjà, le Québec est couvert en entier, selon ce qui a été décrété dans la loi. La proposition ferait du Nouveau-Brunswick la seule autre province qui serait couverte d’un bout à l’autre. Ailleurs au pays, les critères permettent de cibler certaines régions. Dans le cas des transporteurs aériens, le service en français est déjà disponible aux comptoirs de la compagnie dans tous les aéroports du pays, vu que les administra- tions aéroportuaires leur transfèrent cette responsabilité qui découle de la Loi sur les langues officielles. Pour WestJet, les règles s’appliqueraient aux trajets au départ ou à destination d’une des régions couvertes. Les responsables qui témoignaient ont d’ailleurs indiqué que leur «plus grand défi» sera de recruter des agents de bord qui parlent français ou de fournir des cours de français à des employés actuels. Mais le transporteur établi à Calgary est très réticent à la suggestion des associa- tions de défense des francophones qui, tour à tour, ont demandé aux parlementaires d’ajouter les capitales provinciales à la liste. «Ce serait une étape majeure, a dit leur avocat, Tristan Joanette. Évidemment, dans un monde parfait, WestJet aimerait absolument offrir un service en français dans chacun de ses vols, mais, pour pouvoir atteindre ça, ça prend de la main-d’œuvre.» Le règlement discuté entrerait en vigueur deux ans après son adoption. Et la loi dont il découle a été adoptée il y a presque trois ans.
WestJet, le deuxième plus grand trans- porteur aérien au pays, fait de la maîtrise de l’anglais un critère d’embauche, si bien qu’aucun de ses 16 000 employés actuels ne parle que le français, une situation qui lui a valu d’être accusé de discrimination. L’information a été révélée, jeudi, lors d’une réunion d’un comité parlementaire qui étudie un règlement pour protéger le français, en réponse à une question du porte-parole conservateur en matière de langues officielles, Joël Godin. Ironiquement, avec son niveau de maî- trise de l’anglais, le député fait un constat simple: «ils ne pourraient pas m’engager», a-t-il rigolé, en entrevue avec La Presse Canadienne. Et si l’anglais est obligatoire, la compa- gnie dit ignorer à ce stade la proportion de ses employés qui peuvent s’exprimer en français. Au tour du Bloc québécois, le porte-parole Mario Beaulieu a demandé à une dirigeante de l’entreprise s’il n’y a pas «une discrimi- nation là-dedans». «Au Québec, on engage de façon systé- matique bilingue parce qu’évidemment à bord de nos appareils, on se doit d’offrir le service dans les deux langues», a répondu la vice-présidente Lyne Chayer. M. Beaulieu lui a rétorqué qu’il y a «un déséquilibre» vu que la compagnie a des employés qui ne parlent que l’anglais. «Ça se
fait qu’un autre employé donne le service si quelqu’un ne peut pas. (...) Si vous exigez le bilinguisme de tous les employés au Québec, ça devrait être exigé de tous les employés tout court, quant à moi», a-t-il dit. Un avocat de la compagnie, Tristan Joa- nette, qui témoignait également, a indiqué qu’un comité de francisation va se pencher «très sérieusement» sur la question. «On est conscients qu’avant de mettre des exigences d’exiger l’anglais au Québec, que ce soit vraiment nécessaire d’avoir de telles exigences», a-t-il déclaré. Les élus sont à apporter la touche finale aux règles qui encadreront l’application d’une loi permettant d’être servi et de travailler en Des avions de WestJet à des portes d’embarquement de l’aéroport international de Calgary, le mercredi 31 mai 2023. LA PRESSE CANADIENNE/Jeff McIntosh
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RÉPONSE DU JEU Nº 914
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