FNH N° 1058

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ECONOMIE

FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 17 MARS 2022

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Industrie automobile

◆ Les groupes Renault et Stellantis, présents dans le Royaume, affichent de fortes ambitions pour le segment. ◆ Plusieurs constructeurs ont manifesté leur intérêt pour s’implanter au Maroc. Des atouts pour développer la filière «électrique»

sont en perpétuelle évolution pour répondre au mieux aux besoins du constructeur. Outre les firmes françaises, de grands groupes étran- gers ont manifesté leur inté- rêt pour développer des sites de construction de voitures électriques au Maroc. En décembre 2017, le géant chinois BYD a annoncé un méga-projet d’implanta- tion de voitures électriques à Tanger. Le protocole pré- voit la construction de trois usines (batteries électriques, bus et camions électriques et trains électriques). La firme chinoise a annoncé à cette date que le Royaume dis- pose de tous les ingrédients nécessaires pour assurer le décollage de l’industrie des voitures électriques, notam- ment un climat des affaires adéquat, la proximité géogra- phique avec les principaux marchés, notamment euro- péen, et un cadre logistique favorable et compétitif. ◆

giques qui doivent être prises par le top management du groupe». Etant donné que les sites marocains sont très com- pétitifs au niveau des coûts de production et de la qualité des produits, cela

devrait inciter à déve- lopper la filière élec- trique. Techniquement, cela ne nécessite pas de grandes transfor- mations, mais juste quelques adaptations. Excepté quelques

L’écosystème d’équipementiers automobiles est très compétitif et peut s’adapter à l’évolu- tion du secteur.

modèles spécifiques, la plu- part des voitures électriques sont conçues sur la base de plateformes de véhicules conventionnels. Avec une capacité de pro- duction de 500.000 véhicules par an (160.000 pour le site de Somaca et 340.000 pour celui de Melloussa), le groupe Renault dispose également d’un écosystème très per- formant regroupant de nom- breux équipementiers. Ils

les acquis de cette activité et lui assurer de nouvelles pers- pectives plus prometteuses. Pour le moment, seul le site de Stellantis à Kénitra pro- duit ce genre de véhicules, à travers les modèles Citroën AMI et Opel Rocks-e, dont la quasi-totalité est destinée à l’export. Dans son nouveau plan stratégique, le groupe a annoncé un grand virage pour le segment de l’élec- trique, où tous ses sites dans le monde sont appelés à jouer un rôle clé. Pour sa part, le groupe Renault a dévoilé ses ambi- tions dans ce segment, sans toutefois préciser sa vision pour les sites marocains. Tous les modèles fabriqués au Maroc sont de type ther- mique, mais rien n’exclut la possibilité d’assurer le mon- tage de voitures électriques ou hybrides. Interrogéàcesujet,Mohamed Bachiri, directeur du groupe Renault Maroc, souligne que «ce sont des décisions straté-

P artout dans le monde, la voiture électrique gagne du terrain, encou- ragée par les mesures de soutien des gou- vernements et la généralisa- tion des installations, notam- ment les bornes de recharge. Pour leur part, plusieurs constructeurs ont concentré une bonne partie de leur pro- gramme de développement sur ce segment, annonçant l’arrêt à terme de la produc- tion des véhicules diesel. En 2021, le nombre de voi- tures électriques écoulées dans le monde a frôlé le mil- lion, réalisant une croissance de plus de 150% comparati- vement à 2020. Cette dyna- mique devrait s’accélérer dans les années à venir. Le Maroc, qui a fait de l’auto- mobile une filière phare pour l’essor de son secteur indus- triel, doit se positionner dans ce segment afin de consolider Par C. Jaidani

Seul le site de Stellantis à Kénitra produit des véhicules électriques à travers les modèles Citroën AMI et Opel Rocks-e.

Les différents pays développés se dirigent vers l’interdic- tion totale des moteurs thermiques, qui seront déployés uniquement pour les poids lourds et certains véhicules utilitaires. Mais les autres pays du globe ne pourront pas suivre cette évolution, vu son coût élevé. Les nouvelles générations de voitures ne sont pas à la portée de tous les acheteurs, outre le fait que ces pays ne sont pas préparés sur le plan des infrastructures et des équipements, notam- ment les bornes de recharge. D’où l’intérêt pour le Maroc de promouvoir une industrie de véhicules diesel. Car la demande sera toujours main- tenue pour les pays africains, asiatiques ou d’Amérique latine. Les modèles concernés peuvent être fabriqués sous licence ou développés localement. Une nouvelle vie pour les véhicules diesel

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