FNH N° 1112

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BOURSE & FINANCES

JEUDI 8 JUIN 2023 FINANCES NEWS HEBDO

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s’est introduite en Bourse quelques temps après Maroc Telecom en 2005, avec un montant inférieur à 30 MDH et son activité a fortement augmenté depuis. «La Bourse de Casablanca a d’ail- leurs réussi la transmission de plu- sieurs entreprises familiales avec la conservation d’un patrimoine industriel de plus de 10 milliards de DH, comme en témoigne le cas de Sothema, Dari Couspate et Colorado» , a ajouté de son côté Mokdad. Des défis à relever Bien que le marché boursier offre des opportunités prometteuses, la transition vers ce nouvel environne- ment pour les entreprises familiales n'est pas dénuée de défis. Ces der- nières doivent se conformer à des réglementations strictes, comme la publication d’informations finan- cières périodiques et l'application de bonnes pratiques de gouvernance. «L’information financière et la gou- vernance sont les deux éléments centraux qu’il faut préparer avant d’aller en Bourse. Il n’y a pas de garanties demandées pour s’intro- duire en Bourse, mais en contre- partie, il faut offrir une information transparente et de bonnes pra- tiques de gouvernance pour créer une relation de confiance avec les investisseurs» , a noté sur ce point Nasser Seddiqi, directeur des opé- rations financières et des marchés à l'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). Des exi- gences qui peuvent nécessiter des investissements considérables en termes de ressources humaines et de technologie de l'information. De plus, l'ouverture du capital peut entraîner une dilution du contrôle familial, ce qui peut être difficile à accepter pour les membres de la famille qui ont bâti l'entreprise sou- vent avec passion et dévouement. La présence de nouveaux action- naires peut également modifier la culture d'entreprise et les prises de décision. Selon le baromètre 2021 du cabinet BDO, la transmission d’entreprise reste une option plausible pour 60% des dirigeants. La transmis- sion est de plus en plus question de

‘’nécessité’’ tant pour les cédants que pour les repreneurs, et encore plus lorsqu’elles sont des entre- prises familiales. Les dirigeants décident de céder avant tout pour des raisons liées à la conjoncture du secteur d’activité ou des difficul- tés internes de l’entreprise. L’appât d’un bon deal vient en second lieu.

«Aujourd’hui, on en est encore loin, puisque le sujet est toujours considéré comme tabou. A l’échelle internationale, 81,08% des entre- prises familiales n’ont pas mis de plan de succession. Au Maroc, le dirigeant se détache difficilement par souci d’assurer le suivi de près ou de loin. La mise en place d’outils

structurants permet de faire ses «homeworks» et de promouvoir la culture de la transmission, néces- saire à lever ce tabou et dédramati- ser le passage de relais au bénéfice de toutes les parties prenantes et in fine de l’économie marocaine» , a schématisé Zakaria Fahim, pré- sident de BDO Maroc. ◆

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