FNH N° 1236

BOURSE & FINANCES

15

FINANCES NEWS HEBDO MARDI 26 MAI 2026

d’une information financière suffisamment standardisée, fiable ou comparable, ce qui complique l’évaluation du risque et renchérit le coût du financement. Cette contrainte est souvent renforcée par la question des garanties; de nombreuses PME disposent d’un collatéral limité, ce qui restreint mécaniquement leur accès au crédit.

vement étroit, ce qui limite les possibilités de diversification du financement de l’écono- mie et concentre une grande partie des flux sur le canal bancaire. Sur ce segment des marchés financiers en effet, le faible nombre de comptes- titres estimé à environ 200.000 illustre les limites de la démo- cratisation de l’investisse- ment». ◆

aux PME. À cela s’ajoute un élément important : le coût du crédit, lié à la prime de risque et aux exigences de garanties, qui peut rester élevé pour une partie du tissu productif». Par ailleurs, poursuit-elle, «du côté des entreprises, les asymétries d’information constituent un frein structu- rel. Une partie du tissu pro- ductif ne dispose pas encore

Après une décélération enregistrée en 2023, la collecte des dépôts des ménages a renoué avec la croissance en 2024, atteignant 924,3 Mds de DH (+7,5%).

À cela s’ajoute un troisième frein lié à la profondeur des marchés financiers. Le mar- ché des capitaux reste relati-

Les conditions de la transformation des dépôts en capital productif

Selon Sara Sbai, la mobilisation de l’épargne passe d’abord par un meilleur fonctionnement du système bancaire, en facilitant l’octroi de crédits aux entre- prises viables, notamment les PME, grâce à des mécanismes de garantie et de partage du risque. Concrètement, ces dis- positifs, souvent portés par des acteurs publics, couvrent une partie des pertes potentielles en cas de défaut, ce qui réduit le risque supporté par la banque et lui permet de financer des entre- prises dont le projet est économi- quement solide, mais jugé trop risqué au regard des exigences prudentielles ou du manque d’historique. Ensuite, il est nécessaire de diversifier les canaux de finan- cement au-delà du crédit ban- caire, en développant des instru- ments adaptés aux besoins des entreprises, tels que des fonds d’investissement sectoriels, le capital investissement et des ins- truments hybrides entre dette et capital, qui permettent de finan- cer les PME sur le long terme tout en adaptant les modalités de remboursement à leur capa- cité de croissance. Enfin, il est essentiel d’orienter l’épargne vers le long terme en rendant le cadre fiscal et les inci- tations à l’investissement plus stables et lisibles, afin d’encou- rager les investisseurs à privi- légier des placements produc- tifs plutôt que des placements courts et liquides.

www.fnh.ma

Made with FlippingBook flipbook maker